samedi de la Passion: Jésus entre à Jérusalem

Publié le 18 Mars 2016

 

 

 

 

 

 

 

leçon des matines.

St augustin.

 

« Le Lendemain, une foule nombreuse qui était venue pour la fête, ayant appris que Jésus venait à Jérusalem, prit des rameaux de palmiers, et alla au-devant de lui, criant : Hosanna, béni celui qui vient au nom du Seigneur, comme roi d’Israël. » Les rameaux de palmiers sont les louanges et l’emblème de la victoire : le Seigneur devait en effet vaincre la mort en mourant lui-même, et triompher par le trophée de la croix, du démon, prince de la mort. Selon quelques interprètes qui connaissent la langue hébraïque, Hosanna est une parole de supplication qui exprime plutôt un sentiment du cœur qu’une pensée déterminée ; tels sont les mots qu’on appelle interjections dans la langue latine ; ainsi dans la douleur nous nous écrions : hélas ! ou dans la joie : ah !

 

La foule le saluait donc par ces acclamations : « Hosanna ! béni celui qui vient au nom du Seigneur comme roi d’Israël. » Quelle torture l’esprit envieux des princes des Juifs ne devait-il pas souffrir lorsqu’une si grande multitude acclamait le Christ comme son roi ? Mais qu’était-ce pour le Seigneur que d’être roi d’Israël ? Était-ce quelque chose de grand pour le roi des siècles, de devenir roi des hommes ? Le Christ ne fut pas roi d’Israël pour exiger des tributs, armer de fer des bataillons et dompter visiblement ses ennemis, mais il est roi d’Israël parce qu’il gouverne les âmes, parce qu’il veille sur elles pour l’éternité, parce qu’il conduit au royaume des Cieux ceux qui croient en lui, qui espèrent en lui et qui l’aiment.

 

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Les lectures et les chants de la messe décrivent de nouveau la Passion du Seigneur. La leçon est une lamentation du Prophète Jérémie, qui est la figure du Christ souffrant : « Souviens-toi que je me suis tenu (et me tiens toujours) devant ta face afin de dire du bien (intercéder) pour eux (nous tous) et détourner d’eux ta colère. » Le Christ est, pour tous les temps, médiateur et intercesseur ; son sacrifice implore continuellement miséricorde. Mais la malédiction qui suit à été changée par le Christ en cette prière : « Pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font. »

L’Évangile nous présente encore un trait de l’histoire de la Passion intérieure. Nous sommes dans les derniers jours qui précèdent la mort du Christ, les princes des prêtres sont tellement aveuglés par leur haine qu’ils veulent faire mourir Lazare, le témoin du grand miracle. Jean décrit ensuite le dimanche des Rameaux et les acclamations du peuple qui va au devant de Jésus avec des palmes. Pendant que le Seigneur enseigne dans te temple, des païens viennent le trouver. Quel contraste ! Les Juifs veulent faire mourir leur Messie, les païens le recherchent. La prière des païens fait naître dans l’âme du Christ des pensées joyeuses et des pensées tristes. Il voit se lever l’aurore du jour de moisson et cette aurore brille au milieu de la nuit de la passion. Des pensées du mont des Oliviers et des pensées du Thabor traversent son Cœur. Il songe à sa mort douloureuse et son âme frissonne ; mais il voit aussi la gloire de Dieu et la rédemption des hommes qui seront les fruits de sa mort, et son âme se rassérène. Il désigne ces fruits par deux images. C’est d’abord la belle image du grain de froment. Il faut que le divin grain de froment meure, soit enfoncé dans le sol ; dans huit jours, ce sera le grand jour de repos du divin grain de froment. Puis lèvera une pousse magnifique qui produira des fruits abondants : le jour de Pâques du Christ et de tous les chrétiens ressuscités. Ce sera la moisson. Voici la seconde image : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » C’est là une image qui dépasse les temps et nous montre les rachetés de tous les temps, groupés autour de la Croix ; nous aussi, nous avons été attirés par lui. Ainsi l’Évangile parle de toutes les grandes journées de la semaine qui va commencer : du dimanche des Rameaux, du Vendredi Saint (« élevé »), du Samedi-Saint (le grain de froment) et de la splendeur de Pâques.

