O Sapientia de la vraie Sagesse.

Publié le 12 Décembre 2016

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La Sagesse ! Ce mot a-t- il cours encore dans notre monde moderne?

   Sans doute, il existe toujours une sagesse au rabais à l'usage de l'enfance et de la jeunesse : nous demandons aux petits d'être bien sages et les parents sont heureux dont les jeunes gens et les jeunes filles mènent une vie sage et réglée. Mais, de la sagesse, dans sa signification la plus élevée de conscience très claire de sa vraie destinée et de l'organisation pratique de sa vie en vue de cette destinée, de cette sagesse-là nous n'entendons plus parler ; notre mentalité contemporaine semble en avoir perdu le sens; du train où vont les choses, on la qualifiera bientôt, dans nos dictionnaires, de locution archaïque.

   Dans ce manque de grandes idées directrices de l'existence dont souffre notre monde moderne, il est donc plus nécessaire que jamais d'appeler avec l'Eglise l'avènement spirituel de Celui en qui sont enfermés tous les trésors de la sagesse: In quo sunt omnes thesauri sapientiae absconditi. (Cor. II, " )

   Qu'est-ce donc que la sagesse ?

   Un des romanciers polonais les plus en vue publiait sous le titre d'Homo sapiens (l'Homme sage) un livre dans lequel traîne une infinie tristesse. Le héros de cette aventure, cet homme sage, c'est l'homme pour qui n'existe aucune loi morale et qui se croit tout permis. Malgré cette émancipation de toute règle de vie, en réalité, à cause de cette émancipation, cet homme amoral éprouve un profond dégoût de lui-même: " Comme il se sentait triste...", souligne l'écrivain, après ses fautes, pareil au Satan d'Alfred de Vigny, qui après avoir commis un crime, avoue qu'il est "plus triste que jamais.'

   C'est que la sagesse dont s'enorgueillit ce héros est la fausse sagesse, celle dont l'apôtre Saint Jacques écrit qu'elle est terrestre, charnelle, diabolique (III, 15) , mélange d'indépendance, de sensualité, de cupidité. Elle est le renversement et la perversion de l'ordre établi par Dieu. Il ne faut pas s'étonner qu'au lieu de la paix, qui est la tranquillité de l'ordre, elle n'engendre que l'inquiétude.

   L'homme vraiment sage, au contraire, c'est celui dont le regard a su distinguer dans la multiplicité des buts offerts à ses efforts, le but final, l'objectif principal, la fin dernière qui commande tout le jeu de ses activités, et dont la prudence règle toute la vie en vue de ce terme définitif à atteindre.

   Il a envisagé le problème de l'existence, non pas d'abord en fonction des avantages immédiats que peut lui apporter telle ou telle situation facile, non pas seulement en tenant compte de certaines données de ce problème à l'exclusion des autres, d'après les principes premiers qui président à sa solution exacte et complète. Et en terme de ses calculs, il est arrivé à cette solution: que l'argent, les plaisirs, les situations, tout cela est bel et bon, mais enfin que tout cela est subordonné à autre chose, sans quoi argent, plaisir, situations ne sont en réalité que solutions provisoires, que tout cela est subordonné à sa situation éternelle à faire.

   Voilà la vraie sagesse: la vue claire, consciente, évidente de l'unique nécessaire, et l'organisation pratique de sa vie en fonction de cette destinée.

   De cette véritable sagesse le Christ est le type parfait, la personnification vivante, l'incarnation même. C'est sur son histoire à lui, sur l' Evangile qu'il faut écrire, non plus par dérision, mais en toute vérité, le titre d'Homo sapiens. C'est son nom propre: Jésus est la Sagesse éternelle et incarnée.

   " Voici l'époux qui vient, allez à sa rencontre!"

Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes. Les folles dirent aux sages :" Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent." Les sages répondirent :" Non, il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous."  Mais pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et on ferma la porte. Plus tard les autres vierges arrivèrent et dirent :" Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous.' Mais il répondit :" En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas." Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure."

   Et, en réalité, pratiquement et concrètement, la vraie sagesse c'est le secret de préparer par une vie chrétienne et sainte l'heure dernière qui décide irrévocablement de l'essentiel, du salut éternel de notre âme.

 

Rédigé par Philippe

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