Jésus dans sa Passion ( 3 )

Publié le 7 Avril 2017

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   Voyez  ensuite Jésus dans sa Passion.

   Certes, il n'est plus seul, pauvre Jésus. Il était trop seul tout à l'heure. Il ne l'est pas assez maintenant. Maintenant, il ne s'appartient plus, et le voilà, comme il dit, aux mains des pécheurs. Toutes les puissances du mal, dès longtemps conjurées contre lui sont maintenant déchaînées. Par delà les puissances visibles, il s'en cache d'invisibles. Ce Christ finit par avoir tout le monde contre lui. Et plus au fond, il y a Satan qui mène le monde. Satan que Jésus lui-même décorait du titre fastueux de Prince de ce monde. Aussi la grande détresse continue. Du côté de la terre, tous les grands vont se prononcer et se déballer contre ce Christ. Mais les petits ne vont pas lui être favorables: il va être maltraité sans pitié par les valets dans la cour du grand prêtre juif, et par la troupe dans la cour du gouverneur romain; il va entendre la foule ameutée hurler dans la rue :" Crucifiez-le; crucifiez-le. "

    Son corps va subir tous les mauvais coups: on lui crache au visage, de grandes gifles retentissent sur sa face, et les fouets entrent dans la chair. Mais son âme subit de plus tristes ravages; il est  bafoué dans sa renommée, comme dans sa dignité; il est traîné, humilié en toutes manières.

   Il semble que ce pauvre Christ ait voulu aller jusqu'au bout de nos malheurs et de nos maux. On n'en peut guère concevoir un pire amoncellement. C'est ici que l'on voit bien qu'il meurt par nous. Il endure et souffre, en ces douze heures, à peu près tout ce qu'un homme peut souffrir et endurer de la part de ses semblables.  Et même, par son genre de condamnation et de supplice, il est mis comme au ban de l'humanité. De sorte qu'il ne tombe as seulement au rang des plus malheureux d'entre nous, mais il est même compté au rang des malfaiteurs. Si son agonie attestait qu'il meurt comme nous, sa Passion révèle à l'évidence qu'il meurt par notre fait, qu'il meurt pour nous .

   Toutefois scrutez bien votre Christ toujours.

   Dans cet autre genre de détresse, la personnalité de Jésus ne cesse de s'imposer, ni sa divinité de resplendir. Ce pauvre condamné est quelqu'un qui ne bouge pas de sa majesté. Il domine les personnes et les choses. Il dirige et dépasse les évènements mêmes qui ont l'air de l'emporter. Il est maître de lui, maître de l'heure, maître de tout. Ses attitudes sont admirables de grandeur et de simplicité. Ses paroles sont impressionnantes; ses silences ne le sont pas moins. Il ne répond rien au premier interrogatoire du Sanhédrin , ni rien à celui d'Hérode; il se tait un bon moment devant Pilate. Mais quand il le faut, il dit clairement qui il est, il décline son identité avec une netteté héroïque. Et c'est de cela qu'il meurt. Il ne craint pas de dire à ses juges qu'il les jugera lui-même d'infiniment plus haut qu'ils ne le jugent. A Pilate fort de son autorité, il suggère doucement :" Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s'il ne t'avait été donné d'en haut."

   Voilà bien le point décisif. Ce Christ qui est à notre merci, c'est Dieu en personne qui nous sauve et nous ramène à lui.

   Nous le supplicions tant que nous pouvons. Il accepte tout comme s'il le méritait. Et, dans cette acceptation, il nous rend détestables toutes nos fautes qui sont la cause de sa Passion et acceptables toutes nos peines qui sont la rançon de son union à nous comme elles doivent être le gage de notre union à lui.

 

Rédigé par RP Bernard op +

Publié dans #spiritualité

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