mystique de l'Avent (2)

Publié le 25 Novembre 2017

  

  

 

    Comment dans ces conditions lui rendre le culte vrai, digne de lui, auquel il a un droit rigoureux? Comment pratiquer la vertu dans une société où tout portait au mal, les exemples, les enseignements, les moeurs sociales, l'atmosphère qu'on respirait ?

   Nous savons bien que Dieu donne à tous les hommes, quels qu'ils soient, les moyens d'atteindre leur fin surnaturelle. Mais au-dessus du minimum strictement nécessaire que sa Providence ne peut refuser à personne, il y a des degrés dans l'abondance de ses libéralités. Il était donc bien difficile de se sauver chez les peuples païens de l'antiquité comme il l'est, du reste, aujourd'hui dans les milieux où n'a pas pénétré la grâce de l'Evangile.

   Que serait devenue notre âme si nous avions vécu à ces époques et chez ces peuples? 

    Heureusement pour nous, en vertu d'une prédestination toute miséricordieuse, nous sommes venus dans un temps et dans une société où surabondent les bienfaits surnaturels de la Rédemption. Nous avons toutes sortes de moyens aujourd'hui de connaître Dieu, de l'aimer, de nous unir à lui pour le temps et pour l'éternité. Nous ne savons pas assez reconnaître cet amour de prédilection dont nous avons été l'objet. Assueta vilescunt, disait saint Augustin. Comme c'est vrai ! L'accoutumance voile à nos regards la valeur des plus grands biens. Parce que dès notre naissance nous nous sommes trouvés en plein surnaturel et que toujours nous avons continué d'y vivre, nous finissons par en oublier ou méconnaître le prix. Il nous faut secouer le joug de l'habitude, méditer sur la bonté de Dieu à notre égard et le remercier de tout notre coeur de nous avoir placés sous le règne de la grâce, en pleine lumière évangélique.

   C'est le second avènement, conséquence et fruit du premier.

   Il est donc également contenu et signifié dans la liturgie de l'Avent. Pas un texte, pas une cérémonie qui ne s'y rapporte directement ou implicitement comme au terme unique, - le seul digne de nos aspirations , - vers lequel nous devons tendre de toutes nos forces. La sainte Eglise nous le présente sous des couleurs destinées à nous en donner une haute estime et à nous le faire vivement désirer. Comme on l'a déjà vu, par certains textes cités plus haut, une image revient fréquemment : celle de la lumière.

   Le règne du Messie, en effet, inondera le monde de divines clartés qui leur montreront dans sa splendeur la Vérité éternelle.

" Le Seigneur viendra dans sa force et il illuminera les yeux de ses serviteurs. "

" Eclairez les ténèbres de nos âmes par la grâce de votre visite. "

" La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des oeuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. "

Lumière purificatrice puisqu'elle dissipe les oeuvres de ténèbres, c'est-à-dire toute erreur, celle de la volonté comme celle de l'esprit.

" Seigneur, réveillez nos coeurs afin qu'ils préparent la voie de votre Fils unique et que nous méritions de vous servir avec des âmes purifiées..."

   Lumière dont le premier fruit sera la paix.

Nous avons cité plus haut un passage d'Isaïe qui n'a  évidemment qu'une signification symbolique, mais combien expressive et éloquente! Il nous montre, vivant ensemble dans la plus étonnante concorde, les animaux les plus opposés par leurs moeurs et par leur instinct. C'est ainsi que la grâce du Messie, partout où elle exercera définitivement son action, partout où les hommes consentiront à se soumettre à son influence, affaiblira ou supprimera les vraies causes de la guerre - prise, bien entendu, dans son sens le plus général - pour établir à sa place le règne de la fraternité et de la charité.

(à suivre. )

 

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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