les noces de Cana

Publié le 14 Janvier 2017

Nozze di Cana

Wedding at Cana by Mattia Preti

Nous voyons le bon Sauveur condescendre avec une gracieuse amabilité aux désirs des nouveaux époux, en assistant à leurs noces.

" De même, dit un pieux auteur, que Jésus-Christ est entré dans le Jourdain, fleuve de la pénitence, pour sanctifier l'eau, destinée, en devenant la matière du baptême, à produire notre régénération spirituelle; ainsi traverse-t-il cette fête nuptiale pour honorer le mariage, cet autre sacrement bien grand aussi, qui devait purifier et sanctifier la source même de la vie. " louis Veuillot .

En honorant de sa présence les noces de Cana, déjà le divin Maître prélude au grand acte qu'il effectuera positivement un jour, quand il élèvera le pacte conjugal à la dignité la plus haute entre toutes, à la dignité sacramentelle.

L'excellente inspiration qu'eurent les jeunes fiancés d'appeler le Sauveur à leur noce! Grâce à cette divine présence, il ne s'y passe rien que de parfait et édifiant, tout y fut heureux. , quel vide quand Jésus n'est pas l'invité dans nos existences. Comme tout y est triste et sans saveur.

Jésus avait été invité aux noces de Cana: Vocatus est autem Jesus ad nuptias. Combien les mariés ne durent-ils pas s'applaudir d'avoir cédé à cette inspiration, lorsque leur provision de vin se fut épuisée!

Ici à côté de Jésus, nous voyons Marie, elle aussi entre en scène. Et dans cette circonstance c'est comme un enseignement bien consolant qui, sous l'écorce d'un fait resplendit à nos regards.

Marie, l'Evangile nous le fait expressément remarquer, était aux noces de Cana avec son Fils. Partout, en effet, où le Christ se plait à manifester la bonté de son coeur, c'est une loi, une loi constante et formelle, qu'on rencontre, qu'on sente aussi du même coup la bienfaisante action du coeur de sa mère.

S'il est vrai que Jésus est la source d'où s'épanche la grâce, il ne l'est pas moins que, dans l'économie du Christianisme, Marie est le canal, le canal nécessaire, par lequel doivent passer les eaux de la source pour arriver jusqu'à nos âmes. Plan magnifique, touchante disposition de la Providence, dont saint Bernard traçait avec tant de justesse la formule, quand il disait :" La volonté de Dieu, c'est que dans l'ordre surnaturel tout nous doive être donné par Marie. "

Par Marie, nous serons sûrs d'arriver à Jésus, en même temps que par Marie arriveront infailliblement à nous les grâces de Jésus.

Voyez plutôt. Le vin vient à manquer et la sainte Vierge dont la sollicitude maternelle a l'oeil sans cesse ouvert sur les moindre besoins de tous ceux qui l'accueillent et qui l'aiment s'aperçut de ce contre-temps. D'elle-même avant le moindre appel adressé à son entremise, elle n'hésita point à provoquer, pour y remédier, la toute-puissance de son divin Fils. Et nous voyons comment une eau vulgaire se trouva subitement changée en un vin délicieux .

A plus forte raison avons-nous le droit d'espérer que la Sainte Vierge s'intéressera et intéressera Jésus à nos nécessités, quand ces nécessités auront trait à l'affaire bien autrement grave de notre salut, et que nous les lui aurons nous-mêmes exprimées par un cri de détresse dans une supplication brûlante ! " aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance, réclamé votre secours, ait été abandonné. "

"Ils n'ont plus de vin," fait observer Marie. Privation, en somme d'une gravité toute secondaire; mais, exposée par la bouche de Marie, elle n'en suffit pas moins pour déterminer aussitôt Jésus à y remédier par un grand miracle.

Le prodige de Cana est de la part de Jésus le miracle de la piété filiale, comme plus tard la résurrection de Lazare sera le tribut payé par le divin thaumaturge aux douces exigences de l'amitié.  En accordant ce miracle à la prière de Marie, Jésus semble vouloir commenter déjà pratiquement dès le premier acte de sa vie publique, cette parole si pleine de profondeur qu'un jour, en la terminant, il laissera tomber de sa croix :" Chrétiens, voilà votre mère." Ecce Mater tua.

Ce fut une véritable transformation de substance qui s'opéra, quand à Cana l'eau fut changée en vin. " Dieu, dit saint Ambroise, a ainsi coutume et semble affecter de procéder par changement de substance, lorsqu'il veut s'affirmer comme l'auteur et le maître suprême des choses créées. "

Comment surtout, dans ce miracle de Cana, ne pas saluer par avance, avec une reconnaissante émotion le mystère des mystères qui déjà s'y laisse entrevoir comme derrière un voile, je veux dire la Très Sainte Eucharistie, cette merveille par excellence entre toutes les merveilles du Bon Dieu?

Par la conversion de l'eau en vin, nous fait observer un saint Père, Jésus a voulu faire comme un exercice anticipé du pouvoir divin qui, la veille de sa mort, devait, pour l'immense gloire et le bonheur sans pareil de l'humanité, le déterminer à changer la substance du pain en celle de son corps, et la substance du vin en celle de son sang.

Au communiant qui se relève de la Table sainte, la foi catholique  dit en effet: "

La chair même, la véritable chair du Christ est devenue ta chair, et c'est son vrai sang qui circule dans tes veines.

Amen.

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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