Bonne et Sainte année avec les Rois ! en route! los vamos!

Publié le 1 Janvier 2019

 

¡Levántate!

 

    Nous avons la foi pour étoile, comme nous le rappelle la collecte de la messe. Une étoile, ce n'est pas le soleil qui chasse toutes les ténèbres et fait le jour, c'est le point lumineux qui brille au milieu de la nuit, qui se contente d'orienter, et, sans dissiper les ombres, de conduire à travers. Ainsi la foi nous montre la route, nous invite suavement au voyage, si nous voulons y prêter attention.

   Cette petite lumière surnaturelle, ne la traitons pas comme une de ces veilleuses nocturnes qui continuent de briller, sans que l'on y prenne garde; que l'on n'ose pas éteindre, car on sait qu'il sera bon peut-être de la retrouver ; mais devant laquelle on met un écran pour qu'elle ne gêne pas notre sommeil ou ne nous empêche pas de commettre nos actions dans les ténèbres.

   Bien d'autres que les mages virent aussi l'étoile et ne se soucièrent point de quitter leur pays et leurs habitudes. Ils se moquèrent de ces rêveurs qui partaient dans la direction de ce signe céleste, sans savoir où il les mènerait. Debout! Ce sont ces rêveurs qui ont raison. Partons dans la direction de l'étoile. Suivons la voie que nous indique notre foi chrétienne, quand par une inspiration de la grâce du Saint-Esprit elle brille plus vivement dans la nuit de notre âme.

   " Je ne sais quoi vous luit au-dedans, dit Bossuet: vous êtes dans les ténèbres et les amusements, ou peut-être dans la corruption du monde; tournez vers l'Orient où se lèvent les astres; tournez-vous à Jésus-Christ qui est à l'Orient, où se lève comme un bel astre l'amour de la vérité et de la vertu: vous ne savez encore ce que c'est, non plus que les mages, et vous savez seulement en confusion que cette nouvelle étoile vous mène au roi des Juifs, des vrais enfants de Juda et de Jacob; allez, marchez, imitez les mages." Nous avons vu son étoile et nous sommes venus". nous avons vu et nous sommes partis à l'instant. Pour aller où? Nous ne le savons pas encore; nous commençons par quitter notre patrie. Quittez le monde de même , le monde pour lequel la nouvelle étoile, la chaste inspiration qui vous ébranle le coeur, commence à vous inspirer un secret dégoût. Allez à Jérusalem; recevez les lumières de l'Eglise: vous y trouverez les docteurs qui vous interpréteront les prophéties, qui vous feront entendre les desseins de Dieu: et vous marcherez sûrement sous cette conduite".

   S'il est bon d'aller trouver les docteurs, pour qu'ils nous encouragent et nous expliquent notre route, quand la lumière nous est donnée, c'est surtout quand celle-ci disparaît et nous laisse parfois dans l'obscurité complète , qu'il faut recourir aux conseils de ceux que Dieu a établis pour enseigner et commander en son nom dans l'ordre du salut. Votre âme qui marchait  à la lumière de sa petite étoile se trouve soudain dans la nuit. Pas une clarté pour lui montrer le chemin. Elle ne sait plus où elle en est. Consultez les guides spirituels qui ont appris le plan de Dieu dans la conduite des âmes. Ils pourront vous renseigner sur la route à suivre. Obéissez humblement. Dieu récompensera bientôt votre docilité en vous montrant de nouveau sa lumière. Comme les mages, cheminant vers Bethléem, aperçurent tout à coup l'étoile au-dessus de la petite ville et ressentirent une grande allégresse, les âmes ont la joie quelque jour d'éprouver la conviction intime qu'elles sont dans le droit chemin. En vérité, pensent-elles, cette route où je m'en allais aveuglément par obéissance est la bonne voie, c'est le chemin qui conduit au divin Roi.

   Et si l'étoile projette son rayon de lumière sur une pauvre demeure, sur un enfant de misérable apparence, qu'importe? A la clarté de l'étoile et avec les yeux de la foi, l'âme voit au-delà des apparences . " Voyez, dit saint Bernard,  qu'elle est la pénétration des yeux de la foi! La foi reconnaît le Fils de Dieu à la mamelle, elle le reconnaît attaché à ce bois, elle le reconnaît jusque dans la mort. Le larron le reconnaît sur le gibet, les mages dans l'étable; celui-là malgré les clous qui l'attachent, ceux-ci à travers les langes qui l'enveloppent. "

   Cependant notre foi, plus ou moins vive , peut influencer plus ou moins notre conduite. Or à quelque degré de la vie spirituelle que nous nous trouvions, l'un ou l'autre des rois mages peut nous servir d'exemple.

   Celui-là, le plus jeune dans les images  traditionnelles, l'homme au visage noir, représente assez bien l'âme qui n'est pas encore débarrassée du péché. Il regarde de loin , serrant sa cassette bien fermée sur son coeur. C'est le commençant, sollicité de se convertir, de conformer sa vie à la foi qui l'éclaire. Il hésite à faire le pas décisif, à donner à Jésus ces trésors que des créatures séduisantes réclament de lui ou qu'il serait tenté de se réserver égoïstement. Enfin il cède à la grâce.

   Pour Notre-Seigneur il faut tout quitter et se quitter soi-même. Ne marchandons pas plus longtemps. Alors qu'il nous a tant aimé, ne l'aimerions-nous pas en retour?

Il n'a pas marchandé, lui. " Tandis qu'il subsistait dans la forme de Dieu, dit saint Paul, il ne s'attacha pas jalousement à l'égalité avec Dieu, mais il s'anéantit lui-même en prenant la forme de l'esclave, c'est-à-dire en devenant semblable aux hommes. Par tout ce qui paraissait de lui faisant l'impression d'être un homme, il s'humilia lui-même et se rendit obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix . "

   Les âmes en qui l'amour de Dieu a triomphé du péché et de ses convoitises et qui progressent dans la vertu trouvent leur modèle dans cet autre mage à la cassette entr'ouverte qui marche tout droit vers Notre-Seigneur. Il s'incline déjà, met un genou à terre et quitte sa couronne. Il faut faire l'effort pour avancer peu à peu,  à pas d'amour toujours plus grands. Celui-là est parvenu à l'âge mur. Ce n'est que tardivement, après avoir longuement persévéré dans l'effort, que l'on approche de la perfection.

   Il y est arrivé, ce troisième, le vieillard à cheveux blancs, à longue barbe blanche. Voyez-le, prosterné devant Jésus que Marie, siège de la divine Sagesse, lui présente et qui lui tend lui-même ses petits bras. De tous ses yeux le bon vieillard regarde le divin Enfant. De tout son coeur il lui baise les pieds.

   Ah! il est détaché de tous les biens d'ici-bas , comme le signifie cette couronne qu'il a déposée par terre! Il ne pense plus qu'à une chose, s'unir à Dieu toujours plus. Il n'a qu'un désir, mourir pour demeurer avec le Christ. C'est l'état des parfaits, tel que nous le décrit saint Thomas d'Aquin.

rp Joret op+

 

Rédigé par Philippe

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