"Mon Dieu, donnez-nous beaucoup de prêtres, de saints prêtres. "

Publié le 18 Juin 2018

    Le sacrement de l' Ordre fait croître la grâce sanctifiante, la charité, toutes les vertus infuses, tous les dons du Saint-Esprit; en même temps, les vertus et les dons particulièrement utiles dans l'exercice du ministère acquièrent un empire spécial, avec un droit plus strict aux grâces actuelles qui les mettront en oeuvre le moment venu. Ainsi, par cette double action, la perfection de l'ordinand grandit et se fait sacerdotale.

   Toutes ses vertus progressent, et en ce fond par où elles s'enracinent dans la charité, elles progressent toutes également. Mais parmi elles ses vertus professionnelles de demain, les vertus professionnelles du prêtre prennent dans son âme une importance à part. Si elles demeurent groupées autour de la charité et sous sa dépendance, elles se trouvent associées à sa prépondérance. C'est autour d'elles, comme autour de centres de cristallisation , que se dispose et s'organise tout l'organisme spirituel. Elles rayonnent sur toutes ses parties, y exercent leur influence et en inspirent l'activité. Elles y sont dominantes.

   C'est principalement à la vertu de religion et au don annexe de piété que l'Ordre donne cette prééminence. Il porte le prêtre qu'il consacre à rendre hommage à la transcendance infinie du Très-Haut et à pénétrer cet hommage d'affection filiale; à s'acquitter de ses fonctions cultuelles avec tendre révérence intérieure et grand soin extérieur; à s'appliquer aux oeuvres de zèle comme à un service du Bon Dieu; à se donner d'un prompt et cordial vouloir à tout son ministère, imitant la dévotion aimante avec laquelle le Christ s'offrit à tous les desseins de son Père jusqu'à la mort et à la mort de la Croix. L'énergie maîtresse de la grâce des ordinations est une énergie de vraie dévotion et de vraie piété, de dévouement religieux à Dieu et d'affection filiale à son égard. D'autres énergies la complètent, moins caractéristiques, moins faciles à analyser, moins dominantes , semble-t-il, mais cependant fort efficaces encore, énergies de foi, de prudence, de zèle.  Et toutes ces forces, bien articulées entre elles, et bien reliées les unes aux autres, permettent au prêtre fidèle d'accomplir vertueusement en l'esprit de Jésus tout  ce que le caractère sacerdotal lui permet d'accomplir validement en sa puissance.

   A la messe, par exemple, elles le font communier d'une façon intime à l'adoration profonde, à la prière ardente du Divin Crucifié; elles dilatent son pauvre coeur d'homme au point qu'il peut y recueillir, pour les présenter à Dieu, tous les hommages des créatures, toutes les intentions de l'Eglise, toute l'allégresse des saints, toutes les larmes des pécheurs.

   Au tribunal de la Pénitence, elles lui donnent d'unir à la haine du mal, à la tristesse de l'offense faite à Dieu, la compassion du Bon Pasteur pour les coupables :" Femme , je ne te condamnerai pas non plus ; va désormais ne pèche plus " (Jean VIII, II).

    Ainsi soutenu, il trouve dans l'exercice de son ministère un puissant moyen de sanctification personnelle :" la célébration des saints mystères est utile aux bons prêtres au delà de toute expression", notait Jeannelin, abbé de Fécamp; et c'est durant sa première messe que saint Jean de la Croix fut confirmé en grâce. Ainsi soutenu, il ajoute aussi pour les âmes - et c'est là une singulière grandeur - le fruit de sa propre dévotion au fruit du sacrifice même du Christ. Les foules le comprenaient bien , qui se pressaient à la messe de saint Vincent Ferrier ou du Curé d'Ars.

   Telle est la grâce, l'insigne grâce du sacrement de l'Ordre.

RP Périnelle op +

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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