un historien raconte Fontgombault.

Publié le 12 Avril 2019

Une abbaye qui en a vu de toutes les couleurs

 

Quand Patrick Grosjean, historien et jadis professeur au lycée du Blanc, débute sa conférence, une bonne cinquantaine de personnes sont suspendues à ses lèvres. Ce monsieur aussi à l'aise qu'érudit va raconter pendant plus d'une heure l'histoire mouvementée de l'abbaye de Fontgombault de 1848 à 1948.

Trappistes agriculteurs

Un siècle seulement pour une succession d'affectations étonnantes. Une lithographie de 1848 signée Émile de la Tremblais donne une idée du piteux état de la bâtisse qu'un prêtre nommé Lenoir va se mettre à restaurer. Les trappistes arrivent donc en 1851. Ces trappistes agriculteurs ouvrent une colonie pénitentiaire en 78, avec une annexe au château de Cingé près de Bossay-sur-Claise. 295 enfants entre 8 et 16 ans y reçoivent une éducation stricte dans des conditions de vie spartiates.
Quand la colonie pénitentiaire ferme les moines se lancent dans le kirsch. Puis, en 1903, ils quittent l'abbaye pour s'établir en Amérique. Louis Bonjeau achète en 1905. Il y fonde une école de colonisation, puis un atelier de typo, puis un asile de fillettes infirmes, anormales et arriérées.
L'Ogresse de la Goutte d'Or y sévira jusqu'à ce qu'elle soit prise en flagrant délit d'infanticide par étranglement. En 1910, Louis Bonjeau se lance dans la fabrique de boutons de nacre et ce jusqu'en 1926. Fontgombault connaîtra une heure de gloire avec le grand meeting aérien de 1912 dont Patrick Grosjean montre des cartes postales.

Camp de prisonniers

En 1914-15, l'abbaye servira de camp de prisonniers allemands, puis d'hôpital militaire belge jusqu'en 1919. 6.000 blessés y seront soignés et seuls 40 sont morts. Puis l'abbaye retrouve sa destination religieuse avec le petit séminaire jusqu'en 1948. Les quatre dernières années elle sera en sus une école d'agriculture.

Après la fermeture, 22 moines venant de Solesmes s'y installent. Ils sont aujourd'hui 70. Mais ceci est une autre histoire.

Les auditeurs en sont restés ébaubis!

et les années florissantes de l'an 2000 mais comme dirait titus, ça c'est une longue histoire.

Rédigé par Philippe

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le petit placide 15/04/2019 10:46

ça a plu à l'abruti de service; qu'il sache que cela ne m'atteint plus du tout! pauvre homme !