Noël, Noël, Noël ! Бог се роди, Коледо!

Publié le 24 Décembre 2016

 

   Solstices d'hiver, la période des ombres et des ténèbres arrivées, par des progrès successifs, à leur règne le plus étendu . Partout des images de désolation. La terre se montre dépouillée de sa parure, les fleurs ont péri, les fruits ne pendent plus aux arbres, le feuillage des forêts a été dispersé par le vent , la froidure qui donne la tristesse saisit toute âme vivante. On dirait que la mort est à la porte. Si au moins le soleil était resté pour nous consoler ! Mais voilà que lui-même à cédé devant! la nuit de plus en plus envahissante . Que va-t-il arriver? Le monde est-il destiné à voir disparaître son flambeau? 

Les saints docteurs ont vu dans ce choix et ce rapprochement une signification mystérieuse qu'ils se plaisent à remarquer. A les entendre, cette saison de l'année est une image saisissante de l'état désespéré du monde qui, au temps de la naissance du Messie, s'affaissait devant les progrès de l'idolâtrie, tout plongé qu'il était dans les hontes et les erreurs du paganisme parvenues à leur comble.

Avec quel à propos Jésus, le soleil de justice, n'a-t-il pas choisi, pour son apparition miséricordieuse au milieu de nous, le moment même où le soleil matériel dans sa lutte avec les ombres se ranime tout à coup et prépare son triomphe!

Dans les jours de l'avent , où la décroissance de la lumière physique était un triste emblême des vérités amoindries parmi les hommes, nous l'avons invoqué:" O Oriens, splendor lucis aeternae... ,

" En ce jour que le Seigneur a fait, dit saint Grégoire de Nysse, les ténèbres commencent à diminuer, et, la lumière prenant accroissement, la nuit est refoulée au delà de ses frontières.

O homme, sache que sous les choses que tu vois te sont révélés des mystères cachés. Songe à la funeste nuit du péché qui était arrivée au comble par la réunion de tous les artifices couplables: c'est aujourd'hui que son cours a été tranché.'" Et saint Augustin à son tour va jusqu'à dire " que le Fils de Dieu a choisi ce jour pour naître, comme il a choisi sa mère, lui le créateur du jour et de la mère."

Parce qu'il est la lumière du monde qui a lui dans les ténèbres, il vient au solstice d'hiver, dans la saison désolée, des ombres et des ténèbres, il vient à l'heure où ces ténèbres sont les plus profondes, pendant la nuit, à minuit.

" Une voix d'allégresse disait la veille de Noël Saint Bernard, a retenti sur la terre , voix de triomphe et de salut dans les tentes des pécheurs. Quelle plus douce nouvelle, quel plus délectable avertissement, qu'entendit-on jamais de semblable? Un coeur de pierre en serait touché. " Et il répète avec une sorte de ravissement: " Jésus, Fils de Dieu nait en Bethléem de Judas!".

Noël, Noël, est-il un mot dans la langue humaine, dans la langue des fils d'Adam coupables, qui sonne avec plus de soulagement et d'allégresse?

Fête catholique, universelle pour toute l'humanité chrétienne ou civilisée tout autour du globe. Noël est plus spécialement une fête nationale et française, à cause des souvenirs historiques qui s'y rattachent, des anniversaires particuliers qui viennent pour nous y faire cortège au grand, au divin anniversaire.

   C'est en ce jour que le royaume des Francs dans la personne de Clovis, le fier Sicambre devenu doux comme l'agneau, naquit à la vie chrétienne dans le baptême de Reims; c'est en la fête de Noël en l'an 800 que naissait le saint empire romain, et que le pape saint Léon III déposait sur la tête de Charlemagne une couronne que sa piété et son génie le rendaient si digne de porter.

Il vient dans la nuit, si favorable au recueillement, à la prière, à la méditation, au repentir, aux communions célestes.

