le bonheur.

Publié le 24 Janvier 2020

 

    Dans cette vallée de nos maux, cette vallée de larmes, dans ce torrent de Cédron où le Sauveur du monde a passé comme nous, et où nous buvons chaque jour l'eau triste et troublée de notre vie, le bonheur n'est pas un inconnu, ni même un absent. Il a franchi avec l'homme, quand l'homme tomba, le seuil perdu de l'Eden, et, depuis tant de siècles, banni comme nous, il erre dans le monde, compagnon sacré de nos infortunes et concitoyen de notre exil. 

   Il ne lui est pas permis de se montrer constamment ni tout entier à notre vue, mais il ne lui est pas interdit de choisir une heure et de nous la donner. Un jour ou l'autre, il frappe à notre porte, il s'assied au foyer désert ou rempli, et d'un de ses regards, jeté sur notre coeur, il en tire cette larme unique où nous lisons ce qu'il est. 

   Larmes des mères retrouvant leurs fils après l'absence et les hasards! larmes du voyageur saluant un matin les côtes de la patrie longtemps perdue! larmes des héros entre la victoire et la mort! larmes du juste sous le tressaillement de la conscience ! larmes d'Augustin parlant de Dieu à sa mère au bord des flots qui vont le ramener à Cartage! combien n'en compterons-nous pas, et combien plus que nous ignorons, parce que le coeur de l'homme si profond pour la misère, l'est bien autrement encore pour la félicité. 

   La misère lui vient d'un accident, la félicité de sa nature et de sa prédestination: " Vos consolations ont rempli mon âme à proportion de la multitude des douleurs qui ont pénétré mon âme . " ( Lacordaire ) 

 " Vous faites de la douleur un enseignement . " 

  Lorsque vous êtes châtié par Celui qui est mort pour vous, qui ne vous a pas promis le bonheur en cette vie, qui ne peut d'ailleurs vous tromper, et qui ne vous donne pas ici tout ce que vous y cherchez. Que vous donnera-t-il? et où vous le donnera-t-il? Combien sera grand ce que vous donnera Celui qui ne vous donne rien ici-bas, qui vous instruit et vous fait de la douleur un enseignement! 

   Ici-bas le travail est votre lot, mais le repos vous est également promis. Vous faites attention que vous souffrez ici-bas, mais faites réflexion au repos qui vous est promis. Si vous pouviez vous en faire une idée, vous verriez que votre travail n'est pas la compensation de ce repos. .. Ne soyez point paresseux au travail un instant, et vous vous réjouirez pendant toute une éternité. 

   Dieu vous donnera la vie éternelle, pensez au prix de quel travail vous devez l'acheter. Ce que j'ai, vous dit Dieu, est à vendre, achetez-le. Qu'a-t-il donc, qu'il faille acheter? Mon repos est à vendre, achetez-le à force de travail. 

  

Rédigé par Philippe

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