la Vénérable Mère María Amparo du Sacré-Cœur (1)

Publié le 2 Juin 2015

fundado en 1920 por la Sierva de Dios Madre María Amparo del Sagrado Corazón (1889-1941).

 

 

 

Bernardo Francisco de Hoyos

 


Son charisme et la fondation du monastère du Sacré-Cœur de Cantalapiedra

 

En guise d’introduction

 

Au cours de l’histoire de l’Eglise, nombreuses sont les âmes qui ont brillé par une dévotion spéciale au Sacré-Cœur et qui ont reçu de Lui des faveurs singulières, soit à caractère privé, soit par des révélations qui, bien que privées, étaient destinées à être publiées pour le bien spirituel des âmes.

Parmi elles, sainte Marguerite-Marie Alacoque mérite, sans aucun doute, une attention particulière. Disciple très aimante du Sacré-Cœur, les plus hauts secrets de l’amour de ce Cœur lui furent révélés. Se réalisèrent pour elles ces grandes promesses adressées à ceux qui se consacrent au culte, à l’amour et à la réparation du Cœur de Jésus, tant de fois outragé.

Le 16 juin 1675, Jésus apparut à sainte Marguerite-Marie Alacoque et lui montra son Cœur entouré de flammes d’amour, couronné d’épines et d’une croix. De la blessure ouverte  s’écoulait du sang. Jésus lui dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plus grande partie que des ingratitudes, par les mépris, irrévérences, sacrilèges et froideurs qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour ».

C’est pourquoi la dévotion au Sacré-Cœur devait principalement consister dans l’amour et la réparation. L’amour, en retour de tant d’amour qu’il a pour nous ; la réparation, à cause des nombreuses injures qu’il reçoit, surtout dans le très saint Sacrement. Sainte Marguerite-Marie Alacoque souligne, par ses écrits et les exemples de sa vie, l’abandon personnel, vu sous l’angle de la réparation et du sacrifice, comme nous le retrouverons chez la Mère María Amparo.

Dès lors, la dévotion au Sacré-Cœur a commencé à se propager systématiquement, et non plus individuellement, par le biais d’associations, d’instituts religieux et séculiers, toujours plus nombreux.

Cependant, l’établissement du culte public au Sacré-Cœur ne fut pas facile. Le Saint-Siège y opposait une certaine résistance, alors, pourtant, qu’il favorisait la dévotion au Cœur de Jésus et les associations qui se développaient. Finalement, le 6 février 1765, le pape Clément XIII institua la fête du Sacré-Cœur le vendredi suivant l’octave du Corpus Christi. Le 23 août 1856, le pape Pie IX étendit la fête du Sacré-Cœur à toute l’Eglise. Le pape Léon XIII fit un pas de plus en consacrant le genre humain tout entier au Sacré-Cœur de Jésus le 11 juin 1988.

À peu près depuis cette époque, et jusqu’à la moitié du XXe siècle, et très concrètement en Espagne, la dévotion au Sacré-Cœur fut la reine des dévotions. Deux associations y apportèrent leur contribution, la Garde d’Honneur [Guardia de Honor] et l’Apostolat de la Prière [Apostolado de la Oración], ainsi que la revue Le Messager du Cœur de Jésus [El Mensajero del Corazón de Jesús], fondée en 1861 par le Père Henri Ramière (1821-1884), jésuite français.

Au début du XXe siècle, la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur pouvait compter sur la direction de deux grands apôtres : les pères jésuites Isidro Hidalgo et son successeur, saint José María Rubio, de 1911 à sa mort, en 1929.

S’agissant de l’Apostolat de la Prière, il suffit de dire qu’il s’étendit très rapidement, avec l’appui et la recommandation des papes. Benoît XV recommanda qu’aucun chrétien ne s’abstienne d’en faire partie, et Pie XII l’a considéré comme « une forme parfaite de dévotion au Très Saint Cœur de Jésus ». Sa finalité était d’offrir des prières, des sacrifices et sa vie entière au Christ pour la propagation de son Royaume.

