"portez les fardeaux les uns des autres " l'enfance.

Publié le 6 Septembre 2018

   L'enfant n'est-il pas appelé à devenir le signe sensible et immortel du don sans réserve?

   La charge qu'il impose au ménage stabilisera le navire en marche vers des cieux nouveaux. Sa venue sera saluée avec transport. Pour lui faire accueil, les âmes battront à l'unisson. Après avoir concentré sur son petit corps fragile les ravissements du père et de la mère, il deviendra leur principal souci, le sujet de causeries interminables, le point de rencontre et de fusion des travaux de l'un et des sacrifices de l'autre.

   Bientôt cependant l'enfant grandit. - toujours trop tôt au gré de la maman, - tandis que d'autres petits frères ou d'autres petites soeurs se succèdent dans le berceau à roulettes de bois, garni de dentelles et de rubans bleus. La charité, qui ne saurait oublier les droits de Dieu, réclame pour le Père céleste le premier balbutiement de ses lèvres innocentes, le premier éveil de sa raison.

   Jésus, le petit Jésus , le sage enfant de Nazareth, devient ainsi de bonne heure l'invisible compagnon et l'inévitable témoin du petit chrétien, qui commence à faire, sous le regard de sa mère, la découverte du double monde et de la nature et de la foi.

   Hélas! ce petit chrétien, rempli de défauts mignons, doit tout apprendre pour vivre dans la rectitude et dans la lumière. Ses jeunes parents ne l'oublieront pas. A leurs yeux, l'enfant, investi par le baptême d'une dignité divine, ne saurait être le jouet d'un amour capricieux et sot. Dépôt précieux confié à leur sagesse non moins qu'à leur tendresse, il s'agira de le préserver contre les influences perverses embusquées autour du foyer. Une vigilance attentive et un dévouement inlassable devront accompagner ses progrès, exciter son ardeur, combattre ses mauvais penchants, favoriser ses bonnes dispositions, encourager son jeune enthousiasme. En un mot, l'élever.

   Les vertus ne s'acquièrent qu'au prix de recommencements sans fin. Il y aura des moments où, conscients de leur autorité, les parents se verront tenus de résister à des larmes, à des intimidations, voire à des trépignements de colère. La charité leur apprendra à posséder d'une main ferme, sans emportement ni faiblesse, les rênes du gouvernement.

   Lorsque l'éducation se sera attachée à la préservation morale et à la correction des défauts, elle ne s'en tiendra cependant pas encore pour satisfaite. Corriger un enfant des écarts qui contreviennent le plus désagréablement au " bon usage  ", c'est quelque chose. Mais enfin, il faut surtout le préparer à mener vaillamment les beaux combats de la vie. N'oublions pas que les " bons petits ", que nous regardons avec fierté, sont destinés à porter un jour de lourdes responsabilités. Ils ont besoin qu'on les prépare à occuper, - ne disons pas une situation brillante, ce serait prétentieux et vain , - mais un de ces postes avancés, où l'on sert Dieu de tout son coeur , de toutes ses forces, et où l'on travaille efficacement au bonheur de ses frères.

   Il va s'en dire que toutes ces leçons s'enseigneront surtout par l'exemple. Exiger la fidélité au travail, la probité, la générosité, quand on n'est soi-même préoccupé que de son plaisir et que l'on ne répugne pas à suivre des voies tortueuses, autant prêcher dans le désert. Les enfants ont vite fait de démasquer les paroles hypocrites. Ils ne se laissent gagner que par les convictions sincères. Heureux seront-ils si, pour s'encourager à pratiquer la modestie, la justice, le dévouement, la bonté sous toutes ses formes, il leur suffit d'évoquer l'image chérie de leurs parents.

   Spectateurs quotidiens de leurs vertus domestiques, insensiblement ils se créeront des habitudes analogues. Leur exemple s'imposera à leur âme, comme un programme d'honneur, auquel il est impossible de se dérober sans forfaiture. Ne concevant pas que l'on puisse vivre autrement que les modèles contemplés si longtemps de leur jeune regard, l'idée de certaines bassesses ou de certains calculs leur paraîtra à peine concevable. Ils sentiront que leur devoir est de se hausser jusqu'à l'idéal de la vie chrétienne qui leur fut si tendrement présenté. Aux moments difficiles, quand il s'agira de tendre leur volonté, de durcir leur coeur, de résister à la tentation du découragement, ils puiseront dans les beaux souvenirs de leur enfance la force nécessaire pour triompher de tous les obstacles. Et le jour où , à leur tour, il leur sera donné de fonder un foyer, tout naturellement ils auront à coeur de suivre fidèlement les leçons de la maison natale.

   Ainsi se forme la continuité de la famille. Le plus beau patrimoine qui se puisse transmettre à des enfants est ce lot de généreuses pensées, cette image d'intégrité et d'honneur appelée à revivre de génération en génération sous les traits du visage paternel. En fin de compte, pour achever son oeuvre, la charité se fera donc gardienne des traditions vénérables. La noblesse qu'elle confère de la sorte, aux plus modestes comme aux plus grands, l'emporte sur tout autre. Tout y est vrai, solide, digne et désintéressé.

La seule fierté qu'elle inspire est d'appartenir à une souche où le Bon Dieu est premier servi.

rp Braun op+ 

heureux ceux qui en ont eue ! y a peut-être un bureau de réclamations, au ciel , qui sait !

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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