2. Les derniers jours de Jésus. L’âme qui aime le Christ voudrait, pendant les jours qui vont venir, suivre, heure par heure, le Seigneur souffrant. Or dans l’esprit de la liturgie, nous participons toujours immédiatement aux événements. Ainsi donc, dans ces jours, nous suivons les pas du Seigneur.

C’est hier (vendredi) que le Christ avec ses disciples a quitté Éphrem, petite ville du désert, pour se rendre à Jéricho. Sur le chemin, le long du Jourdain, nous entendons de sa bouche la troisième prophétie de la Passion. Salomé s’approche de lui avec ses deux fils, Jacques et Jean, et lui demande pour eux une place d’honneur dans le royaume futur du Messie. Le Seigneur répond en donnant aux deux Apôtres une belle leçon d’humilité. Nous assistons à cet entretien et nous écoutons les paroles de Jésus. Le Seigneur entre à Jéricho. Chacun de nous peut se dire : Je suis Zachée, le publicain, le petit homme qui monte sur un arbre pour voir le Sauveur. Le Christ lève les yeux vers moi et m’appelle. Aujourd’hui le salut est entré dans cette maison. Il demeure, la nuit passée et la nuit prochaine, chez moi, pauvre publicain.

Le Sauveur passe à Jéricho toute la journée du sabbat.

Le dimanche, il se rend, à la tête de la caravane de fête, à Jérusalem. Sur le bord du chemin est assis un mendiant aveugle. C’est encore moi ; je crie moi aussi : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. » Il me rend la vue, je suis « illuminé ». Le dimanche, nous marchons dans la caravane, à travers les gorges escarpées, de Jéricho à Jérusalem. Le soir, Jésus vient à Béthanie ; il est reçu avec joie par Marie et Marthe. Mon âme est-elle une active Marthe ou une Marie recueillie ? C’est peut-être le dimanche soir qu’eut lieu le célèbre repas auquel assistait Lazare et pendant lequel, alors que Marthe servait à table, Marie oignit le Seigneur de baume précieux, par anticipation pour sa sépulture. Alors, Judas se détache entièrement du Maître.

Le lundi, le Seigneur se dirige vers le Mont des Oliviers où il pleure sur la ville de Jérusalem, puis il s’avance vers la ville, y fait son entrée solennelle comme Roi d’Israël et pénètre dans le temple. Nous prenons part à cette procession de fête et nous portons des palmes dans nos mains. Nous accompagnons le Seigneur dans le temple d’où il chasse les vendeurs.

Le mardi, le Seigneur traverse de nouveau le Mont des Oliviers ; il maudit le figuier stérile, image du peuple juif, nous donnant à nous aussi un sérieux avertissement.

Le mardi et le mercredi, nous assistons, dans le temple, aux discussions avec les Juifs. Le mercredi après-midi, le Seigneur prononce les huit « malheur » contre les Pharisiens et le judaïsme, puis il quitte le temple pour toujours ; il se rend ensuite sur le Mont des Oliviers avec ses disciples auxquels il adresse son saisissant discours sur la fin du monde et la destruction de Jérusalem ; nous entendons, nous aussi, ce discours et nous méditons l’avertissement qui le conclut : soyez vigilants !

Le mercredi, Judas quitte le cercle des disciples et va proposer aux princes des prêtres de trahir son Maître.

Le jeudi matin, le Christ envoie Pierre et Jean faire les préparatifs de la Cène. Vers le soir, il prend congé de ses amis, de sa Mère, se rend à Jérusalem et entre au Cénacle. — Nous accompagnerons donc en esprit le Seigneur dans les étapes de sa Passion.

 

dom Pius Parsch .

Rédigé par Philippe

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