le pardon : l'enfant prodigue, les plus belles pages de l'Evangile.

Publié le 12 Mars 2017

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Nous arrivons au cas de l'enfant prodigue, qui n'est pas une histoire, mais une parabole.

Jésus a mis en scène, et avec un accent qui a ému et converti bien des âmes, toute la doctrine de la miséricorde et du pardon. C'est lui-même qu'il dépeint dans le rôle du père, pour nous faire comprendre la joie de son coeur quand le pécheur revient à lui. Et c'est lui encore qui défend les droits de la miséricorde, contre les objections de justes estimables, mais dont le coeur est nécessairement moins paternel que le coeur de Dieu.

   Les torts du jeune prodigue sont nombreux et graves. Il a pris de l'ennui dans sa famille, sous l'influence sans aucun doute, de mauvais amis. Brusquement, il réalise ses biens, suit son goût des aventures, s'éloigne, s'abandonne à une folle prodigalité, dans le libertinage, et peut-être la débauche. Sa légèreté lui dessèche le coeur momentanément . Que de pères et de mères ont connu ces heures tragiques !

Bientôt il voit fondre sur lui la misère, en même temps que la ruine et l'isolement. Par surcroît, une famine désole la région où il a échoué. Le voilà besogneux, obligé de louer ses services, sans avoir la faculté de choisir son emploi.  L'Evangile le dit crûment :" Il avait envie de remplir son ventre des caroubes que mangeaient les pourceaux, et personne ne lui en donnait."

C'est donc un cas extrême de déchéance, non seulement matérielle, mais morale; car il fallait cette pire situation pour l'acculer à réfléchir, et à constater la misère qu'il s'est attirée par sa faute.

Aucune noblesse dans le tout premier commencement de son retour.

Ce n'est pas d'abord la peine qu'il a faite à son père, ni l'énormité de sa légèreté, c'est la brutale nécessité de la faim.  L'Evangile dit impitoyablement son premier remords :" Combien de mercenaires de mon père ont du pain de reste, et moi, ici , je meurs de faim . "

Ce n'est qu'après cela que son repentir commence de s'exprimer, sous la forme de paroles adressées à son père. Mais enfin, elles contiennent un aveu de son péché.

Ce qu'il y avait de plus offensant pour son père, c'était de s'être éloigné, après avoir reçu sa part, comme si le père ne comptait plus pour rien. C'est lui, maintenant, qui n'a plus droit au nom de fils. Il le sent. Il est abattu. Il va se redresser. Il lui reste une ressource: cette appellation de père. C'est le seul nom que le père puisse entendre, sans être de nouveau blessé.

Et c'est Jésus qui raconte, qui se définit dans ce récit, et qui écrit cette page, sublime jusque dans les mots.

Ecoutez cela :"  Et se levant, il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut, et fut saisi de compassion; et courant, il se jeta à son cou, et le couvrit de baisers."

Quelles nuances exquises ! Le père aperçoit le fils de loin, sans doute parce que , tous les jours , il allait sur la route, aussi loin que ses jambes pouvaient le porter, pour épier son retour. Le fils se repent, le père est ému jusqu'aux entrailles. Le fils vient, le père court. Et tous ces détails sont précieux, pour nous faire comprendre la magnificence du pardon.

Le prodigue veut prononcer la formule de son repentir, celle qu'il avait résolue dans sa garde de pourceaux. Mais il va détonner dans une parole de justice et de sanction. L'aveu de sa faute était nécessaire, il suffit. Demander d'être traité désormais comme un mercenaire, il ne l'eût pu sans méconnaître la bonté du père. L'eût-il essayé, que des baisers lui auraient fermé la bouche. Le père ne répond même pas; il ne songe qu'à réparer le triste état où se trouve son fils, devant les esclaves qui sont accourus :" Vite, la plus belle robe et l'en revêtez. Mettez-lui à la main son anneau, et des souliers aux pieds , et amenez le veau gras, tuez-le et mangeons joyeusement.'

Qu'ajouter à tout cela, qui ne soit superflu?

L'ingratitude a -t-elle été assez noire? Le pardon est-il magnifique? Pas un reproche, pas une plainte. Il n'y a que la joie profonde d'un père, reconnaissant à son fils de se repentir, et de lui revenir pour se laisser aimer comme autrefois, comme toujours.

Le repentir a tout aboli. Le tout premier point de départ importe peu.

C'est le dégoût du péché, la lassitude, l'usure de l'âge, la crainte du père, peu importe!  Que le repentir éclose en aveu , sur le terrain de la confiance et de l'amour , c'est assez. Tous les droits sont rendus, toute l'amitié.

Ce cas de l'enfant prodigue prend une force singulière de ce qu'il n'est plus un cas historique et individuel, mais une leçon , un enseignement. Il prend , par là même l'ampleur d'une loi et la force d'un principe. .. c'est là le pardon dans l'Evangile.

......

Le pardon dans l'Evangile, c'est donc un acte par lequel Jésus fait passer une âme de l'état de péché à l'état de grâce, c'est-à-dire de l'inimitié à l'amitié, d'un éloignement à un rapprochement; en termes forts, de la haine à l'amour; en termes théologiques, de l'aversio a Deo à la conversio ad Deum.

C'est donc proprement ce qu'on appelle la Justification.

Les théologiens ont marqué les étapes à parcourir, les conditions requises. Ils ont fait l'analyse psychologique de la conversion.

Il y a d'abord un acte de foi au Christ Rédempteur et Sauveur, au Christ voulant nous sauver en nous justifiant.

Il y a l'espérance, c'est-à-dire une confiance assurée que Dieu nous mettra en participation de la justice du Christ, immolé pour nous au Calvaire.

Il y a l'amour pour un Dieu si bon pour nous, si excellent en lui-même.

Il y a enfin le repentir, sous l'impulsion de cet amour.

 

du même auteur.

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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