Temps de la Passion .

Publié le 18 Mars 2018

 

Vexilla
regis prodeunt

fulget Crucis mysterium,

quo carne carnis conditor

suspensus est patibulo.



Confixa clavis viscera

tendens manus, vestigia,

redemptionis gratia

hic immolata est hostia.



Quo vulneratus insuper

mucrone diro lanceae,

ut nos lavaret crimine,

manavit unda et sanguine.


 

   Il est clair que dans l'agonie, la tristesse du Sauveur ne vient pas uniquement de la peur de la mort. Toute la Passion alors l'accable. De même que pendant les trois heures de la crucifixion, les maux de tous les temps sont présents à son esprit et à son coeur.

   Au jardin des Oliviers, nous assistons à la rencontre de Jésus avec la mort, avec les angoisses qui accompagnent cette suprême séparation. Son âme est en présence de ce mal redoutable.

   Pour tout homme la mort est un mal, car il est immortel. Son corps est uni substantiellement à son âme. Il partage ses aspirations. Il épouse son désir d'immortalité. Dans toutes ses affections et ses actions, l'homme , parce qu'il est un esprit met quelque chose d'éternel. Pourtant le sceptre de la mort ne le quitte pas . Il sait que tout ici-bas est voué au trépas. Celui-ci par sa présence obsédante, empoisonne toute son existence. S'il ne veut pas se berner d'illusion et vivre dans l'évasion , s'il a le courage de regarder en face la réalité, il doit penser sans cesse à cette issue fatale. Et plus il est spirituel, plus il tend à immortaliser ses oeuvres, plus aussi il a une conscience aigüe de ce terme inévitable. L'esprit, qui lui donne le sens des principes, de l'idéal, lui apporte aussi ce réalisme qui le défend contre le rêve.

   Notre-Seigneur a voulu prendre toutes nos morts. Par ses sciences infuses, il peut en déguster toutes les amertumes, par l'amour immense de son coeur, il peut se les approprier, les faire siennes.

    Jésus est l'Homme-Dieu. A ses yeux , la mort devient un mal encore plus épouvantable. Son corps est un corps divin. Par l'union hypostatique, il est dans une situation divine; il a droit à toute les prérogatives de la divinité.

   Nous devons l'adorer.

   Il a droit à l'immortalité; pourtant, il n'a pas un droit strict. Il est susceptible de ce privilège, mais grâce à ses dons prénaturels. Le corps du Christ, au contraire, y a droit en toute justice et il le désire d'une force puisée dans l'union hypostatique. C'est une souffrance humaine, la plus grande des souffrances humaines. Mais en Jésus, elle revêt une modalité divine. Nous ne pouvons en soupçonner l'intensité. La souffrance vient de la séparation. Cette division, en un sens, atteint le mystère de l'Union hypostatique.

   Après la Passion, ce pauvre corps exangue sera toujours uni au Verbe. Il sera toujours digne des mêmes hommages.

  

rp Thomas Philippe . op +

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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