Espana : vous avez la parole ! francisco Torres Garcia .

Publié le 22 Octobre 2019

 

 

" Arrêtez les bulldozers de la haine! "

 

Très éminents et très révérends cardinaux.

Excellences et Mgr les Évêques.

.....

 

Je ne veux pas m'arroger la représentation de qui que ce soit, bien qu'il n'y ait pas quelques catholiques espagnols qui partagent la même sensation. Une sensation qui a été aggravée par les événements de ces dernières semaines, surtout quand nous avons vu un évêque essayer, en échouant dans la Vérité, de recourir à la fausse ressource de ne pas s'y référer, alors qu'il était confessé en public, pour effacer la trace de l'ombre de la "culpabilité" dans ce qui va arriver ; soit par omission - je l'espère - et non par partage, par une prudence inexplicable et non par une connivence suicidaire pratiquée en silence. Vos Éminences et Mgr les Cardinaux, vos Excellences et Mgr les Évêques, celui qui écrit ceci n'a qu'une connaissance commune du péché, de sorte que de votre haut "magistère" vous savez où est la frontière fine entre une chose et l'autre.

Je ne vais pas vous dire que ce qui se passe et votre absence de réponse publique me poussera au scandale, il y a de nombreuses années consacrées à l'analyse de l'histoire récente de l'Espagne pour que la "politique épiscopale" puisse me surprendre ; mais il n'en est pas moins vrai - j'en suis sûr - que pour beaucoup de catholiques - pas pour tous, bien sûr - leur silence et l'attitude qui en découle équivalent à un consentement à faire scandale. L'équidistance, se mettre en profil, attendre que la tempête s'apaise et que le temps efface la mémoire n'est pas si étrange.

Vous, par votre silence, je ne dirai pas qu'avec les manœuvres de certains de vos membres dans les couloirs de Rome, vous avez abandonné un pauvre prieur qui, s'il y a une chose qui le caractérise, c'est de remplir la mission qui lui a été confiée. Ce n'est pas que vous n'y avez pas apporté le moindre soutien, c'est que même, par vos paroles, je l'espère inconsciemment, vous avez cherché à semer le doute parmi les catholiques sur votre attitude ou vous vous êtes réfugiés, comme l'a dit l'un de vos membres, dans l'appel rebattu que l'Église ne va pas entrer dans le débat politique, dans une question politique à laquelle elle voulait être amenée. Le problème, c'est que ce qui est débattu n'est pas une question politique.

Nous avons été témoins avec douleur, agacés par votre silence, de l'enlèvement de la Basilique de la Sainte Croix de la Vallée des Tombés, une considération accordée par Sa Sainteté Jean XXIII, Saint depuis 2013, par ordre du gouvernement avec force armée.

Nous avons assisté avec douleur, observant avec une profonde tristesse votre silence, pour empêcher les fidèles, avec des gardes armés, le passage à la Sainte Messe forçant le Très Révérend Père avant d'officier à l'air libre.

Nous avons été témoins avec douleur, sans la moindre protestation publique de votre part, de l'encerclement et de la pression gouvernementale sur la communauté bénédictine, retirant ou bloquant la subvention reçue de l'État pour le soutien de l'école et de la chorale. Quelque chose que plusieurs catholiques ont contribué à soulager.

Nous avons été témoins, avec la douleur et la honte des autres, motivés par votre silence, des attaques constantes contre le Très Révérend Père Prieur de l'Abbaye de la Sainte Croix de la Vallée de los Caïdos. Un saint homme dont la seule récompense pour être fidèle à ses vœux sera que, lorsque quelques mois auront passé et que tout sera recouvert du silence qui, je crois, l'attend, il sera affecté dans un humble coin du monde, où il continuera sûrement sa mission exemplaire.

Nous avons été témoins avec douleur dans notre âme du triste spectacle, sans aucune protestation de votre part, non seulement de l'enlèvement mais aussi de l'occupation de la Basilique de la Vallée de los Caïdos, de l'interdiction faite aux moines de la Communauté bénédictine d'entrer dans le temple pour accomplir la mission qui leur a été confiée.

