médecin urgentiste, il sera ordonné prêtre.

Publié le 13 Mai 2016

 

Lionel Castanier, figure des urgences aixoises, sera ordonné prêtre le 19 juin prochain à la Cathédrale Saint Sauveur, à quelques encablures de cet hôpital, pour lui, si familier. Le médecin des corps va ainsi devenir un peu le médecin des cœurs et des âmes.

Lorsqu’il déroule le fil de son histoire, Lionel décrit ses deux vocations intimement liées: l’appel du Christ et sa vocation de médecin.

Tout a commencé très tôt. Aîné d’une famille de quatre enfants, une maman pédiatre et un père armateur, il passe son enfance en Afrique. La famille est entourée d’amis prêtres des «missions africaines» et de nounous du pays. Lionel se rappelle l’atmosphère qui régnait alors dans sa famille: celle du service, du don, de la tolérance à la différence… Fortement imprégné par cette ambiance, il se pose la question non avouée d’une vocation dans l’Église dès son plus jeune âge.

Après le Bac, Lionel rentre en France et entame des études de préparation  au concours d’entrée à l’école vétérinaire à Maison Alfort. Une énorme charge de travail et une  réaclimatation à ce pays peu familier  feront de ce retour en France une année difficile décrite comme une «année de désert». Il s’attelle, malgré tout, à trouver un équilibre de vie en cherchant l’accueil d’une communauté paroissiale.Il continue à « cheminer » notamment dans la lecture des ouvrages de Mère Térésa, une figure importante dans sa vocation médicale et spirituelle. Une phrase de celle-ci le marquera à vie: « quand je touche ceux qui souffrent dans leurs cœurs et dans leurs chairs, je sais que je touche le corps du Christ»

 

«quand je touche ceux qui souffrent dans leurs coeurs et dans leurs chairs, je sais que je touche le corps du Christ» Mère Térésa

 

Lionel arrête «la prépa véto» et rejoins ses parents désormais installés à Aix-en-Provence. Il se rapproche alors de la paroisse Saint Jean de Malte. «J’ai grandi spirituellement et dans l’éveil à l’intelligence de la foi au contact des moines de Saint Jean de Malte». Une période faite de belles rencontres au cours de laquelle les questions se font pressantes au fond de lui: moine, médecin, médecin-moine… il ressent un appel à la fois religieux et médical. Il dit avoir été «regardant» pour entrer dans cette communauté mais il choisit de poursuivre ses études de médecine. «J’avais toujours cette idée de vie religieuse mais laquelle exactement, tout était flou!»

Puis Lionel se rend en Polynésie pour son service militaire. Or là-bas, il y a peu de vocations sacerdotales  et les diacres sont légion. À son retour en métropole, il fait un discernement accompagné sur un éventuel appel au diaconat auquel il répond dans le célibat : «à l’époque, le diaconat me semblait la façon la plus optimale et adaptée pour  servir l’Église et la médecine, être pleinement au service du corps du Christ souffrant… »

Il est ordonné diacre en 2007. Entrer au séminaire? Lionel sort de treize années d’études de médecine et la perspective d’étudier à nouveau au séminaire le retient.

Mais cette phrase prononcée par un de ses amis moine semble raisonner en lui, telle une antienne, «quand l’Amour du Christ t’a saisi, jamais il ne te lâche». Lionel décrit alors cette volonté d’aller encore plus loin dans le don, l’abandon et surtout servir le Christ et l’Eglise dans la célébration de l’Eucharistie , offrir  au nom du Seigneur le sacrement de réconciliation et celui des malades. «Lorsque j’étais médecin aux urgences, je peinais parfois à trouver des prêtres pour des grands blessés de la route en détresse vitale sans solution thérapeutique et des cas d’urgences dépassées… c’est dans ces moments-là qu’on vit aussi une grande proximité au Christ souffrant». L’appel au sacerdoce s’impose alors comme une évidence!

«Pour chaque vocation, chacun a son rythme. Personnellement j’avais besoin de cette proximité au Christ, de m’en nourrir et d’en vivre profondément avant de répondre à son appel. Ce cheminement auprès des malades, toucher ainsi du bout des doigts la souffrance, mais aussi la force de la vie…Le Christ m’a «travaillé au corps» et façonné  mon coeur pour aujourd’hui pouvoir dire OUI».

 

Lionel n’est plus médecin-urgentiste à l’hôpital car le sacerdoce demande une plus grande disponibilité, difficile à concilier avec les rythmes d’un service d’ urgences . Mais il ne renonce pas à son métier: «l’archevêque a perçu que c’était une part importante de moi-même. Ce métier est aussi le moteur qui m’a fait cheminer au service du Seigneur et de son Eglise. Je veux être à la fois proche des gens qui souffrent dans leurs corps et dans leurs coeurs.  Médecin des corps et médecin des âmes. Ma vocation de prêtre est  enracinée dans mon métier». Il est toujours médecin Sapeur Pompier et désormais médecin à la clinique Saint Thomas de Villeneuve à Aix où il partage son temps entre les soins palliatifs et la gériatrie aiguë.

Et Lionel de conclure, «ma priorité c’est le don de ma vie au Seigneur, si notre archevêque a besoin de moi ailleurs et autrement alors je quitterai mon métier, je vais le lui promettre. Ce ne sera pas facile mais lorsque l’Amour du Christ vous tient, les décisions se prennent en toute sérénité. Le Seigneur n’appelle pas des gens capables, il les rend capables..capables de beaucoup».

 

source

dédiicace Guilhem pompier volontaire.

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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