loué soit à tout instant, Jésus au Saint- Sacrement . Pour la fête Dieu 2018

Publié le 31 Mai 2018

 

 

 

   L'Eglise catholique aime à chanter en face de ses tabernacles la parole de Moïse: "Il n'est pas de nation qui ait des dieux aussi proches que notre Dieu. "

   L'Eucharistie est, en effet un sacrement permanent: Notre-Seigneur y tient sa promesse de demeurer avec les siens ici-bas, même après son Ascension, jusqu'à la fin du monde . Il réalise ce qui est le propre de l'amitié, ce qui convient à plus forte raison aux membres d'un même corps par rapport à leur Chef: convivere, vivre ensemble.

   Sans doute , son corps est invisible et nous n'avons pas le contact sensible de son humanité. Les besoins de notre nature ne s'en trouvent pas frustrés pour autant, ni tout exercice de nos sens absent.  Nous voyons, nous sentons les dehors que Notre-Seigneur  emprunte pour nous livrer sa présence, les accidents qui le couvrent, de telle sorte que nous pouvons dire en toute vérité: Il est là ! Nous distinguons le moment où il commence à être sur l'autel. Il vient et il s'en va; on le porte ici, on le transporte là; on l'élève pour l'offrir à l'adoration des fidèles; on le donne en communion: ce sont pour nous autant de signes indicateurs de sa présence . Nous en avons un autre dans la lampe qui se consume devant le tabernacle. Une église où il réside ne nous apparaît plus un édifice vulgaire. Il est possible d'y venir pour le rencontrer, demeurer et s'agenouiller devant lui; on a le sentiment qu'on entre dans la maison d'un ami tout aimant et qu'on le quitte en sortant du temple. Apercevoir même à distance le toit où le clocher d'une église où se trouve le Saint-Sacrement imprime révérence à un coeur catholique et l'élève dans une fervente adoration.

   Peu importe donc que nos sens ne perçoivent pas les apparences humaines du Christ. Il y a dans le voile qui le couvre une merveilleuse invention divine pour nous assurer sa présence, sans qu'il n'ait à quitter le ciel; pour le multiplier dans tous les lieux du monde; pour l'adapter aux exigences de notre foi et de notre condition humaine. " Ce que l'on voit, ce que l'on palpe, a dit un auteur, devient vite banal et bientôt cesse d'exciter notre émotion. Un visage, une scène, quelque beaux, quelques frappants qu'ils puissent  être, perdent bien vite leur pouvoir de stimuler nos facultés quand celles-ci y sont habituées .

   Dans le Saint-Sacrement, il n'y a pas de visage apparent, de personnalité tangible; mais il y a la présence de l'invisible; une présence qui émeut en nous quelque chose de plus profond que les sens; une présence affirmée par la plus puissante des forces de l'âme, la plus perspicace de  toutes nos méthodes de perception, la foi surnaturelle d'un coeur vraiment chrétien. ", une présence capable de provoquer nos hommages et nos prières, de nous faire vivre dans l'intimité la plus attentive et la plus affectueuse avec Jésus, d'entretenir une étroite communauté de vie entre le Chef du Corps mystique et ses membres.

   Voilà bien , comme le dit Bossuet , " le Christ répandu et communiqué " dans son Corps mystique.

   Sans doute la substance de l'Homme-Dieu disparait de la poitrine des communiants avec les divines espèces; mais alors elle a joué son rôle , elle a rempli leur âme de grâce, et le Chef demeure néanmoins dans ses membres pour y achever ce que symbolise l'Eucharistie, y assurer la mise en pratique des leçons d l'Hostie, pour vivre, mourir, se donner en eux et se les assimiler complètement, en attendant le ciel dont l'Hostie leur est un gage, et où les espèces sacramentelles écartées, ils verront, ils entendront, ils mangeront, ils boiront le Verbe. En même temps il les unit ici-bas entre eux; il les rattache étroitement à la hiérarchie, à ses membres souffrants ou glorieux , à la Bienheureuse Vierge Marie et aux Saints. En Lui, tous ne font qu'un seul Christ.

   Ainsi la Sagesse divine met la dernière main à son oeuvre, et se poursuit, tout le long des siècles, la génération des fils adoptifs de Dieu, ou plutôt la génération complète et finale du Christ intégré dans ses membres, le suprême effort de la Paternité divine.

 

Mgr R . Mignen.

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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