la pitite araignée .

Publié le 20 Janvier 2020

 

   

" Et vous avez fait dessécher mon âme comme l'araignée.  " 

   Qu'y a t-il de plus fragile que l'araignée? Je parle de l'animal lui-même, mais je pourrais dire surtout: quoi de plus fragile que la toile d'une araignée? Remarquez combien cet animal est peu de choses: mettez légèrement le doigt dessus et il n'est plus qu'un débris; rien donc n'est absolument de plus fragile. 

   C'est ainsi que mon âme est devenue, lorsque vous m'avez instruit de mon iniquité. Puisque l'instruction l'a rendu faible, il y avait donc quelque vice dans la force qu'il avait auparavant... Il faut que l'homme ait déplu à Dieu par sa force, pour être ainsi instruit par la faiblesse; il a déplu par son orgueil, il a dû être instruit par l'humilité. (St Aug.)

   Ne poursuivons pas de choses futiles et vaines, si nous ne voulons tisser nous-mêmes des toiles d'araignées, car le péché ne peut avoir aucune espérance de durée et de stabilité. Lors donc que vous voyez des hommes s'appliquer tout entiers à augmenter leurs richesses, à cumuler les honneurs, à mener une vie d'ostentation et d'éclat, vous répéterez cette  parole du prophète Isaïe: Ils ont ourdi dans l'espace d'un jour une toile d'araignée qui ne peut subsister longtemps; elle se déchire au moindre choc , et tout le travail se trouve anéanti. 

   En effet, ce travail n'est point appuyé sur un fondement solide, mais suspendu dans le vide. Rien de relâché, rien de mou ne convient à un véritable soldat de Jésus; car, c'est dans les palais des rois qu'on trouve ceux qui sont vêtus mollement. Les avares se piquent d'être fins, actifs, vigilants. Quoi de plus fin, de plus actif, que l'araignée appliquée jour et nuit à son travail, et qui ourdit sa toile, son vêtement, sans aucune dépense? Mais tout son travail est vain et futile. Ainsi est tout homme qui ne place pas ses oeuvres sur le véritable fondement qui est Jésus-Christ. Il s'agite et se trouble jour et nuit, car, à l'exemple de l'araignée, c'est au milieu des efforts de ses injustes convoitises qu'il est surpris par la ruine de ses entreprises. (St Aug.)

   Que de rapprochements instructifs entre l'araignée et le pécheur avare ou orgueilleux! L'araignée est pleine de venin, et elle recueille ce venin sur les mêmes fleurs où l'abeille recueille son miel. 

   L'avare, l'orgueilleux, trouvent des occasions de péché là où le juste trouve le moyen d'élever son âme à Dieu. L'araignée épuise toute sa substance, elle travaille avec empressement et bien longtemps pour ourdir sa toile, ouvrage des plus fragiles, qu'elle dresse dans le vide et qui ne repose sur aucun fondement solide, un coup de balai survient qui détruit en un instant le travail de plusieurs jours: image de l'avare, de l'orgueilleux, qui n'appuient pas leurs oeuvres sur Jésus-Christ, qui se consument inutilement en vains efforts pour amasser des richesses, pour obtenir des honneurs, que le premier coup de vent emporte.

   La toile de l'araignée faite avec tant de peine ne sert qu'à prendre des mouches : image trop réelle de cette agitation continuelle des hommes du monde, qui remplissent tout leur temps, qui mettent toute leur application à prendre des mouches, et qui voient la mort leur enlever tout d'un coup le travail de plusieurs années. 

   L'araignée s'embarrasse dans sa toile et tombe avec elle, et ceux qui veulent devenir riches tombent dans les pièges de Satan, et en plusieurs désirs inutiles et pernicieux qui précipitent les hommes dans la mort et la damnation. " En vérité, c'est bien en vain que les hommes se troublent et s'inquiètent, "

car à quoi sert-il à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme? 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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