14 ème Dimanche après la pentecôte : Dieu nous aime .

Publié le 9 Septembre 2017

"En reconnaissant que l’amour de Dieu est parmi nous, nous parvenons au cœur de la foi."

mgr Alain Castet .

"Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ?"

 

 

   " Pas un passereau ne tombe à terre sans l'aveu de votre Père céleste", dit Notre-Seigneur aux foules. Matth, X, 29. Dieu s'occupe de "vêtir les lys, il nourrit les oiseaux du ciel . ..." VI, 26,30 Et j'entends d'autre part que " pas un cheveu ne tombe de notre tête " Luc, XXI, 18  sans la volonté de Dieu.  C'est-à-dire que Dieu se soucie de tout dans notre vie, des plus petites choses comme des plus importantes.

Est-ce de la même façon que Dieu gouverne l'homme et la création matérielle?  Comment donc s'occupe-t-il d'un oiseau qui tombe, d'un lys qui s'épanouit, de l'herbe des champs qui pousse?  Evidemment c'est seulement par les lois générales - sauf que parfois il accomplira sur ces créatures inférieures des miracles en notre faveur.

Eh bien, la Providence nous traite-t-elle comme le lys, l'herbe des champs, le passereau en nous appliquant purement et simplement les lois générales? Et quelle idée nous faire du gouvernement particulier de chaque créature raisonnable, auquel nous croyons tous comme à un des dogmes les plus intéressants et les plus touchants de notre foi?

...

Le mot de lois générales semble bien froid; le coeur peut-il puiser dans la pensée de ce dogme joie, courage, force, amour?

   Je voudrais, si les créatures m'enveloppent, agissent sur moi sans cesse, si l'atmosphère me vivifie, si les étoiles me ravissent, si les aliments et les breuvages élaborés par la nature me nourrissent... avoir en même temps toujours affaire intimement à l'infinie sagesse, à l'infinie attention, à l'infinie puissance, à l'infini amour... Or, c'est précisément là ce que veut dire le Docteur Angélique quand, plusieurs fois, il se pose la question :" Dieu gouverne-t-il les créatures immédiatement

S'il s'agit, répond-il " de l'exécution de son gouvernement, Dieu se sert des créatures" : c'est-à-dire qu'il éclaire et réchauffe par le soleil, il tonne par la foudre... il féconde par la rosée, il nourrit par le pain et le vin...

   Il nous appelle ainsi à collaborer avec lui " non par défaut de puissance, mais par richesse de bonté, pour communiquer à ses créatures la dignité de la causalité. "  ' La perfection causale" comme parle encore saint Thomas, voilà une dignité dont il a voulu couronner toutes les créatures, même les plus petites.

   Et c'est l"homme surtout qu'il honore de cette perfection : l'homme qui peut savoir d'où il vient, où il va, savoir aussi le chemin, l'homme pleinement libre dans la collaboration que Dieu lui demande.

   Nous pouvons refuser cet honneur, Dieu atteindra son but quand même. Mais avec un ardent amour, nous devons au contraire, aider Dieu: Dei sumus adjutores, (I. Cor. III,) prendre conscience plus parfaite de ce rôle de collaborateur de la Providence et voir Dieu sous les causes secondes, sous les lois générales, à la grande différence des êtres inférieurs.

   Si l'astre savait sous quelle direction infiniment intelligente et puissante il chemine, comme il raconterait mieux encore les louanges de Dieu! - Si l'oiseau comprenait qui l'a construit, le fait respirer et vivre, comme il éclaterait mieux encore en joyeux chants ! - Si la plante savait de quelle main lui viennent la sève, la pluie, la rosée, la chaleur, si elle savait ce que c'est d'être nourrie par la vie infinie, comme elle envierait notre voix pour dire son bonheur!

   L'homme du moins sait cela et tant d'autres prodiges de Dieu. Il sait , ô Cause des causes, que vous êtes partout, toujours, sous les causes secondes, que vous leur donnez l'être, la vie. Elles sont des voiles qui vous cachent et en même temps vous proclament. Les lois qui régissent les mouvements immenses des astres sont révélatrices de votre immensité. Celles qui régissent les infiniment petits du monde des atomes, nous apprennent combien vous êtes pénétrante... Toutes nous disent que vous êtes la Sagesse, la Puissance... Combien nous disent que vous êtes l'Amour surtout à nous qui connaissons le mot de saint Jean :' Deus charitas est " !

   Présent dans tous les êtres et en moi-même, parce qu'il donne à toute cause d'être et d'être cause, parce qu'il est Cause des causes, Dieu est encore présent par " son plan de gouvernement qui est la Providence", ratio gubernationis quae est ipsa Providentia. Ce n'est pas un plan seulement spéculatif mais pratique, ce n'est pas un plan partiel , mais absolument universel. La divine Providence donne à toute chose : atome, soleil, ange et homme ... , sa règle physique ou morale, elle voit et fixe son but, elle lui imprime en tout la direction vers ce but.

   A ce point de vue le gouvernement de Dieu, affirme le Docteur Angélique est immédiat. Et il atteint en lui-même et ce grain de sable, et cet astre, et cet homme. Rien , absolument rien ne lui échappe. Dieu n'est pas comme ces prêteurs de Rome dont on disait qu'ils ne se souciaient pas des petites choses; De minimis non curat praetor. Il n'est pas comme les rois et les empereurs de partout, qui ne sauraient penser qu'à quelques-uns de leurs sujets, à quelques-unes de leurs affaires.

Ce ne sont pas les hommes en général qui sont sous cette direction infiniment puissante et sage, c'est chacun de nous.

   Nous vivons en elle. Cela est vrai déjà des lois générales elles-mêmes, nous avons dans ces lois, la vie, le mouvement, l'être. Mais comme cela est infiniment plus vrai de Dieu: la vie infinie, l'activité infinie, l'être infini!  Mieux que toutes les lois, il dirige toutes choses matérielles par les lois physiques. Et par les lois morales il dirige, il apprécie et juge tous nos actes.

   L'oeil de Dieu, infiniment vigilant et lumineux, se réfléchit dans notre conscience. Bien mieux : essentiellement distinct d'elle, il vit et palpite en elle.

...

    Nous devrions être extrêmement frappés par la création, la conservation, le concours de Dieu , toutes choses qui rentrent dans les lois générales. Et pour qui réfléchirait fortement, cette pensée serait effrayante, si elle n'était si ravissante: de songer que Dieu nous touche sans cesse, dans tout notre être, par son action.

Et présent par son action, il nous est présent aussi et par là même dans sa substance; car où est son action, là est l'infinie plénitude de sa vie , de ses mystères, de ses attributs.

 

 P. Charles Sauvé +

  

 

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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