Nous avons été témoins avec douleur et indignation, également avec impuissance, sans qu'aucune voix ne se fasse entendre de votre part, de la profanation d'un lieu sacré avec l'intention de profaner la tombe de François Franco, malgré le refus d'accès rendu public par le prieur.

Violation du droit international et du Concordat, sans que vous n'ayez le courage de soulever, même si c'était pour sauver l'image, une plainte formelle. Au contraire, vous avez affirmé publiquement, afin de discréditer indirectement le Très Révérend Père Prieur, qu'il n'y aurait pas d'opposition, ce qui équivaut à de la connivence.

Et au milieu de cette situation anormale, de cet enlèvement d'une basilique par un État qui devient totalitaire pour ses actions, il reste la dignité, sans applaudissements connus de sa part, d'une poignée de moines qui ont pénétré en se moquant de la vigilance afin de pouvoir enlever le Saint Sacrement et éviter toute autre profanation.

Quand j'étais enfant, la plupart des cardinaux, des cardinaux, des excellents et des révérends évêques m'ont enseigné que nous devions donner l'exemple et témoigner en tant que catholiques, même si cela pouvait mener au martyre ; que nous devons donner à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui lui appartient, mais que César est à Dieu aussi ? pour cette raison, dans les années trente, de nombreux évêques, prêtres et catholiques en martyre, dont quelques-uns reposent  dans la crypte de la Valle de los Caïdos.

Je voudrais vous rappeler la louange ardente que certains cardinaux et évêques, pas si loin dans le temps, ont donnée à Francisco Franco en novembre 1975, y compris la bénédiction à deux reprises à cette époque de Sa Sainteté Paul VI, également saint ; je voudrais vous rappeler que Francisco Franco a reçu de Sa Sainteté Pie XII, la décoration la plus haute du Vatican, le titre de chevalier de l'Ordre équestre suprême des milices de Notre Seigneur Jésus Christ en récompense "du service élevé à l'Eglise" ; que pendant le pontificat de Sa Sainteté Paul VI, on lui a accordé le Grand Collier de Chevalier du Saint Sépulcre de Jérusalem qui n'a pas besoin d'indiquer ce que cela implique ; que le nom de Francisco Franco, par décision du Général de la Compagnie, figure sur la liste exclusive des fondateurs et bienfaiteurs de la Compagnie de Jésus... que l'Église espagnole lui doit son salut et sa reconstruction. Et pour toutes ces raisons, je m'étonne que la seule voix qui se soit élevée, non pas à cause d'elle mais par obligation, soit celle de l'humble prieur d'une petite communauté, alors que vous avez tous gardé un épais silence qui finira probablement par vous faire des remords dans votre conscience, par action relative ou par omission.

Vos Éminences et Mgr les Cardinaux, Excellences et Mgr les Évêques, vous jouissez d'une position privilégiée, d'une haute colline pour regarder la réalité, vous êtes conscients que l'objectif du gouvernement n'est pas seulement l'enterrement de Francisco Franco mais aussi de mettre un terme à la Basilique de la vallée de los Caïdos ; avec quoi cet espace de réconciliation chrétienne et de prière pour tous ceux qui ont été tués signifie depuis sa création -mission a été non de défendre la basilique et son sens -.

Et ce n'est pas de la lucubration, la résignation se trouve dans la Loi de la Mémoire Historique et il y a diverses propositions enregistrées pour la démolition de la Croix (quelque chose à laquelle comme il a été publié il a été engagé à traiter le président du gouvernement en fonctions après sa prochaine victoire). Beaucoup d'entre nous croient que quand on cède encore et encore à la fin on finit par tout abandonner et qu'avec la profanation de l'enterrement de Francisco Franco ouvre la fin de la Basilique de la Sainte Croix de la Vallee de los Caïdos.

Je ne pense pas qu'en cette période d'unanimité, il vous aurait été possible de prendre une décision collective et que si jusqu'à présent, avec tout ce qui a été dit, vous n'avez pas parlé, vous n'allez pas le faire maintenant. Mais parmi vous, je suis sûr qu'il y en a quelques-uns, probablement peu nombreux, qui ont des douleurs de conscience et un fardeau pour l'âme. Je m'adresse à vous parce que c'est à vous d'empêcher la profanation.