Si la norme essentielle de la vie chrétienne est de pratiquer la charité rédemptrice en union avec le Christ rédempteur, la dévotion au Sacré-Cœur comme norme de vie consiste à aimer Dieu en s’abandonnant au Christ, en s’unissant à Lui, et au prochain, avec une intention rédemptrice, en réparant pour les péchés.

Réparer, par conséquent, c’est s’associer à la rédemption du Christ, dont la finalité est la conquête de tout son Corps Mystique,  pour le racheter, le sauver de la mort du péché afin de lui apporter la vie éternelle. Toute activité concrète de rédemption est dès lors nécessairement accompagnée par la souffrance chrétienne, unie au Christ, pour donner des fruits. La dévotion au Sacré-Cœur n’est donc pas, et ne peut pas être une dévotion que l’on peut ou non choisir. Elle est la conséquence logique d’un mode de vie authentiquement chrétien.

 

La dévotion au Sacré-Cœur fut tout spécialement promue par les Pères de la Compagnie de Jésus, lesquels, depuis la 23e Congrégation générale de 1883, ont accepté officiellement cette dévotion et la mission de la propager. Ils firent leur, avec un soin tout particulier, l’œuvre de l’Apostolat de la Prière, conçue comme une manière de vivre cette dévotion.

 

Les missions populaires furent, de même, un moyen très important d’éviter le processus d’incrédulité et de paganisation que la culture laïciste et les gouvernements libéraux voulaient imposer. Les jésuites, dans leurs missions populaires, propagèrent cette dévotion dans tous les villages d’Espagne.

 

L’une des expressions les plus caractéristiques de cette dévotion était la consécration au Cœur de Jésus : consécration personnelle, des foyers, des institutions… Au début du XXe siècle, la manifestation publique de cette dévotion atteignit son apogée par la mise en place de plaques sur les portes des maisons, représentant le Sacré-Cœur, pour répondre précisément à la culture laïciste.

 

À la consécration des foyers était associée la consécration personnelle, qui fut très diffusée par le P. Juan González Arintero, dominicain, et directeur spirituel de la Mère María Amparo, comme nous le montrerons plus avant. Cette dévotion a, comme l’Heure Sainte, une finalité réparatrice, mais elle implique un engagement supplémentaire parce qu’elle implique de faire de toute son existence un acte de réparation à l’amour outragé de Jésus. La personne que se consacre spirituellement au Sacré-Cœur cherche à devenir une victime réparatrice. Se consacrer au Sacré-Cœur, c’est se livrer avec une totale confiance et un abandon total entre ses mains.

 

Le nombre de confréries du Sacré-Cœur, au début du XXe siècle, était d’environ 100.000. Le Père Urrutia, dans son livre Théologie du Sacré-Cœur [Teología del Sagrado Corazón], publié en 1961, parle de quelque 110 congrégations de droit pontifical, 90 de droit diocésain et de 6 instituts séculiers consacrés au Sacré-Cœur. Il faut y ajouter les nombreuses associations, telles que celles qui ont déjà été citées, de l’Apostolat de la Prière ou de la Garde d’Honneur.

 

En Espagne, il faut encore prendre en considération deux faits importants au cours des premières décennies du XXe siècle : la consécration de l’Espagne au Cerro de los Ángeles, réalisée par le roi Alphonse XIII en 1919, et le Congrès national de l’Apostolat de la Prière, en 1920. Bien plus tôt, le 14 mai 1733, une “Grande Promesse” avait été faite à Bernardo Francisco de Hoyos, qui était alors encore étudiant jésuite à Valladolid : « Je régnerai en Espagne et avec plus de vénération que partout ailleurs ».

(à suivre)

 

María Fernanda Prada Camín, O.S.C.
Monasterio del Sagrado Corazón
Cantalapiedra (Salamanca)

traduction pour le petit Placide.

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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