ste Patience, priez pour nous ! épître du 2ème dimanche de l'Avent.

Publié le 3 Décembre 2016

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Frères, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance.

 

 

   Une espérance qui ne serait pas  soutenue par la patience ne saurait subsister dans nos coeurs; elle ne tarderait point à succomber sous les coups de l'adversité, et même à la suite d'une attente trop longue.

Voyez Job: croyez-vous qu'il aurait conservé son espérance en Dieu, s'il n'avait pas souffert patiemment? Voyez d'autre part quel est le malheur des vierges folles: n'ayant pas supporté les heures de l'attente, elles trouvèrent la porte du festin fermée.

   De là le souhait que l'Eglise forme pour nous: Que le Dieu de patience, c'est-à-dire, modèle et source de toute patience, vous soutienne pour que vous continuez à vivre dans l'espérance du salut qui vous a été promis.

   Hélas! Il y a en nous et autour de nous tant de choses qui contrarient nos espérances, politique, sociale, religion,  que nous devons craindre à chaque instant de faire naufrage.

Aussi faut-il que nous nous appliquions à imiter Dieu qui se montre envers nous d'une patience admirable, puisqu'il supporte nos contradictions et nos ingratitudes dans l'espérance de nous voir revenir à lui.

   C'est donc avec raison que Judith disait aux habitants de Béthulie: Puisque Dieu est patient, faisons pénitence. (Judith VIII, 14)

   Donnons donc la patience pour base à notre espérance, elle établira notre âme dans une fermeté convenable, et elle nous conservera la libre possession de nous-mêmes, tout en laissant notre raison libre d'agir sous les inspirations de la grâce. Alors nous arriverons par la patience à faire passer dans nos  paroles, dans nos gestes, dans notre maintien, l'espérance qui vit en nos coeurs. Ce sera l'heure où s'accomplira cette parole de l'Apôtre: La tribulation, produit la patience; la patience, l'épreuve; et l'épreuve, l'espérance.

Saint Augustin:'

Gardez-vous d'arrêter vos regards sur les choses visibles, mais portez-les sur les choses invisibles. Les premières sont passagères, les secondes sont éternelles. Or, comme nous espérons ce que nous ne voyons pas encore et ce que nous attendons par la patience, le Psalmiste nous dit:" Attendez le Seigneur, agissez avec courage, que votre coeur soit ferme dans l'attente du Seigneur." (ps. XXVI,14)

" Malheur à ceux qui ont perdu la patience, et qui se sont égarés dans des voies criminelles! (Eccl. II,10)

Voyez le chrétien qui porte l'espérance du salut. Voici que la douleur fond sur lui, que la tristesse l'accable, que les contradictions s'efforcent de l'arrêter dans sa marche vers le bien invisible; c'est la lutte, c'est l'ennemi qui est venu le surprendre. Eh bien! soyez sans crainte pour lui, s'il possède son âme par la patience.

Tout se bornera pour lui à essuyer  de rudes tempêtes, qui peut-être l'agiteront, comme les marins du Vendée Globe, mais son gouvernail et son pilote, la patience, le conduiront sûrement à travers les écueils et le préserveront du naufrage. Puis viendra le jour où après l'avoir sauvé en cette vie, la foi et l'espérance disparaîtront, la charité seule subsistera.  La patience aura remporté sa dernière victoire.

Sainte patience, priez pour nous.

 

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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