Je le trouve en la croix, c'est là qu'il me donne sa vie !

Publié le 2 Avril 2017

Nous offrons cette sainte semaine pour mon oncle en fin de vie pour tous les mourants.

Hier il m'a appelé. Il a demandé à son fils de me voir. Il devait m'aimer quand même pas mal.  Etendu sur son lit, amaigri, . quelques paroles. c'est quand même horrible. on pleure quand c'est comme ça.

Quoi c'est ça la nature humaine? Après tant de si bons moments passés ensemble, de vacances heureuses ! Biarritz, Barcelone .. toutes les pages de son enfance et adolescence que l'on revoit.

pour en arriver là. Il y a comme un sentiment alors de révolte. Le refus de la nature. Non, moi je ne veux pas cela. Tous ces vieux abandonnés,  qui trainent dans la rue sans plus de vie aucune, qui n'attendent plus que la fin. Non, non tout ça je ne veux pas. Cette vieille qui crie misère plus de 90 ans  des cheveux  longs , blancs répugnants et sales, on dirait la sorcière de blanche neige  parfois elle demande à s'asseoir, ses jambes ne la portent plus .. la vieille de Brassens qui " trébuchant sous trop de poids s'écrie  mon Dieu " scandale . ! je l'ai aidée à remplir son sac, mais à son stade , on ne demande plus l'aide de personne. c'est dingue.

Aucune compassion autour d'elle comme d'habitude .  Ces vieux curés qui n'ont plus aucune identité.. un spectacle tellement quotidien.

C'est cela la vie que vous offrez Jésus?

On serait même à penser à mettre fin à ses jours avant d'en arriver là à ce  "Mon Dieu, pourquoi, m'as-tu abandonné ? "  Et le païen crie à l'euthanasie. Oui la première réaction devant une telle fin c'est le rejet. J'ai toujours trouvé ça horrible, ces maisons de retraite antichambres de la mort.

Quel scandale la souffrance humaine .. A la fin il m'a quitté me faisant un bonjour de sa main.

 

Et puis on juxtapose les deux images.  A travers Jésus crucifié, comme un spot qui éclaire ces pauvres fins de vie humaine, cette déchéance de la nature..on y trouverait facilement  comme une réponse. On arrive à se dire oui, il y a peut-être un sens. Je dis bien peut-être, après c'est dans la foi.

La souffrance a quelque chose de reboutant dans la religion, dure à admettre. J'ai toujours été révolté par rapport à ça. Je n'ai peut-être jamais compris ma religion , ces notions de pénitences, de sacrifice.

Mon Dieu, c'est vrai je ne comprends pas, vraiment du mal à l'admettre,  mais je crois. J'adhère de tout mon coeur et j'accepte la mort qu'il vous plaira de m'envoyer.

Les grands mystiques, les  grands saints ont toujours prêché Jésus crucifié par leur vie austère, leurs pénitences, leur pauvreté extrême et ont attiré les foules.  D'autres maintenant c'est avec des chansonnettes qu'on attire les foules. " y a d'la joie, bonjour, bonjour les hirondelles , y a d'la joie" bref, passons.  Le monde à l'envers.

Ca plait au monde, au média,  à la presse. La gloire, le prestige. à ne rien comprendre. La religion exposée au ridicule. soutane flambant neuve comme celle du st curé d'Ars . 

Quant à nous nous prêchons Jésus crucifié.

Que la passion de Jésus nous aide à accepter  à l'avance le pire, l'incompréhensible , les souffrances du monde. Oui la forme extraordinaire de la messe a une approche plus vraie, plus sensible de ce mystère de souffrance. Evidement là aussi quand on ne l'a plus normal qu'on en perde le sens, tout est lié je crois. On ne peut pas expliquer la souffrance en dehors du sacrifice de la Messe. Je ne peux rien expliquer de mon existence en dehors de la Croix, et la Croix c'est la Messe.

Priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort. On va méditer sur tout cela ces dernières semaines, donner un sens à sa vie,  demander les grâces de la Passion du Sauveur sinon la vie n'a vraiment aucun sens et elle est vraiment un scandale ! heureux ceux qui auront une messe basse cette semaine, franchement j'aimerai être à leur place.

en union de prières avec tous  nos moines.

 

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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