Il vient pendant la nuit, alors que le crime et le démon veillent, mais que veille aussi la douleur: le démon qu'il vient chasser, la douleur qu'il vient consoler. Douleurs de Berlin, douleurs des accidentés de la Roche sur Yon, douleurs des chrétiens d'Orient. Douleurs des malades, des personnes isolées, douleurs des gens de la rue, des sans abris, des orphelins, douleurs des victimes des guerres, des victimes d'attentat. Jésus consolateur, miserere nobis.

Ö précieuse nuit qui a dépouillé l'enfer et enrichi le ciel!

Voilà pourquoi Noël commence par un office de nuit.

Voilà que la cloche elle même se fait entendre et nous invite à l'office solennel. Ecoutez combien à cette heure son carillon est si doux!  Elle a comme adouci sa voix dans la nuit pour ne pas troubler la très sainte mère de Dieu qui attend en extase son fruit  béni, pour ne pas nuire au recueillement de nombreux communiants de la messe de minuit.

Sonnez, cloches saintes; sonnez doucement, cloches de Noël, pour ne pas distraire nos pensées; mais toutefois répétez et répétez encore votre carillon, rendez le importun pour exciter les indifférents et éveiller peut-être, hélas! dans les âmes de salutaires remords !

Ö tendres Noëls d'enfance que nous servions dans nos aubes toutes belles, avec tant de joie, comme vous êtes loin !

On entre à l'église illuminée de mille feux et c'est l'invitatoire des anges aux bergers: Christus natus est, venite adoremus.

Les premières messes, celle de minuit en l'honneur de la naissance de Jésus selon la chair; la seconde dite de l'aurore, en l'honneur de sa naissance pleine de grâce et de miséricorde dans le coeur des fidèles; et la troisième messe, la messe du jour pour glorifier la naissance éternelle du Fils de Dieu au sein de son Père.

Peut-être sommes-nous en proie à la tentation, au tourment du doute; tentation inévitable au milieu de cette tempête, de cette poussée d'impiété et d'apostasie, qui à l'heure actuelle soulève tant de nuages sur l'Evangile avec la montée de l'Islam. le désert liturgique, la crise de l'Eglise.

Jésus vient à nous à Noël avec des grâces de clarté et de lumière surnaturelle. Erat lux vera quae illuminet. O Jésus Lumière de nos âmes, viens nous éclairer.

Peut-être de vieilles et criminelles habitudes nous tiennent-elles asservis: joug honteux, avilissant, sous lequel nous gémissons depuis longtemps. Or Jésus vient comme un libérateur, pour briser les liens captifs. O clavis David, ouvre les portes de nos prisons.

Peut-être vivons-nous dans des haines amères - (on en a vues encore tout récemment sur internet, avec horreur,  il n'y a pas de trève pour certains) -  qui sont pour nous la cause de malaises et de péchés multifpliés: Jésus vient comme un réconciliateur  pour faire habiter ensemble suivant l'expression du prophète, le loup et l'agneau. O Jésus, prêtre de la réconciliation, renforce les liens de la charité.

Peut-être remettons-nous depuis longtemps, suadente diabolo, une démarche qui nous coûte et nous coûtera de plus en plus? Mais, qui nous assure que la série des Noëls et des venues miséricordieuses n'est pas épuisée pour nous, et qu'il ne nous reste plus à attendre que l'autre venue, la venue du juge inexorable? Combien n'en reviendront pas  de ces fêtes de fin d'année ! O Jésus ô sapientia, enseigne nous la véritable sagesse.

D'heure en heure il est plus proche; il vient et ne tardera plus. A bientôt notre délivrance!

Puisse, ô mon Dieu, ô Jésus, Sauveur béni de la crèche et de l'Eucharistie, puisse ce Noël être pour tous Noël, pour tous,  sans exception;  l'annonce d'une grande joie:

"Ecce evangelizo vobis gaudium magnum ."

sainte Nuit de Noël

dom Placide +

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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