avec petit frère: Votre Christ. per ipsum, et cum ipso , et in ipso.

Publié le 20 Février 2020

 

   " Ce n'est pas quelqu'un vers qui vous vous mettez en route et vers qui vous allez: c'est quelqu'un que vous "savez" en vous, dont vous "réalisez" qu'il est plus que vous-même.

  Et alors toute votre vie, à chaque instant, ne consiste pas à autre chose qu'à libérer ce Christ qui était déjà en vous... le libérer en vous dépouillant de vous-même... Non, en vous laissant dépouiller par le Christ de vous-même. Vous arrivez à ne plus vous distinguer du Christ, à ne plus vous sentir vivre vous-même en vous,  mais en vous à sentir seulement vivre le Christ et à vouloir que seul le Christ vive en vous et à ne trouver que cela de bon et de doux.

  Votre activité, vous ne l'appelez plus votre activité mais l'activité du Christ en vous, votre prière, non plus votre prière mais la prière du Christ en vous, vos fatigues, vos luttes, vos joies... non plus vos fatigues, vos luttes , vos joies.. mais les fatigues, les luttes , les joies du Christ. 

   Oh ! que c'est bon de se laisser au Christ pour qu'en nous le Christ soit joyeux. Un instant de votre âme a été ravie de se sentir celle en qui le Christ était heureux, de se laisser à lui pour qu'en elle il fût le Christ heureux. 

   Mais maintenant voilà que votre âme a dépassé cette vue. Ou plutôt le Maître vous a conduit plus loin. Alors si c'est bon de se laisser au Christ pour qu'en nous il soit le Christ joyeux, comme c'est bon de se laisser à lui pour qu'en nous il soit le Christ fatigué, le Christ qui lutte, le Christ pour tout dire souffrant. C'est sur le bord de cet abîme que le Maître vient de conduire votre âme. Et votre âme n'a pas peur - Oh ! qu'elle aurait eu peur il y a encore quelque temps - elle n'a pas peur mais elle a quelque peu le vertige. Elle ne comprend pas encore jusqu'au bout. 

   "Antithèse de la couronne d'épines et de la couronne de gloire" ? Non, mon cher enfant . " La vie qui sort de la mort" ? Non, mon cher enfant. 

   Ici toute la doctrine de saint Jean et de saint Paul. La passion du Christ, c'est une exaltation, c'est un triomphe. La mort c'est la vie. Il n'y a pas que la couronne d'épines qui est la couronne de gloire. Il n'y a pas la vie et la mort: il n'y a que la mort qui est la vie. 

   Oh, le Christ qui se donne à nous au plus profond de nous-mêmes sans que nous sachions qu'Il se donne à nous, sans que nous sentions qu'Il se donne à nous, au moment même où nous croyons qu'Il est loin de nous. Il nous fait mériter de L'avoir en nous, en nous laissant croire qu'Il est loin de nous. 

   Trouver tellement bon d'avoir le Christ en soi, sans le sentir en soi. 

   Fouiller de toutes manières son pauvre coeur et sa pauvre âme pour y trouver quelque chose qui trahirait sensiblement la présence du Christ en soi et n'y rien trouver. Et cependant être sûr - d'une certitude au-dessus de toutes les certitudes - que, par le fait qu'on est dans la volonté du Christ, on est dans le Christ et le Christ est en nous. 

   Nuit obscure, certitude brûlante à force d'être froide et de nous laisser froids si je puis dire. Etre traités par le Christ , non plus comme des enfants qui ont besoin des gâteries du Christ, mais comme des hommes à qui c'est égal de n'avoir pas les gâteries du Christ, s'ils ont la réalité du Christ. 

   Notre âme à la recherche du Christ est la grande nomade. On ne trouve pas le Christ dans les douceurs de l'oasis. Dans l'oasis on se repose un instant d'être allé sans cesse devant soi à la recherche du Christ. 

   Mais après cet instant de repos, il faut repartir bientôt vers de nouveaux horizons, toujours plus loin, toujours plus haut, pour une nouvelle découverte du Christ. 

   Car le Christ on n'a jamais fini de le découvrir. C'est par étapes successives, coupées de pauvres et insipides repos, insipides mais nécessaires à notre faiblesse, c'est par étapes successives, sur les grands chemins arides et seuls du désert, que le Christ se fait découvrir sans cesse davantage par l'âme.

   Chercher le Bon Dieu là où il s'est mis pour chacun de nous et non pas où l'on aimerait le trouver, où l'on choisirait de le trouver. Que ce soit lui qui choisisse ! 

   Alors rien que de dire " oui " au bon Dieu et de se dire " non" à soi-même, comme c'est bon et comme c'est vraiment l'aimer. 

  Recevoir tout de sa main, tout ce avec quoi nous nous faisons notre âme, avec quoi nous la pétrissons pour la faire à la ressemblance de notre Christ. Que tout dans notre vie, grands évènements, comme circonstances insignifiantes, ce qui nous meurtrit comme ce qui nous épanouit, que tout, comme par des coups de marteau successifs qui font sauter en morceaux ce qui, en nous, subsiste de nous-mêmes, dégage et sculpte en nous le Christ que seul nous devons être. 

 

 

 Voilà notre âme repartie avec petit frère,  n'est-ce pas , pour une nouvelle étape dans le désert...

 Au bout de la nouvelle étape il y aura une autre oasis plus verdoyante et plus fraîche avec le Christ un peu plus connu et un peu plus possédé. 

 

 

     

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article