de la charité.

Publié le 11 Septembre 2017

  

    La charité doit être universelle; elle ne doit pas connaître de bornes. Elle ne peut exclure personne sur la terre, dans le purgatoire et dans le ciel. Elle ne s'arrête que devant l'enfer. Il n'y a que les damnés que nous ne pouvons aimer, car ils ne sont plus capables de devenir enfants de Dieu, et il n'y a plus en eux la moindre velléité de relèvement: l'orgueil et la haine les empêchent de penser même à demander pardon.

    Mais en dehors du fait certain de  damnation - et qui pourrait être certain de la perte d'une âme ? - la charité est due à tous, elle ne connait d'autres limites que celles de l'amour qui est au coeur de Dieu.

     Pour être universelle, la charité ne demande cependant pas à être égale pour tous. Elle respecte et surélève l'ordre dicté par la nature. Nous devons aimer Dieu d''abord par-dessus tout, plus que nous-mêmes, au moins d'un amour d'estime (appreciative), et si nous n'éprouvons pas toujours pour lui l'élan sensible du coeur, l'intensité de notre amour pour lui doit incessamment grandir.

   Ensuite nous devons aimer notre âme, pour glorifier Dieu éternellement, puis notre prochain , et enfin notre corps, que nous devons sacrifier pour le salut d'une âme , surtout lorsque nous sommes tenus d'y pourvoir.

   Parmi le prochain, nous devons aimer davantage ceux qui sont meilleurs, plus près de Dieu, et ceux aussi qui nous sont plus proches, par le sang, l'alliance, la vocation ou l'amitié. Plus une âme est près de Dieu, plus elle mérite notre estime. Plus elle est près de nous, plus senti est notre amour pour elle, et plus complet doit être notre dévouement, en ce qui touche la famille, la patrie, la vocation ou l'amitié.

   Tel est l'ordre de la charité: Dieu veut régner dans notre coeur, mais il n'exclut aucune affection qui peut se subordonner à la sienne, au contraire, il l'élève, la vivifie, la rend plus noble et plus généreuse. C'est ainsi que nous devons aimer même les ennemis de l'Eglise, prier pour eux; mais , sous prétexte de miséricorde, ce serait renverser l'ordre de la charité d'aimer plus les ennemis de l'Eglise que certains de ses fils qui travaillent à nos côtés et dont nous sommes peut-être jaloux.

   Enfin, comme l'amour de Dieu, la charité fraternelle doit être non seulement affective, mais effective et agissante, non seulement bienveillante, mais bienfaisante. Notre Seigneur nous a dit :" Aimez-vous comme je vous ai aimés. " il nous a aimés jusqu'à la mort de la Croix; les saints l'ont imité, leur vie est un acte continuel de charité rayonnante, qui donne la paix et une sainte joie. Telle est la charité fraternelle, extension de celle que nous devons avoir pour Dieu.

 

   Comment pratiquer cette charité fraternelle?

 

   Les occasions d'y manquer ne font pas défaut, même dans des milieux très chrétiens, où , à côté d'admirables vertus, il faut bien constater de réelles infirmités morales. Et même si tous les défauts étaient supprimés, les occasions de heurt et de froissement subsisteraient du fait de la diversité des tempéraments, des caractères, des aptitudes intellectuelles qui orientent celui-ci vers la spéculation, cet autre vers la pratique, qui ouvrent à celui-ci les plus grands aperçus, qui rendent cet autre plus attentif aux détails qu'à l'ensemble .

   Les occasions de  conflit naissent aussi sous l'influence de celui qui se plaît à diviser pour entraver l'oeuvre de Dieu, pour empêcher surtout les choses les plus hautes, les plus divines et les plus belles. Ce n'est qu'au ciel que toute occasion de conflit disparaîtra, parce qu'au ciel tous les bienheureux voient dans le Verbe à la lumière divine tout ce qu'ils doivent désirer et vouloir.

   Au milieu de tant de difficultés de tous genres, comment pratiquer la charité fraternelle?

De deux façons.

   Premièrement par la bienveillance, en voyant le prochain à la lumière de la foi, pour découvrir en lui la vie de la grâce, ou du moins les aspirations à cette vie; secondement par la bienfaisance, en rendant service, en supportant aussi les défauts d'autrui, en rendant même le bien pour le mal, en évitant la jalousie, et en demandant souvent à Dieu l'union des esprits et des coeurs.

   Tout d'abord la bienveillance.

   Il faut avoir l'oeil pur et attentif pour voir dans le prochain , parfois sous une enveloppe épaisse et opaque, la vie divine ou les aspirations latentes à cette vie, qui sont le fruit des grâces actuelles prévenantes que tout homme reçoit un jour l'autre. Pour voir l'âme du prochain, il faut être détaché de soi-même.

   Souvent ce qui en lui nous impatiente ou nous irrite, ce ne sont pas des fautes graves aux yeux de Dieu , ce sont des défauts de tempérament ou des travers de caractère qui peuvent subsister malgré une réelle vertu. Nous supporterions peut-être assez facilement des pécheurs très éloignés de Dieu, mais naturellement aimables, tandis que des âmes assez avancées sont parfois pour nous très exerçantes. Il faut donc être attentif à regarder les personnes avec lesquelles nous vivons à la lumière de la foi, pour découvrir en elles ce qui plaît à Dieu, pour les aimer comme il les aime.

