David, un migrant pas ordinaire, catholique.

Publié le 26 Avril 2019

David, 32 ans, a fui la Guinée parce qu'il voulait se convertir au catholicisme. Réfugié en Sarthe, il raconte son incroyable périple où il a frôlé la mort à plusieurs reprises.

« C’est une voisine qui m’avait parlé de la religion catholique, ça m’a tout de suite fasciné. C’est alors que j’ai décidé de me convertir », raconte David sur un ton calme et bien posé.

L’homme de 32 ans vient de Guinée. Il est arrivé en France en 2017. Le 20 avril, comme trois autres adultes d’origine étrangère, il s’est baptiser par le père Bruno à l’église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe).

« J’ai été battu et jeté en prison »

En Guinée, la majeure partie de la population est de confession musulmane. « Lorsque j’ai annoncé à ma famille que je voulais quitter cette religion pour devenir catholique, elle l’a pris comme une véritable humiliation », se souvient avec douleur David.

Délicatement, il remonte sa manche et laisse découvrir des cicatrices sur son bras, stigmates de la violence qu’il a subi. « On m’a battu et jeté en prison pour ça ». David y restera durant deux mois.

Mais les conditions d’incarcération sont loin d’être les mêmes qu’en France. « On était entassés à plusieurs dans une cellule. » Les conditions d’hygiène sont déplorables. Il fait sombre. Son corps est recouvert de boutons. David tombe malade.

J’agonisais, les gardes ont vu que j’allais mourir.

Pour ne pas avoir à se charger de son cadavre, il est « jeté dans un caniveau en pleine nuit. C’est comme ça que j’ai pu sortir. Un ami est venu à mon secours et m’a soigné. C’est à cet instant que j’ai pris la décision de partir ».

Le jeune homme porte encore aujourd’hui les séquelles de ce passé tourmenté. « Quand j’adopte certaines positions, mon dos me fait souffrir », confie-t-il.

Sans la Croix-Rouge, je serais mort »

Commence alors un long et dangereux périple. De la Guinée, il parvient à rejoindre le Maroc en voiture.

On nous propose de traverser la Méditerranée, on nous dit qu’il faut seulement une heure, que c’est comme un jeu.

Sans crainte et n’ayant d’autres choix, il accepte. Mais avec « 300 € en poche, tu n’iras pas très loin », lui annonce le passeur. Jeune et seul, il a « la chance » d’être tout de même accepté à bord avec 32 autres migrants. Il est 4 h du matin.

Très vite, le Guinéen comprend que le canot pneumatique sur lequel il embarque ne tiendra pas longtemps face aux marées capricieuses de la Méditerranée.

Seul et ne sachant pas où loger, il se rapproche du père Bruno qui le conduit à l’abbaye de Solesmes. « C’est là que je loge en ce moment. » En contrepartie, David entretient l’église de Sablé et ses jardins.

Je n’ai pas pour ambition de fonder une famille. Je veux continuer à servir l’Eglise sans pour autant devenir moine. 

Un projet important l’anime, celui de fixer son expérience tragique dans un livre. « Je vais demander aux moines de corriger mon texte. J’aimerais même qu’il soit publié ». Une belle façon de catharsiser un passé douloureux qui le hante encore parfois.

actu.fr

 

 

Rédigé par Philippe

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