le ciel .

Publié le 23 Octobre 2019

 

"D'où viennent-ils? de la grande épreuve !"

 

   Saint Augustin : Aimer Dieu

   . - " O mon Dieu, qu'est-ce que j'aime donc, quand je vous aime? Ce n'est pas une beauté corporelle, ni la majesté d'un visage, ni l'éclat d'une lumière flattant agréablement les yeux, ni les douces mélodies de cantilènes variées, ni la suave odeur des fleurs et des parfums, ni le goût du miel ou de la manne , ni des étreintes corporelles. Non, ce n'est pas là ce que j'aime en mon Dieu. Et pourtant ce que j'aime en lui, c'est une certaine lumière, une certaine voix, une certaine odeur, une certaine nourriture, un certain embrassement; tout cela n'étant éprouvé que par ce qu'il y a en moi d'intérieur. Mon âme voit briller une lumière qui n'est pas dans l'espace, elle entend un son qui ne s'éteint pas avec le temps, elle sent un parfum que le vent n'emporte pas, elle goûte un aliment que l'avidité ne fait pas diminuer, elle s'attache à un objet que la suavité ne lui fait pas abandonner. Voilà ce que j'aime, quand j'aime mon Dieu.

   Mais qu'est- ce donc qu'un tel objet?

   Le saint Docteur est aussi obligé de dire ici et de répéter avec tous les autres, que tant que nous serons ici-bas, dans notre chair mortelle, la beauté de Dieu et les splendeurs du Ciel resteront indescriptibles!

   Car " nous ne voyons maintenant qu'à travers un miroir (peu transparent), en énigme. Maintenant, je connais imparfaitement; mais alors je connaîtrai aussi bien que je suis connu moi-même. (I Cor. XIII, 12)

   Ce n'est donc que dans le Ciel que nous jouirons pleinement de Dieu, lorsque dans la Vision Béatifique, nous nous trouverons devant lui face à face ! Oh ! qu'il tarde donc ce moment heureux, où il nous sera donné de contempler ainsi notre Dieu et de jouir de Lui, pour toujours, dans les enivrantes et indescriptibles jouissances du Paradis!

   En attendant, considérez , nous dit l'Apôtre bien-aimé, " considérez quel amour le Père nous a témoigné, de vouloir que nous soyons appelés et nous soyons en effet enfants de Dieu, mais ce que nous serons un jour ne parait pas encore. Nous savons que lorsqu'il apparaîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est. Et quiconque a cette espérance en lui, se sanctifie, comme il est saint lui-même. (I Joan III, I , 3)

   C'est donc cette espérance qui nous sanctifie, et en nous sanctifiant nous obtient la persévérance finale, qui nous introduit dans les éternelles jouissances du Paradis. C'est cette espérance qui a soutenu les Apôtres et les Martyrs, les saints Docteurs, les Confesseurs, les Vierges, les Saintes Femmes, tous les Saints; et cette douce et invincible espérance nous accompagnera partout jusqu'à la conclusion de ce présent ouvrage, où nous verrons tous les Justes, brillant comme des astres au firmament du Paradis, pour toute l'éternité !

   Entretien de Saint Augustin avec sa mère touchant le bonheur du Ciel. -

   " Le jour n'étant pas éloigné où ma mère devait sortir de cette vie, jour qui nous était inconnu et que vous seul connaissiez, il arriva, et ce fut je n'en doute point, par une disposition secrète de votre providence, qu'elle et moi nous nous trouvâmes seuls ensemble, appuyés sur une fenêtre dont la vue s'étendait sur le jardin de la maison dans laquelle nous nous étions retirés à Ostie. Dans cette maison, qui était éloignée du bruit du monde, nous nous reposions des fatigues d'un voyage déjà long, et nous faisions en même temps les préparatifs de notre embarquement.

   " Etant donc seuls de la sorte, nous nous entretenions ensemble avec une douceur inexprimable; et laissant dans un entier oubli toutes les choses passées, " portant toutes nos pensées sur l'avenir" , nous cherchions entre nous, et en présence de l'éternelle vérité qui est vous-même, que serait "ce bonheur que l'oeil n'a point vu, que l'oreille n'a point entendu et que le coeur de l'homme ne peut comprendre." Toutefois nos coeurs s'ouvraient avec avidité pour aspirer les eaux de votre céleste fontaine, de cette fontaine de vie qui est en vous, afin qu'après nous en être arrosés autant qu'il était en nous de le faire, nous puissions en quelque sorte comprendre une chose aussi élevée.

   La suite de notre entretien nous ayant amenés à cette considération que les voluptés sensibles, en les supposant les plus grandes possibles, au milieu du plus haut éclat de beauté qui se puisse imaginer dans les choses corporelles, non-seulement n'étaient pas dignes d'entrer en parallèle avec la félicité de cette autre vie, mais auprès d'elle ne méritaient pas même d'être nommées; et les mouvements d'une affection plus vive nous élevant alors vers cette félicité immuable, nous traversâmes l'un après l'autre tous les objets que renferme ce monde matériel , nous élevant jusqu'à cette voûte des cieux d'où le soleil, la lune et les étoiles répandent leur lumière ici-bas; nous allâmes ensuite plus avant, continuant de penser à vous, de parler de vous, d'admirer vos ouvrages; et arrivés jusqu'à nos âmes, nous passâmes encore au-delà, afin d'atteindre cette région de délices inépuisables où la vérité est l'aliment incorruptible dont vous nourrissez votre peuple, où la sagesse est la vie, cette sagesse par laquelle ont été faites toutes les choses qui sont, tout ce qui a été, tout ce qui sera jamais; et cette sagesse n'a point été faite, mais elle est, elle a toujours été, et elle sera toujours; ou pour mieux dire, elle n'a point été, elle ne sera point; mais simplement elle EST, parce qu'elle est éternelle; car avoir été et devoir être n'est pas être éternel.

   " Parlant ainsi de cette vie heureuse, et toutes nos affections nous portant vers elle, nous y touchâmes, pour ainsi dire, par un élancement soudain de nos coeurs; puis soupirant d'en être encore séparés, et y demeurant toutefois fortement attachés " par ces prémices de votre esprit que nous avions reçues, " il nous fallut bientôt redescendre à cette parole extérieure qui sort de notre bouche et qui  a un commencement et une fin. Et en cela qu'y a t-il de semblable, ô mon Dieu ! à votre parole qui vit par elle - même, qui ne vieillit point et qui renouvelle toutes choses?

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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