nos saints anges, priez pour nous.

Publié le 23 Août 2017

" Bénissez Dieu, vous ses anges, qui êtes puissants et forts, et qui exécutez ses ordres, en obéissant à la voix de sa parole."

ps. CIII hebr. V,20

 

   Le fondement de notre relation aux saints anges et de la dévotion que nous leur devons est dans l'économie du royaume de Dieu qui nous réunit les uns et les autres, d'une certaine manière, en une seule Eglise.  Ce n'est pas que les anges fassent partie au même titre que nous de l'Eglise militante de la terre; ce n'est pas même qu'ils reçoivent leur vie divine, comme nous, de Jésus et de la croix de Jésus.

   Mais il ne faut pas oublier tout d'abord que, dans le ciel, il se forme une seule Eglise de tous ceux qui vivent pareillement la vie des amis de Dieu: les anges font partie au même titre que les hommes de ce royaume des saints du Très-Haut dont parle le prophète Daniel (ch. VII).

Il y a plus: même si nous envisageons la société chrétienne, le royaume que le Christ s'est acquis par la croix, il est encore vrai de dire que les anges en font partie avec nous. 

Certes, ils n'ont pas été, comme nous, rachetés par la croix du Christ; mais ils doivent à cette croix une nouvelle et sainte fonction, un ministère qui les ennoblit :"  Ils sont tous des esprits au service, dit l'épître aux Hébreux, envoyés comme serviteurs pour le bien de ceux qui doivent recevoir l'héritage du salut " (Hebr. I,14)  En raison de ce ministère qu'ils ont mission d'exercer auprès des rachetés de Jésus, les saints anges tombent , pour ainsi dire, sous l'influence du Christ, seul médiateur de la nouvelle économie de grâce; car c'est de lui qu'ils tiennent la grâce de ce nouveau ministère.

   A ce titre, ils sont assumés et incorporés dans le royaume du Christ , qui est l'Eglise: ils ont leur place dans cette économie de la grâce chrétienne dont le Christ est la source, le Principe et le chef; ils font partie de la société chrétienne au titre d' "esprits au service "; on peut même dire qu'ils font partie, à ce point de vue, de l'Eglise militante, un peu comme des soldats d'une autre nationalité, combattant au compte d'un pays qui n'est pas le leur, font en toute vérité partie de l'armée de ce pays et reçoivent , pour la lutte commune, l'impulsion de son chef.

Aussi saint Thomas n'hésite-t-il pas à dire que les anges font partie avec nous du corps mystique du Christ et de l'Eglise.  et Bossuet écrit magnifiquement :" Toutes les créatures visibles et invisibles sont quelque chose à l'Eglise.  Les anges sont ministres de son salut , et par l'Eglise se fait la recrue de leurs légions désolées par la désertion de Satan et de ses complices; mais dans cette recrue, ce n'est pas tant nous qui sommes incorporés aux anges que les anges qui viennent à notre unité, à cause de Jésus, notre commun chef, et plus le nôtre que le leur."

   Il suit de là que les anges sont nos frères dans l'ordre surnaturel, nos frères aînés: ils veillent sur nous, ils nous aident.

Nous, nous ne connaissons pas toute la beauté d'une âme en état de grâce, et saint Jean nous dit que notre qualité d'enfant de Dieu ne nous est pas encore tout entière connue  (I Joan III,2) eux, au contraire, voient toute la dignité d'une âme chrétienne. Eux qui servent Dieu en lui-même et l'adorent, ils le servent aussi en nous et l'y vénèrent profondément: et de même que la théologie est la science de Dieu et qu'elle reste science de Dieu quand elle s'occupe de la vie divine en nous, de même que la charité est une vertu théologale et qu'elle reste théologale lorsqu'elle aime la bonté de Dieu participée dans les hommes, de même les anges restent des adorateurs et des serviteurs de Dieu quand ils le vénèrent et le servent en nous.

   Ce sont des anges théologiens, ce sont des anges au coeur et au regard théologal, si l'on peut dire, que nous avons pour nous garder: car dans le " vas fictile " , dans la pauvre enveloppe de boue que nous sommes, ils gardent le trésor de la vie divine, ce germe caché de la gloire, qui est le gage de notre héritage céleste: ils sont en service " pour le bien de ceux qui doivent recevoir l'héritage du salut" .

Aussi Notre-Seigneur voulant condamner le scandale des petits et montrer la souveraine dignité de l'âme chrétienne, nous fait-il considérer que Dieu a commis à la garde de ces petits et de ces âmes un ange de sa cour céleste :" Prenez garde à ne pas dédaigner un seul de ces petits, car je vous déclare que leurs anges , dans les cieux, contemplent constamment la face de mon Père qui est dans les cieux". (Matt. XVIII,10)

Ce texte étonne parfois: on se demande quelle mystérieuse connexion exprime le " car " de Notre-Seigneur. Au sens littéral immédiat, cela revient à dire ceci : Ne méprisez pas ces petits, puisqu'ils sont si chers à Dieu que celui-ci a député à la garde de chacun d'eux un ange de sa cour . Mais Pie X ne demeurait-il pas dans la ligne et l'intention de cette parole du Christ quand, s'adressant aux petits enfants venus le remercier de leur avoir donné Jésus, il leur disait " Hélas! ces gardiens célestes, trop souvent , sont attristés et saisis d'horreur, quand ils découvrent , dans les âmes qui leur sont confiées, la dépravation et les souillures du péché. Les anges des enfants, au contraire, sans être jamais distraits, par leur sollicitude, de la vision bienheureuse de Dieu, qu'ils voient face à face dans son éternelle lumière, le retrouvent encore dans leur âme, où il se reflète, comme dans un miroir d'innocence, de pureté et de candeur. '

   Nous tenons ici un motif de beaucoup prier les saints anges, en même temps qu'une des raisons pour lesquelles nous les prions si peu. Nous avons très peu la notion, pourtant familière aux chrétiens des premiers âges et aux théologiens de race, de la beauté d'une âme amie de Dieu, et l'idée que, vraiment notre âme est un ciel dans lequel Dieu habite.

   Un des motifs qui reviennent souvent dans les anciennes inscriptions ou les textes primitifs du christianisme est le souci de "  garder brillant le sceau de son baptême", et l'on sait que plusieurs spirituels interprètent l'invocation du Pater: Notre Père, qui êtes aux cieux = dans le ciel de notre âme .

   Ainsi les anges, les "anges de la Face " , les " anges de la Présence " ne  quittent pas la face de Dieu pour s'occuper des chrétiens, car, dans l'âme de tout chrétien, il y a un reflet de la face de Dieu.

   Quant à nous, dans la mesure où nous prenons conscience de cette beauté de l'âme juste, dans la mesure où nous avons le sens des valeurs spirituelles, nous sommes pénétrés d'un immense désir de ne pas ternir l'image du Père en nous, nous sommes saisis d'une intense volonté de chasteté spirituelle, et nous nous prenons à aimer, à prier ces frères si purs, qui voient toujours la face de Dieu.

 

dominicus. 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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