en souvenir de mon baptême . 18 Octobre

Publié le 17 Octobre 2018

 

 

 

" Avec le Christ  le métier d'homme déchu est un métier splendide. "

 

    Notre Grâce est chrétienne, c'est-à-dire que la vie divine découle en nous de la plénitude du Christ Sauveur.

   Au baptême, nous revêtons le Seigneur, en même temps que nous obtenons participation à la vie de la Bienheureuse Trinité.

   Nous avons un Modèle, une Image de Dieu exacte, qui seule peut dire en vérité :" Qui me voit, voit mon Père", une incarnation authentique de la pensée créatrice sur les hommes. Le Christ. Il faut mettre nos pas dans ses pas. Au baptême, nous revêtons Celui qui donne la vie à chacun des membres de son Corps Mystique: prise de possession intérieure. Mais celui-là est venu sur terre, a vécu une existence charnelle: de l'extérieur cette fois, il nous invite à faire comme lui. Tel est le monde providentiel de la présentation et de l'épanouissement de la vie de Dieu ici-bas. Un état chrétien.

   Alors, tout doit nous configurer au Christ. Toute matière humaine, même rebelle, en  est capable si on l'y fait servir . Une portée nouvelle est ainsi dévolue à l'ascèse. " Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il prenne sa croix... "  Le Sauveur a expié les péchés du monde, et l'impassibilité de la gloire est désormais son vêtement. Nous y parviendrons aussi, mais il faut d'abord que nous soyons devenus conformes à ses souffrances.  Le chrétien doit imiter Jésus intégralement. Et voici que les oeuvres de l'ascèse le lui permettent. " Prendre sa croix"  ne veut pas dire seulement affliger son corps ou son esprit de mortifications surérogatoires. " Prendre sa croix " , cela signifie : se prendre tout soi-même, avec les suites du péché de nature et les stigmates  de ses péchés personnels , voir en tous ces appels de la déchéance une croix personnelle, et faire de cette croix - inévitablement mais acceptée - l'instrument de la libération. D'un gibet d'infamie le Crucifié a fait le signe de la Rédemption. Le chrétien est crucifié comme son Seigneur, crucifié à lui-même; et ce sont ses péchés, c'est le bois de la croix fait de sa misère, que la charité utilise et dont, en un mot , elle change le signe.

   Avons-nous assez compris cela ? On s'imagine que pour devenir conforme aux souffrances du Christ, il faut pratiquer les héroïques exercices de la mortification, alors qu'il s'agit tout banalement, tout quotidiennement de faire mourir son amour-propre et d'éduquer, dans la joie et dans la peine, ces passions humaines que la vie de Dieu veut pénétrer jusqu'au ressort le plus intime de leur énergie.

   Non seulement rien n'est perdu, mais tout nous sert, même ce que les "honnêtes gens " et les sages de ce monde appelleraient le déchet de nos vies, l'inévitable part du feu. " Avec le Christ disait un jour le P. Sertillanges, le métier d'homme déchu est un métier splendide. "

   Plus beau encore que nous ne l'imaginons présentement. Car le régime chrétien de la Rédemption au sein duquel se situe l'ascèse, donne à chacun de nos gestes non seulement une portée éternelle, mais une portée universelle.  Notre salut s'opère en "corps" chrétien, en Eglise, établis que nous sommes dans le domaine immense de la Communion des Saints. Par les mêmes actes qui nous libèrent de l'emprise du mal ou nous affermissent dans le bien, et par d'autres qui ne s'expliqueraient point peut-être si notre rédemption était individuelle, mais que suggère l'Esprit, nous poursuivons la Rédemption du monde.

   Le chrétien de l'humble réalité de chaque jour, aussi bien que le saint crucifié en sa chair, attire la grâce sur ses frères et , se substituant à eux, répare leurs misères. Ainsi la portée de notre labeur sanctifiant est immense. Nos actes comptent deux fois, parce que le signe de la Croix est sur eux.

rp Carré op +

  

 

 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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