la foi . Epiphanie de Notre-Seigneur .

Publié le 5 Janvier 2017

 

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"Vidimus stellam ejus in Oriente, et venimus adorare eum."

Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer.

 

   Admirons d'abord le caractère surnaturel de la foi des rois.

Cette foi ne s'appuie point sur un phénomène naturel, mais bien sur Dieu qui doit en être le principe. En effet, ils connaissaient le ciel avec ses astres et l'apparition de l'étoile miraculeuse fut pour eux un signe manifeste de l'appel divin. La foi est un don divin, un don qui doit venir d'en haut, un don que tous les raisonnements de la science, la vue même des miracles ne sauraient produire; don purement gratuit que nous ne pouvons tenir que de la munificence divine.

Notre foi doit prendre la docilité des Mages pour modèle; cette qualité, en effet est la première qui apparait dans la conduite de ces saints personnages, et c'est aussi la première qui doit se manifester dans la nôtre. Ils ne discutent point; dès lors que Dieu leur a parlé, qu'il les inspire, ils sont disposés à partir, à aller les yeux fermés partout où il voudra les conduire. Sans cette docilité, il est certain qu'ils n'auraient pas eu le bonheur de se rendre à Bethléem et d'y voir le sauveur.

Notre manque de docilité à l'appel de Dieu, notre résistance aux inspirations de sa grâce, à ses lumières... Plus d'une fois la grâce nous a parlé au coeur, au plus intime de notre être.  Là telle personne qui nous a édifié, tel chant grégorien qui nous a remué les tripes, tel évènement de famille, un deuil, .. un mariage, mon ami qui se fait moine, prêtre ! Telle rencontre où nous aurions pu tant saisir l'occasion. et que nous avons laissé passer. Telle voix qui se fait entendre: allez à la prière, laisse ton ordinateur de côté, le silence d'une abbaye que nous avons étouffé par les bruits du monde, de la télé, de l'internet,  des rumeurs, de notre soif de tout savoir.

C'était l'étoile qui devait nous conduire à Bethléem, à Marie, à Jésus! Heureux si nous l'avons suivie avec docilité!  mais nous nous laissons arrêter par mille considérations humaines, nous discutons, nous marchandons, nous détournons la tête et nous murmurons :" Plus tard! " Et l'étoile disparait, la grâce passe, la nuit revient, la conscience éveillée se rendort, le coeur reprend ses chaînes et le vice ses droits. Lorsque la foi est docile au souffle de la grâce, elle devient généreuse comme celle des Mages.

la persévérance.

Un des caractères que nous admirons dans la foi des trois rois, c'est sa persévérance inébranlable.

Et pourtant les épreuves ne leur manquèrent pas, l'étoile qu'ils ont suivie si docilement, si généreusement, semble les abandonner et les trahir, elle disparait. Personne n'a vu cette étoile dont ils parlent, et vainement ils interrogent l'horizon... Les Mages n'étaient -ils pas en droit de se demander s'ils n'avaient pas été les jouets d'une illusion perfide?  A l'arrivée à l'étable ! Quelle déception!  Quoi ! c'est là le palais de ce roi que le ciel leur annonçait miraculeusement! Quoi! c'est pour voir un enfant sans même un berceau, couché sur un peu de paille dans la crèche d'une étable, qu'ils ont entrepris un si long voyage! Au lieu d'être reçus, selon leur rang, par des ambassadeurs et des princes, ils ne trouvent qu'une simple femme du peuple et un pauvre artisan!

Quel écueil pour une foi moins éclairée, moins solide que la leur!

L'humiliation de l'étable, le dénuement sans nom de l'Enfant annoncé ne sauraient ébranler leurs convictions. Eclairés par une lumière surnaturelle, ils ne voient plus comme le monde, comme ils voyaient et jugeaient eux-mêmes naguère. La foi qui les anime braverait l'univers comme elle a bravé tous les autres obstacles, parce qu'elle vient de Dieu. Elle est plus forte que tout, parce qu'elle s'appuie sur Celui qui est la force même et qui ne peut tromper.

Quel exemple et quel modèle pour notre foi!

Au sein de notre société sceptique et raisonneuse, au milieu du bruit des coups qui essayent de battre en brèche les vérités saintes et les mystères de notre religion, ne nous arrive-t-il pas de sentir notre foi s'ébranler, chanceler? Devant ces milles objections que l'irréligion sème à pleines mains et répète à satiété; à la vue de ces retentissants scandales qui éclatent parfois jusque dans le sanctuaire, la désertion de ses pasteurs,  ne nous sommes-nous pas demandé si nos convictions et notre foi n'allaient pas fléchir ou sombrer? Quand la tentation du doute vient momentanément obscurcir l'étoile de notre foi, avons-nous la persévérance, la fermeté des Mages?

Nous vivons à une époque où cette fidélité persévérante et inébranlable est plus nécessaire que jamais. Au milieu de ce courant de plus en plus rapide qui nous entraîne vers l'incrédulité, voire l'apostasie,  c'est une branche de salut qu'il ne faut point abandonner, quoi qu'il arrive. Que peuvent nous faire les défaillances, les trahisons, l'ignorance des foules,  la haine de nos adversaires.

Inflexibles dans notre route, comme les astres du firmament, suivons l'étoile divine; malgré les Hérodes railleurs ou indifférents, impies ou incrédules,  les Hérodes de la politique "attrape-nigauds "

que nous rencontrerons sur notre chemin ...

Puissions-nous, au terme de notre voyage, redire en paraissant devant Jésus:

" J'ai vu votre étoile sur la terre, je l'ai suivie docilement, avec générosité et persévérance. Me voici venu pour vous adorer durant l'éternité:

"Vidimus stellam et venimus adorare !. "

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Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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Alexandre 05/01/2017 08:59

merci Père, très belle homélie bonne fête de l'Epiphanie.