Un comme on les aime ! Père Marcos Torres.

Publié le 24 Février 2017

El sacerdote Marcos Torres Gómez nació en Lalín en 1984.

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Il a 32 ans, il est prêtre dans le diocèse de Lugo, en zone rurale, où il s’occupe de 8 paroisses. Il est délégué diocésain à la jeunesse, et donne des cours au séminaire. Il a aussi fait un peu de politique à l’âge de 19 ans, au sein du Partido Popular (droite). De cette époque il dit : « j’étais naïf, idéaliste, je pensais que j’allais changer le monde… Et puis j’ai découvert ce qui me rendait vraiment heureux, ce que doit être la vie. En politique, d’abord on t’encense, ensuite on t’assomme avec l’encensoir ».

 


Néanmoins, il continue de s’intéresser aux événements contemporains, sur lesquels il porte un jugement aigu. « Il y a beaucoup plus de pression dans n’importe quelle entreprise que dans l’église catholique et beaucoup plus d’obéissance aussi. Dans le diocèse, je n’ai jamais reçu de messages quotidiens m’indiquant les idées communes qu’il fallait avoir sur la position de l’église, comme cela arrivait au Partido Popular. Tout est peur, respect du leader, système d’obéissance. Il y a bien plus de pluralité à la messe d’un village de Galice qu’à un congrès du Partido Popular ».


Au sujet des maires liés au parti Podemos qui s’empressent d’assister aux fêtes musulmanes alors qu’ils refusent d’assister aux fêtes catholiques, il déclare : « S’ils réfléchissaient un peu, ils se rendraient compte que la séparation des pouvoirs, la liberté et la démocratie n’existent que dans les pays chrétiens. Comme disait Benoît XVI (un homme très intelligent), nous devons nous réconcilier avec la possibilité que le christianisme disparaisse d’Europe, comme ce fut le cas en Afrique du Nord ».


« Un jour, on se souviendra de tous les politiciens qui ont demandé le retrait des classes de l’enseignement sur la religion catholique. Les gens ont une image toute faite de l’église. Ils parlent par exemple de l’impôt foncier qui pèse sur les églises, mais bien d’autres institutions le payent. En revanche, aucune autre religion ne le paye ! J’attends qu’un jour quelqu’un parle de la valeur de la tradition culturelle, religieuse et artistique de l’Espagne, et qu’il demande alors que les musulmans payent également cet impôt pour leurs mosquées et les évangélistes pour leurs locaux ».


« Nous sommes en train de renoncer à nos racines pour une liberté qui n’existe pas. L’islam est clair sur ce point. Et la gauche, en Espagne ou en France est pour lui un grand allié. Ils en sont inconscients ! ce sont des lâches : ils ne s’en prennent pas à eux. En revanche, personne dans l’église ne pose de bombes et ne passe ses journées à attaquer les autres. dans l’islam on continue de penser comme au temps de Mahomet. Sans nous en rendre compte, nous sommes en train d’enterrer notre propre civilisation. »

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Le Père Marcos Torres est président de l’équipe locale de football, le Club Deportivo Lalín, qui joue en première régionale, et qu’il a sauvé de la disparition. C’est néanmoins une charge lourde qu’il veut abandonner. Il a emprunté 20 000 euros pour sauver ce club mais les sponsors attendus ne viennent pas. « J’ai péché par présomption. Je ne suis pas la bonne personne pour présider un club de football… Il n’y avait personne ». « C’est une bêtise mais bon, une bêtise dont il faut tirer profit. Comme dit saint Paul dans l’une de ses lettres, il faut prêcher à temps et à contretemps ».

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Marcos Torres a une autre particularité : il est malade, d’une maladie dégénérative, une sclérose multiple, découverte en 2011, un matin où, jeune prêtre, il se réveilla sans pouvoir bouger rien d’autre que la tête.

« Quand j’ai découvert les premiers symptômes, j’ai compris qu’il faut vivre chaque jour comme si c’était le premier et le dernier. J’ai mieux compris le Notre Père, qui dit “Donnes-nous aujourd’hui notre pain quotidien”, mais aujourd’hui ! parce que je ne sais pas ce qu’il en sera demain. Dans ce monde, nous avons l’habitude de faire des projets à long terme et nous perdons des instants de vie extrêmement beaux pour des choses que nous ferons dans dix ans… Pour moi, la sclérose fut un cadeau de la vie ».


Cet événement « a changé ma manière de penser.

Quelque chose comme ça te rapproche beaucoup de gens qui souffrent réellement, parce que parfois les prêtres ou les politiciens ou les gens qui exercent des responsabilités succombent à la tentation de parler de très haut, d’un point de vue supérieur. Or la maladie abaisse vers la réalité. Je ne sais pas ce qui se passera si j’ai de nouveau des symptômes. Mais ceux que j’ai eus m’ont beaucoup aidé. J’ai une sclérose, je n’ai aucun complexe, ce n’est pas une croix. Aucune maladie ne triomphera de ma liberté de penser ou de choix. La maladie peut me clouer dans une chaise roulante, mais c’est moi qui continuerai de commander ma vie. Et en croyant ».


« Mon unique désir est d’être saint, qui est synonyme d’être heureux. Dans l’église, il n’y a pas d’ambition. Ce qui est sûr, c’est que je pense très peu à l’avenir. Surtout dans les circonstances actuelles. L’avenir, Dieu le dira ».

 

©  exclusif pour le petit Placide.

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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