Venez divin Messie !

Publié le 7 Décembre 2019

 

" Collines d'Israël, déployez vos rameaux, couvrez-vous de fleurs et de fruits."

(Répons mardi 1ère sem.)

"En ce jour-là , les montagnes ruisselleront de vin nouveau; le lait coulera des collines.

(Ant. de Laudes 1er dim.)

" Réjouis-toi, fille de Sion, exulte de joie, fille de Jérusalem ."

" Que les cieux se réjouissent, que la terre exulte; montagnes résonnez de chants de louange, parce que Notre Seigneur viendra."

(Répons lundi 1ère sem.)

" Venez Seigneur, apportez-nous la paix pour nous réjouir devant vous de tout coeur."

(Ant. Magn. 2ème dim.) 

"Jérusalem, pourquoi t'affliges-tu? Je te sauverai et te rendrai la liberté, ne crains pas!"

(Répons . 2° Dim.)

" Réjouissez-vous avec Jérusalem et exultez à jamais, vous tous qui l'aimez.

(Ant. Magn. Jeudi de la 3° sem. ) 

 

 

 

   Dans la bouche de l'Eglise, dit Dom Guéranger, les soupirs vers le Messie ne sont point une pure commémoration des désirs de l'ancien peuple: ils ont une valeur réelle, une influence efficace sur le grand acte de la munificence du Père céleste qui nous a donné son Fils. Dès l'éternité, les prières de l'ancien peuple et celles de l'Eglise chrétienne unies ensemble ont été présentes à l'oreille de Dieu, et c'est après les avoir entendues et exaucées qu'il a envoyé en son temps sur la terre cette rosée bénie qui a fait germer le Sauveur. " 

...

   L'Avent envisage avant tout le fait historique de l'Incarnation du Verbe. Il prépare les fidèles à en célébrer dignement l'anniversaire.

   Sans doute, la venue mystique du Sauveur dans nos âmes et sa venue à la fin des Temps ont inspiré le choix de beaucoup de pièces liturgiques. Mais l'idée dominante et de premier plan est plus obvie et plus simple: la Liturgie dans la nuit même de Noël nous chantera le récit du grand évènement : " Pendant qu'ils étaient en ce lieu (Bethléem), le temps où elle (Marie) devait enfanter s'accomplit. Et elle mit au monde son premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche , parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie."

   Tel est l'évènement unique qui s'est accompli il y  deux mille ans et dont l'Eglise prépare l'anniversaire. Pour les frères du Christ tout est objet d'adoration, de joie et d'amour: temps , lieu, paroles, personnages. L'Epouse du Christ, avec l'autorité sacerdotale dont son divin fondateur l'a enrichie , reconstitue cette scène, concentre dans sa liturgie ses trésors de doctrine, de prières, en vue de nous faire assister par la foi à la naissance du Sauveur: Nova per carnem nativitas: une nouvelle naissance dans la chair. (Or. 3ème messe Noël) Oblata munera, Domine, nova Unigeniti nativitate sanctifica. (Secre.idem). Sanctifiez, ô Dieu, nos offrandes par la nouvelle naissance de Votre Fils. " Bienheureux ceux qui n'ont pas vu et ont cru ! (Jean, XX,29) 

   Et cette foi que la liturgie réveille en nous n'est pas le simple assentiment de l'intelligence à une vérité spéculative: c'est la complète donation de la raison, de la volonté, de tout l'homme à l'Evangile, c'est-à-dire à l'économie du salut dont Dieu est l'auteur et Jésus-Christ qui nait à Bethléem le héraut: foi qui nous conduit à la vie éternelle :" Praesta... ut natus hodie Salvator mundi, sicut divinae generationis est auctor; ita et immortalitatis sit ipse largitor." (Postc. 3ème messe de Noël)

   Sans doute, les fervents disciples du Christ n'attendent pas le cycle de Noël pour dire à Dieu les sentiments d'adoration, de reconnaissance, d'amour que leur inspire le grand Mystère de l'Incarnation. Mais , outre ces actes privés, il faut une expression unanime, officielle et solennelle de ces sentiments de tout le peuple chrétien. 

   N'ayant qu'un coeur et qu'une âme, la famille des chrétiens doit traduire cette unanimité avant tout dans la contemplation et l'amour du mystère de son chef: une famille humaine se conçoit-elle sans la fusion des coeurs dans les mêmes fêtes et les mêmes allégresses? 

   Telle est l'intention de l'Eglise dans l'institution du cycle de Noël et de l'Avent qui le prépare. Les générations chrétiennes se relaient au pied de la crèche et prolongent l'adoration des bergers, les chants des anges, les offrandes des Mages, quelque chose de l'ineffable contemplation de Notre-Dame; bref tout ce tribut d'adorations, d'actions de grâces et d'amour que Jésus a trouvé à sa naissance et qu'il attend de nous qui sommes sauvés par l'ineffable mystère de son Incarnation: Deus qui hanc sacratissimam noctem veri luminis fecisti illustratione clarescere. O Dieu ! qui avez illuminé cette très sainte nuit des splendeurs de la vraie lumière. 

    Vivre ce mystère dans la liturgie, c'est s'acquitter parfaitement chaque année de cet hommage que le Maître attend de son peuple; c'est joindre sa voix à celle de toutes les générations chrétiennes dans ces actions de grâces officielles de l'Epouse du Christ. 

   Et, par-dessus tout, la reproduction de ce mystère doit inonder notre âme d'une joie profonde, d'une paix ineffable.

   C'est à nous, au même titre qu'aux bergers, que s'adresse l'invitation de l'ange : " Je vous annonce une grande nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie."

(Luc II,10)

  Aussi "les quatre dimanches de l'Avent étaient considérés, à Rome, au VIIIème siècle et encore au XIIème, comme les étapes d'un temps d'allégresse, où tout était à la joie de la venue prochaine du Rédempteur. 

 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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