fête du sacré Coeur de Jésus

Publié le 22 Juin 2017

 

 

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la miséricorde de Dieu .

cor jesu sacratissimum, miserere nobis.

 

   " C'est en Dieu une autre de ses moeurs que de personne il n'exige rien qui soit au-dessus des forces en fait de jeûnes, de prières, d'aumônes, de mortifications corporelles, de discipline régulière et autres choses semblables.

   " Si pour abolir ses fautes le pécheur se trouve être incapable d'accomplir de grandes choses, Dieu se contente des minimes; il se contente des larmes qui viennent du coeur . Ainsi est-il rapporté d'Ezéchias (Isaïe, XXVIII, 2,8) dont le Seigneur regarda les larmes. Revenant sur la sentence de mort qu'il avait portée par le prophète, Il lui accorde quinze ans de vie. Il exauça de même , en sa miséricorde , les larmes que versait le bienheureux Pierre pour une faute très grave, lorsqu'il se mit à pleurer au chant du coq son péché de reniement. Si quelqu'un n'a point de larmes, Dieu se contente d'un mot, d'un mot qui vienne d'un coeur contrit, ainsi que nous le lisons du larron: " Souviens-toi de moi, disait-il au Seigneur, lorsque tu seras arrivé en ton royaume." Le Seigneur lui répondit :" Je te le dis, en vérité, aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Paradis" . (Luc, XXIII, 42-43)

Si quelqu'un perdait l'usage de la langue, Dieu tiendrait pour pleinement suffisant le gémissement d'un coeur contrit :" Qu'à un moment quelconque le pécheur gémisse et je ne me souviendrai plus de ses iniquités sans nombre " est-il écrit en Ezéchiel XVIII, 21,22 .

S'il arrivait que la maladie privât quelqu'un de l'usage de tous ses membres au point qu'il n'en puisse plus remuer aucun, ni même gémir dans sa faiblesse extrême, Dieu se contenterait, pour une très grave offense de sa bonne volonté sincère.

" Nous non plus, nous ne devrions rien exiger de personne, séculier ou religieux et quelque soit l'étendue de ses voeux, ni rien demander de plus que ceci: faire ce que l'on peut avec fidélité."

 

Commentaire

 

   Pour pardonner, Dieu n'est point exigeant. Sur les conditions du pardon, Dieu n'est pas intraitable , pas plus qu'il n'est implacable sur le principe même du pardon. Comme il est facile à apaiser, il est facile à satisfaire.

   " Oh! qu'il est donc facile à satisfaire ! " Père, j'ai péché contre le Ciel et contre toi, je ne suis pas digne d'être appelé ton enfant . Et le Père, qui serre dans ses bras son fils retrouvé, ne souffre pas qu'il en dise davantage. Devant les serviteurs accourus et qui écoutent , il lui ferme la bouche en l'embrassant. Comme tu es fait, mon pauvre petit! La plus belle robe, vite ! A son doigt l'anneau d'or, à ses pieds des chaussures ! Comme tu es amaigri, et comme tu as l'air épuisé!  Vite qu'on tue le veau gras! Viens t'asseoir, la maison est proche, ta maison. Tu te rappelles, ce siège bas que tu préférais...

   A l'heure de la mort, un simple mouvement du coeur, après toute une vie de péché, et Dieu s'en contente. Le coeur de Dieu s'émeut. " En vérité, je te le dis, aujourd'hui même tu seras avec moi en Paradis." Nous en sommes scandalisés !

   C'est que Dieu est miséricordieux. Son coeur paternel s'émeut sur la misère du nôtre qu'il connait bien .

" Toi, Seigneur , qui connais le coeur " (Act. I ,24)

N'est-ce pas Lui qui l'a fait, ce pauvre coeur misérable que nous avons abîmé. Il sait bien, Lui ce qu'il y a dans l'homme " (Jean II, 25 ) . Il n'a pas besoin qu'on le lui apprenne. Nous prenant en pitié, Il travaille à guérir notre misère. Bon Samaritain, le voici qui panse nos plaies avec l'huile et le vin et subvient à notre détresse.

 

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   Notre Père est un maître facile, indulgent. " Je savais, dit le serviteur infidèle, je savais que vous êtes un homme dur, qui moissonnez où vous n'avez pas semé et recueillez où vous n'avez pas vanné." ( Matth. XXV, 24 )

   Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai ! Pourquoi le laissez-vous dire, Père, ce méchant serviteur? Pourquoi ne protestez-vous pas? Sans doute pour ne pas ajouter encore à sa confusion. Vous trouvez qu'il a déjà assez de malheur comme cela. Vous lui laissez la triste consolation de penser que ce n'est pas de sa faute, ce qui lui arrive. Mais cela n'est pas vrai. Et puisque vous vous taisez, nous parlerons, nous, nous crierons la vérité.

Car nous savons bien comment vous êtes. Nous l'avons éprouvé tant de fois. Et puis, votre Fils, votre Aîné, votre Unique, nous l'a appris. Il parlait de votre coeur, Père en même temps que du sien" Venez à moi, vous tous qui êtes lassés et pliez sous le faix, disait-Il , je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug et recevez mes leçons, car j'ai le coeur humble et doux. Mon joug est doux; mon fardeau, léger . " ( Matth, XI, 28,30)

   " Lorsque Dieu fait miséricorde, écrit saint Thomas, il n'agit pas contre sa justice, Il agit au-dessus de la justice . Voici un homme qui doit cent deniers, il en donne deux cents. Ce faisant il n'agit pas contre la justice, il fait acte de libéralité, ou peut-être de miséricorde. De même celui qui remet l'offense qu'on lui a faite. Remettre, c'est donner en quelque manière. Aussi l' Apôtre appelle-t-il la rémission une donation. " Faites-vous mutuellement donation (de vos torts), comme le Christ vous en fait donation . " (Ephésiens IV, 32) 

D'où il ressort que la miséricorde n'abolit pas la justice, qu'elle est au contraire une plénitude et surabondance de justice .  Il est dit (Jacques, II, 13 ) que " la miséricorde est le comble de la justice ". "

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   Nous, nous sommes exigeants, durs, sans miséricorde. Pas pour nous, pour les autres.

Notre joug à nous , n'est pas doux, ni notre fardeau léger: j'entends celui que nous mettons sur les épaules des autres. Notre coeur à nous, souvent, lorsqu'il s'agit de commander aux autres, de leur assigner leur tâche, de leur demander compte de ce qu'ils ont fait, n'est ni humble , ni doux .

Nous disons volontiers ;" Marche donc, mauvais serviteur et paresseux . "

Et si nous ne le disons pas toujours en face, n'osant point, nous le disons à part nous, ou à d'autres en secret. Mais il est rare que nous disions comme notre Père :" Fais de ton mieux avec fidélité, et je serai content. " Lui, notre Père, il regarde le coeur et non point le travail.

Et pour être durs à l'égard de nos frères en nos exigences, il n'est même pas besoin que nous ayons autorité sur eux .

RP Lemonnyer OP

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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