« La mer et les flots lui obéissent »

Publié le 3 Novembre 2016

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L'évènement du « Vendée Globe » attire à juste titre l'attention d'un très grand nombre de personnes, bien au-delà de notre département. Le dépassement de soi, l'expérience d'une solitude fondatrice, la rencontre de l'épreuve et la perspective d'horizons nouveaux rejoignent l'histoire intime de chaque homme et de chaque femme par-delà la singularité d'un tel exploit.
 
La confrontation avec les « flots de la mer », pour reprendre une expression biblique, ainsi que l'émotion et l'inquiétude que celle-ci suscite, rejoignant le témoignage transmis par l'Ecriture Sainte. Au cœur de la vie de chaque homme et de chaque femme, l'épreuve radicale fait surgir, par-delà l'angoisse et le désarroi, la question du sens. A l'occasion d'une maladie, d'une injustice subie ou d'un décès, chacun d'entre nous peut vivre l'épreuve de la tempête avec autant de vérité que celui qui se trouve captif, en haute mer : « Les flots de la mer mugissent, écumant jusqu'à faire trembler les montagnes » (Ps 46, 3). A certains instants, il nous est difficile, alors que « la voix des eaux retentit au-delà des flots impétueux de la mer » (Ps 93, 4), de garder l'espoir.
 
Décrivant avec un réalisme saisissant l'emprise de l'effroi et de l'angoisse, l'Ecriture ne lui laisse cependant pas le dernier mot. Elle proclame avec vigueur que notre Dieu demeure un Dieu de vie, capable de dompter les forces de mort, apparemment invincibles : « Tu domptes l'orgueil de la mer et quand les flots se soulevaient, tu les apaisais » (Ps 89, 9).
Comment, dans l'évocation d'une tempête qui s'apaise, ne pas faire mention de Jonas ? Dans le cycle qui lui est consacré, il est écrit : « Ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer. Alors la fureur de la mer tomba » (Jon 1,15).
 
Déjà, s'esquisse la figure de Jésus qui, dans le don de sa vie, partage nos angoisses et nos souffrances. Plus que cela, dans sa résurrection, il apaise toutes les peurs humaines par la victoire de la vie. C'est bien ce qui est enseigné, comme par anticipation, dans l'épisode de la tempête apaisée. Le calme de Jésus, dormant à l'arrière de la barque chahutée par les flots, témoigne de la paix profonde qui doit habiter le coeur de tout fidèle du Christ devant le tumulte de ce monde. « Pourquoi avez-vous peur » (Mc 4, 39), puisque vous êtes les disciples de « celui à qui la mer et les flots obéissent » (Mc 4, 41) ?
 
✠ Alain Castet, évêque de Luçon

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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