Je suis migrant .

Publié le 17 Avril 2016

 

Les saints étaient des étrangers et des voyageurs. Comment et pour quelle raison? Où Abraham confesse-til qu'il était étranger et voyageur? Peut-être l'a-t-il déclaré; car nous connaissons cette parole de David:" Je suis étranger et voyageur, comme tous mes pères. (ps. 38,13)

En effet , des hommes qui habitaient sous la tente et qui achetaient leurs tombeaux à prix d'argent, n'étaient-ils pas étrangers et voyageurs, puisqu'ils ne possédaient même pas une place pour ensevelir leurs proches?

Quoi donc? voulaient-ils dire qu'ils étaient étrangers en Palestine seulement? Nullement, mais dans le monde entier; et c'est avec raison. Ils n'y voyaient aucun des biens qu'ils désiraient; tout leur était étranger et indifférent. Ils voulaient pratiquer la vertu. Ils n'avaient donc rien de commun avec un monde où dominait le vce.  Aussi avaient-ils bien peu d'amis, peu de confidents.

Comment étaient-ils étrangers?

Ils n'avaient aucun souci des choses de la terre, et ils le prouvaient par leur conduite, plus que par leurs paroles. Comment?

Dieu dit à Abraham: Quitte ce pays qui te parait être ta patrie et viens dans un autre; et il ne fut point arrêté par des affections domestiques, mais il les abandonna sans regret, comme on quitte des biens qui ne vous appartiennent pas.

Dieu lui dit: Offre-moi en sacrifice ton fils unique; et il le lui offrit comme s'il n'avait pas de fils et aucun des sentiments de la nature humaine. Les richesses qu'il avait, il les mettait en commun avec tous ceux qui l'approchaient, et il n'en faisait aucun cas, il laissait la première place aux autres, il affrontait les dangers, il endurait des souffrances sans nombre;

Il ne bâtissait pas de somptueuses demeures, il ne s'abandonnait pas aux délices, il n'avait aucun souci du vêtement et des autres vanités du siècle. Mais il remplissait les devoirs de citoyen de la céléste cité: il pratiquait l'hospitalité, la charité, la miséricorde, la patience, le mépris des richesses, de la gloire mondaine et des autres biens de la terre.

Son fils imita son exemple. Chassé, poursuivi par la haine, il partit, il céda sa place, comme quelqu'un qui est sur la propriété d'autrui; car les étrangers se soumettent à toute sorte de traitements comme s'il eût été étranger; mais il cultivait avec grand soin les vertus d'en haut, la modestie, l'honnêteté, une constante tempérance. Après avoir engendré Jacob et Esaü, il n'eut plus aucun commerce avec son épouse, et il ne se maria qu'après avoir perdu la vigueur de la jeunesse, montrant qu'il ne se mariait point pour la satisfaction des appétits charnels, mais pour servir à l'accomplissement des promesses de Dieu.

Les saints par leur patience dans l'adversité, montraient qu'ils cherchaient une autre patrie que la terre. Merveilleuse différence! ces saints hommes souffraient cruellement chaque jour, désireux de sortir de ce monde pour retourner dans leur céleste patrie; nous, au contraire, quand survient la maladie, nous oublions tout pour nous abandonner, comme des enfants, aux larmes que nous arrache la peur de mourir. C'est à bon droit qu'il en est ainsi. Nous ne vivons pas en ce monde comme des étrangers qui ont hâte de retourner dans leur patrie, mais comme si nous marchions au supplice.

Aussi gémissons-nous, quand nous devrions nous réjouir; aussi redoutons-nous le jugement qui nous attend, comme redoutent le tribunal des homicides et les chefs de voleurs; devant le souvenir de tous nos crimes, nous frémissons de crainte.

Les saints n'étaient pas ainsi: ils soupiraient après la patrie. Paul soupirait comme eux quand il écrivait :" Nous qui sommes dans ce corps comme dans une tente, nous gémissons sous sa pesanteur;" (II CoR.5,4)

Tel était Abraham et tous ceux qui étaient avec lui: ils étaient étrangers dans le monde entier et cherchaient la patrie. Quelle est cette patrie? est-ce celle qu'ils avient quittée? Nullement: rien en effet, ne les eût empêchés d'y rentrer et d'en être les citoyens.

Mais ils cherchaient la patrie qui est au ciel. C'est ainsi qu'ils avaient hâte de quitter la terre; c'est ainsi qu'ils plaisaient à Dieu

St Jean Chrysostome.

 

A l'image de frère Vincent et de nos moines, demandons au Seigneur cette grâce du dépouillement pour fixer vraiment notre tente  dans la véritable patrie avec la Sainte Vierge Marie et tous les saints du ciel.

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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P
Merci.<br /> qui est l'auteur du texte ? Le webmaster?
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P
de rien monsieur