   Or ce qui s'oppose à cette bienveillance, c'est le jugement téméraire, qui n'est pas une simple impression, mais consiste à affirmer le mal sur un léger indice du mal. On voit deux et l'on affirme quatre, et cela généralement par orgueil.

    Si c'est pleinement délibéré et consenti en matière grave, ce jugement est un manquement grave à la justice et à la charité.

   On manque ainsi à la justice parce que le prochain a droit à sa bonne réputation , et, après le droit de faire son devoir, c'est un des plus sacrés, beaucoup plus que le droit de propriété.

   Bien des personnes, qui ne voudraient jamais voler vingt francs , volent au prochain sa bonne réputation par des jugements téméraires sans aucun fondement. Le plus souvent le jugement téméraire est faux ; comment juger avec vérité les intentions intérieures d'une personne dont nous ignorons les doutes, les erreurs, les difficultés, les tentations, les bons désirs, les repentirs? Et même si le jugement téméraire est vrai, il reste un manque à la justice, parce que en le portant on s'arroge avec une juridiction qu'on n'a pas: Dieu seul peut juger des intentions des coeurs, tant qu'elles ne sont pas suffisamment manifestées.

   Le jugement téméraire est aussi un manque à la charité, car il procède de la malveillance. , bien qu'il soit souvent formulé avec le masque de la bienveillance, à la suite de quelques éloges superficiels, qui amène un mais caractéristique.  Au lieu de voir dans le prochain un frère, on voit en lui un adversaire ou un rival à supplanter. C'est pourquoi Notre-Seigneur nous dit (Matthieu VII, I)" Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car selon ce que vous aurez jugé, on vous jugera, et de la même mesure dont vous aurez mesuré, on vous mesurera. Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans le tien? "

   Et donc, pour réprimer le jugement téméraire, il faut nous habituer à voir le prochain à la lumière de la foi.

   Il faut aussi l'aimer véritablement, efficacement, pratiquement, avoir pour lui une charité non seulement bienveillante, mais bienfaisante.  -

Comment ?

   En rendant service, lorsqu'on nous le demande, et lorsque la chose nous est possible. En supportant aussi les défauts du prochain ce qui est une manière de lui rendre service et de l'amener peu à peu à se corriger .

A ce point de vue rappelons-nous que ce qui nous impatiente souvent le plus dans le prochain, ce ne sont pas des fautes graves aux yeux de Dieu, mais des défauts de tempérament, par exemple une certaine nervosité, qui lui fait fermer brusquement les portes, une certaine étroitesse de jugement, un manque d'à-propos assez fréquent, certaine manie de se mettre en avant et autres défauts de ce genre.

   Supportons-nous mutuellement dans la charité, sans nous irriter d'un mal permis par Dieu pour humilier celui-ci et exercer cet autre; que notre zèle ne tourne pas à l'amertume, et en nous plaignant des autres n'arrivons pas à nous persuader que nous avons réalisé l'idéal. Ne faisons pas la prière du pharisien.

...

   Il faut se supporter ,  éviter la jalousie, mais il faut rendre le bien pour le mal, par la prière, le bon exemple , par l'assistance mutuelle. On dit qu'un des moyens de s'attirer les bonnes grâces de sainte Thérèse était de lui faire de la peine. Elle pratiquait le conseil de Notre-Seigneur :" Si l'on veut te prendre ta tunique, donne aussi ton manteau." La prière pour le prochain au moment où nous avons à souffrir de lui est particulièrement efficace, telle la prière de Saint Etienne premier martyr pour ses bourreaux, et celle de saint Pierre martyr pour celui qui lui donna la mort.

....

rp Garrigou - Lagrange. op + ...

nb.: quand vous êtes pendant des mois , des ans,  sans que jamais personne ne vous demande une seule fois, même  comment vous allez , si vous avez besoin de quelque chose, si vous êtes en bonne santé..  jamais vous appeler (sauf un )

= charité affective

quand vous apprenez que des jeunes se marient que vous avez estimés beaucoup pourtant, certains suivis et même encouragés,  pas un message sur facebook, pas même un seul  faire - part  (on ne demande même pas d'être des invités..)  = charité affective.

quand vous insérez quelqu'un dans une entreprise parce qu'il n'avait plus de boulot, que vous êtes allé pleurer pour lui,   et qu'après vous n'existez même plus, (on est vite très vite remplacé!)  = charité affective...

et tous ces braves gens vont vous faire leur sainte morale ". à côté d'admirables vertus, il faut bien constater de réelles infirmités morales."  oui ce qu'on se disait avec un prêtre de tous ces milieux.. 

que l'on vous sait surtout très seul et jamais une seule invitation, = charité affective...

etc.... .

alors je regardais le forum catholique, 

je me disais en moi-même , oui la rentrée est vraiment morose!  le monde est vraiment malade!

un seul merci de Vadim Volkov et des autres,  pour la pub, ça fait quand même plaisir un rayon de soleil dans ce drôle de monde.  des êtres humains.. enfin !

 

 

 

 

  

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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