Il est encore temps, même s'il ne reste que quelques heures, de mettre fin à l'opprobre. Une demi-douzaine de Très Excellents et Très Révérends Evêques d'Espagne, avec un vote particulier, se prononçant en défense de la Basilique de la Sainte Croix de la Vallée de los Caïdos, dénonçant la violation du Concordat, parce que le Très Révérend Père prieur a refusé l'autorisation gouvernementale d'entrer, allant à la Basilique pour se placer publiquement près du Très Révérend Père prieur, serait suffisant, en ce temps, pour paralyser les bulldozers de la haine.

Et cela, vos Éminences, vos Excellences et Révérends, parce qu'il n'est pas exact que le gouvernement ou l'État ait enterré Francisco Franco dans la Basilique de la Vallée de los Caïdos. Nous avons tous pu voir cette cérémonie de 1975 et comment, aux portes du temple, le pouvoir public remettait à la Communauté les restes mortels de Francisco Franco pour qu'il les enterre et les garde. Remplir cette obligation, c'est ce qu'a fait le Père Cantara, le seul qui n'a pas voulu se réfugier dans un regard confortable et détourné pour devenir le Très Révérend Père de la Vallée de los Caïdos

Je le répète, Très Éminents et Très Révérends Cardinaux, Très Excellents et Très Révérends Évêques, Distingués Disciples du Christ, TOUJOURS, mais c'est peut-être parce que certains catholiques qui gardent la foi du charbonnier  croient encore au pouvoir des miracles.

el Correo de Madrid

Francisco Torres

 

addendum

dom Santiago Cantera, prieur de la Vallée de los Caïdos, a rendu publique une note dans laquelle il dénonce que la Délégation du Gouvernement a "occupé" la Basilique au-delà des accords du Conseil des Ministres concernant les actions nécessaires pour l'exhumation de Francisco Franco.

Il rapporte que "la Garde civile a erré dans les locaux de l'abbaye sans autorisation, l'occupant 24 heures sur 24". De plus, "en renonçant à l'autorisation ecclésiastique d'entrer dans la basilique, les bénédictins se sont vus interdire l'accès au temple".

Selon des sources de la famille franquiste, "huit[moines] sont entrés ce dimanche et ont été arrêtés par la Guardia Civil", disent-ils en référence au groupe de religieux qui aurait sauté l'interdiction d'accès à la basilique décrétée par la délégation gouvernementale à Madrid depuis 14 heures ce jour-là, et qui a enregistré des images avec leur téléphone portable. Après s'être entretenus avec les moines et les avoir avertis qu'ils ne pourraient pas se déplacer librement sur les lieux avant l'exhumation, les agents ont placé une chaîne avec un cadenas sur la porte d'accès pour les empêcher de sauter à nouveau l'interdiction, comme le montre une image qu'ils ont présentée comme preuve dans la poursuite judiciaire.

La plainte a été déposée le lendemain, lundi, pour "accès inconscient de la Garde civile" à l'abbaye et à l'intérieur de la basilique. Dans la lettre, à laquelle "Vida Nueva" a eu accès, Santiago Cantera dénonce aussi comment des moines, des étudiants, des parents et des fidèles ont été empêchés d'entrer "pour assister à des messes et des services religieux" sans tenir compte "d'aucune logique ou critère quelconque".

Le prieur prie instamment le juge d'ouvrir une enquête - "et, le cas échéant, des poursuites" - et de demander que l'accès à la basilique soit autorisé "pour accomplir des actes de culte et veiller à ce qu'une conduite inappropriée d'un lieu sacré ne se produise pas".

dom Cantera expose au chef du tribunal que dans les cérémonies religieuses "il y a eu des gardes civils armés" avec l'argument d'éviter qu'ils fassent des enregistrements alors que le Gouvernement interdit seulement de les faire "au moment de l'exhumation et de l'inhalation". Le prieur, cependant, reconnaît le "traitement exquis" reçu par les agents.

dom Cantera affirme que les accords du Conseil des ministres stipulent qu'au cours du processus, il faut respecter "la vie privée et la liberté religieuse des personnes concernées" et "le respect des règles régissant l'accès aux lieux de culte".

 

Rédigé par Philippe

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