le ciel .

Publié le 23 Octobre 2019

 

      " Nous disions donc :" S'il était une âme en qui s'apaisassent tout à coup les  mouvements déréglés de la chair et du sang, qui vit s'évanouir en elle toutes les images de tant d'objets que renferme la vaste étendue de la terre, des eaux et de l'air; qui, ne conservant plus aucune pensée ni des cieux ni d'elle-même, et passant au-delà sans s'arrêter, s'élevât ainsi, entièrement dégagée des songes, des fantômes qu'enfante l'imagination, bien loin de tous signes extérieurs , de toute parole qui se fait entendre à l'oreille, enfin de toutes les choses qui ne font que passer (car si quelqu'un écoute ces choses, toutes lui disent :" Nous ne sommes point faites nous-mêmes; mas celui-là nous a faites qui vit éternellement ) ; si donc toutes ces choses venaient à se taire après avoir ainsi parlé à cette âme, la disposant par ces paroles mêmes à prêter l'oreille à celui qui les a faites, et qu'alors ce Dieu créateur lui parlât lui-même SEUL et non pas ces choses qu'il a créées, en sorte qu'elle pût entendre sa parole, non pas exprimée par un langage mortel, ni par la voix d'un ange, ni par le bruit du tonnerre, ni par des figures et des paraboles, mais que ce fût, je le répète, lui-même, lui que nous aimons dans toutes ces choses, qui se fit entendre à elle sans le secours d'aucune de ces choses; si donc, de même que le vol rapide de notre pensée nous a élevés, il n'y a qu'un instant, jusqu'à cette sagesse qui subsiste éternellement au-dessus de toutes choses créées, cette âme, ainsi délivrée de toutes ces autres visions si différentes de celle-ci, se tenait abîmée, absorbée tout entière dans les joies intérieures de cette contemplation ineffable, et tellement qu'elle demeurât à jamais dans cet état qu'un moment de pure intelligence nous a fait goûter, et après lequel maintenant nous soupirons; ne serait-ce pas là l'accomplissement de cette parole :" Entrez dans la joie de votre Seigneur? " Ce moment, quand arrivera-t-il? " Sera-ce alors que nous ressusciterons tous, mais que nous ne serons pas tous changés? "

   " Tel était le fond de notre entretien, si ce n'étaient les mêmes termes; et vous savez Seigneur, que ce même jour, pendant que nous parlions de la sorte, ne trouvant plus rien dans le monde et dans tout ce qu'il a d'agréable qui ne fût digne de mépris, ma mère me dit :"

Quant à ce qui me regarde, mon fils, il n'y a plus rien dans cette vie qui soit capable de me plaire. Que ferais-je désormais et pourquoi y suis-je encore, puisqu'il ne me reste plus rien à espérer? Il n'y avait qu'une seule chose qui me fit désirer d'y demeurer un peu: c'était de vous voir chrétien et catholique avant d'en sortir. Dieu m'a accordé ce que je désirais; et encore, par delà mes voeux, la grâce de vous voir mépriser pour lui tous les biens de ce monde et devenir ainsi entièrement son serviteur: que fais-je donc ici davantage? "

Saint Augustin : le bonheur du  Ciel.

   Saint Augustin voulut un jour, à la prière de Sévère , son ami, faire un traité sur le bonheur du Ciel. Rentré dans son appartement, il se met à écrire à saint Jérôme pour le consulter. Tout-à-coup (c'est lui-même qui le dit), une lumière insolite et que rien ne peut dépeindre, éclaire le lieu où il se trouve; des parfums d'une suavité inconnue s'y répandent.  Etonné et comme hors de lui-même; il entend alors clairement une voix qui lui dit :" Que veux - tu donc faire Augustin?  Crois-tu pouvoir enfermer dans cette petite coupe la mer toute entière; embrasser la terre avec la main? Veux-tu voir ce que l'oeil n'a point vu; comprendre ce qui est incompréhensible? "

   C'était la voix de saint Jérôme, mort ce jour-là même à Bethléem, et qui au moment de son entrée en Paradis voulait faire sentir à Augustin qu'un tel bonheur ne saurait se décrire.

   C'est alors que le grand Docteur, parlant du Ciel, a simplement pu dire : aestimari non potest - Le Ciel, on ne peut le décrire, - acquiri postest, mais le Ciel, on peut l'acquérir!

   Et le saint évêque mettait toute sa sollicitude à inspirer à son peuple le désir du Ciel. Il lui parlait souvent du bonheur du Ciel, et il faisait ainsi beaucoup de bien dans les âmes. Un jour, ayant à traiter cet important sujet devant les fidèles d'Hippone, ses pieux diocésains, il les apostropha de cette manière: "

   Je suppose que Dieu vous promette de vivre cent ans, mille ans même, mais à la condition de ne jamais régner avec lui dans le Ciel... "

   Aussitôt un cri partit de tout l'auditoire interrompant le prédicateur

" Pereant universa!"

    Que tout périsse! .. Mais que Dieu nous reste ! " C'est là le cri de tous les Saints et ce sera leur cri à travers tous les siècles ! Que tout s'évanouisse ici-bas; mais que le Ciel nous reste !

 

 

Rédigé par Philippe

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