novembre.

Publié le 31 Octobre 2015

 

 

" (Le) pont jeté entre deux mondes n'est pas une simple espérance. C'est une réalité: celle de Jésus-Christ. Dans le Verbe Incarné, tous les chemins sont soudés. Sa prière, sa rédemption, son royaume nous rassemblent. Il est le Dieu qui est avec nous. Il est entré dans sa création comme une créature: la route où nous croyions qu'il n'était pas, Il est encore.

 

Le sacrifice de l'Homme-Dieu apporte au monde dispersé cette forme inconnue d'intimité et de réconciliation. Tel est le sens de la Croix, tel est aussi celui de la Messe.

 

Chaque jour, sur chaque autel, l'humanité participe d'une manière neuve à un drame éternel et unique, dont l'efficacité absolue rejaillit sur nous. En assistant à une messe pour les défunts, en y communiant, notre volonté de restaurer la présence des morts est enfin parvenue à son plus haut point de réalité ici-bas. Il n'est pas possible de supprimer davantage l'absence, tant que l'univers sera dans l'attente de sa consommation dernière. Car désormais leur vie nourrit la nôtre, et nous soutenons la leur.

 

Nous méritons pour eux en Jésus-Christ, et ils inspirent notre mérite. Ce n'est pas seulement le reflet de leur être que nous voyons en Dieu, c'est une activité que nous exerçons avec eux, une collaboration à l'acte de leur salut et du nôtre.

 

Tel est le sens d'une intention de messe pour les défunts, et l'esprit selon lequel nous pourrions concevoir l'intercession pour les trépassés. La messe des morts n'est pas à côté de notre vie; elle en être l'accomplissement et en quelque sorte le couronnement. En elle se réalise la charité dont Jésus-Christ détient le pouvoir et qu'il a inscrite dans la structure des destinées temporelles.

 

La conséquence de cette idée apparait déjà: c'est à tous les défunts que profite une messe pour un défunt. L'intention qui s'applique plus spécialement à une âme n'exclut pas les autres; car un acte de charité personnelle ne se referme pas sur un projet égoïste.

 

Une âme purifiée élève le monde, et ce serait une étrange superstition de croire que les bienfaits de la grâce s'arrêtent à l'horizon de nos intérêts privés.

 

La propagation du bonheur éternel n'est certes pas physique; elle provient de Jésus-Christ et elle se développe de personne à personne: c'est pourquoi une intention de messe qui est toujours le résultat d'une initiative personnelle, est souvent dirigée vers un défunt déterminé.

 

Mais c'est le propre des âmes, si elles se perdent seules, de se sauver collectivement. Le bien que l'une donne ou qu'une autre reçoit dépasse par conséquent le cercle d'une relation privée. Car en étant meilleures, elles se disposent déjà à une aide universelle et contribuent à l'avènement total de la "communauté bien-aimée" .

 

M. Nédoncelle .

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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