Espagne: parole d'évêque ! El arzobispo de Oviedo, Jesús Sanz O.F.M.

Publié le 11 Mars 2020

 

"Pongamos los medios prudentes que nos van indicando las autoridades sanitarias para prevenir y atajar esta epidemia, pero con una visión sensata y cristiana de las cosas (...) No cedamos ante la epidemia de miedo"

L'ensemble de la communauté internationale est impliquée dans la lutte contre cette maladie contagieuse et dans sa prévention judicieuse. Nos autorités sanitaires nous donnent également des informations et quelques indications, que nous devons observer et intégrer afin de prévenir de plus grands maux et leur expansion. Nous nous y sommes engagés et nous devons la soutenir.

Mais j'ai trouvé la réflexion faite par un bon frère évêque du diocèse français d'Ars-Belley, Mgr Pascal Roland, intéressante et réfléchie. C'est l'une des choses les plus sensées que j'ai pu lire ces derniers jours.

Souvenez-vous que dans des situations beaucoup plus graves comme les grandes pestes, lorsque les moyens de soins de santé n'étaient pas ceux d'aujourd'hui, dans les populations chrétiennes, des prières collectives étaient faites en priant Dieu, et elles étaient organisées pour aider les malades, assister les mourants et enterrer les morts. Les disciples du Christ ne se sont pas détournés de Dieu ni cachés de leurs semblables, mais bien au contraire. La panique collective à laquelle nous assistons aujourd'hui ne révèle-t-elle pas notre rapport déformé à la mort ? Ne manifeste-t-elle pas l'anxiété causée par la perte de Dieu ? Nous voulons censurer le fait que nous sommes mortels et, en nous fermant à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons du terrain. Avec des techniques de plus en plus sophistiquées et efficaces, nous essayons de tout maîtriser, en oubliant que nous ne sommes pas les maîtres de la vie.

 

"Attaquons-nous à l'épidémie de coronavirus, mais ne cédons pas à l'épidémie de peur.
"Hormis les précautions élémentaires que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu'il est malade, il n'y a rien à ajouter".
"La panique collective à laquelle nous assistons aujourd'hui ne révèle-t-elle pas notre rapport déformé à la mort ? Ne manifeste-t-elle pas l'anxiété causée par la perte de Dieu ?"

Utilisons les moyens prudents que les autorités sanitaires nous indiquent pour prévenir et combattre cette épidémie, mais avec une vision sensée et chrétienne des choses, sans tomber dans l'obsession excessive. Attaquons-nous à l'épidémie du coronavirus, mais ne cédons pas à l'épidémie de la peur. L'archevêque d'Oviedo, Jesús Sanz, est à ce jour le seul évêque espagnol qui a expressément évité de donner des instructions aux pasteurs et aux fidèles pour éviter le coronavirus.

Il l'explique dans sa lettre hebdomadaire, intitulée "Coronavirus et peur, deux épidémies ensemble", dans laquelle il donne l'exemple du controversé évêque d'Ars-Belley, Pascal Roland, qui "n'a pas l'intention de donner des instructions spécifiques à ses diocèses", avec une série de questions pour le moins curieuses.

"Les chrétiens cesseront-ils de se réunir pour prier ? renonceront-ils à essayer d'aider leurs semblables ?"

En dehors des précautions élémentaires que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu'il est malade, il n'y a rien à ajouter", 

"nous vivons dans un monde globalisé et les communications rendent tout plus facile à apporter et à prendre, à savoir les choses en temps réel et à être conscient de ce qui se passe aux antipodes", ce qui inclut "une série de pandémies qui nous rappellent les fléaux qui ont dévasté l'humanité au cours des siècles passés".

"Nous avons dû réagir au sida, à Ebola, et maintenant nous sommes confrontés à cette nouvelle épidémie de coronavirus", déclare M. Sanz, qui appelle à "observer et intégrer" les indications des autorités sanitaires "pour éviter de plus grands maux". Mais pas tant ceux des autorités religieuses.

Il propose ainsi, comme dans "les grands fléaux", que les chrétiens fassent "des prières collectives en priant Dieu", s'organisent "pour aider les malades, assister les mourants et enterrer les morts". "Les disciples du Christ ne se sont pas détournés de Dieu ni cachés de leurs semblables, mais bien au contraire. La panique collective à laquelle nous assistons aujourd'hui ne révèle-t-elle pas notre rapport déformé à la mort ? Ne manifeste-t-elle pas l'anxiété causée par la perte de Dieu", demande Sanz-Roland, ajoutant que "nous voulons censurer le fait que nous sommes mortels et, en nous fermant à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons du terrain".

"Pourquoi se focaliser soudainement sur le seul coronavirus ? Pourquoi ignorer que chaque année en France, la banale grippe saisonnière touche entre 2 et 6 millions de personnes et provoque environ 8000 décès ? 

Nous semblons également oublier de notre mémoire collective que l'alcool est responsable de 41 000 décès par an, et qu'environ 73 000 sont causés par le tabac", 

 

Il se termine par une réflexion purement chrétienne : il nous rappelle que le chrétien ne s'appartient pas, sa vie doit être offerte, car il suit Jésus, qui enseigne : "Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera" (Mc 8,35). Certes, il ne s'expose pas indûment, mais il n'essaie pas non plus de se préserver. En suivant son Maître et Seigneur crucifié, le chrétien apprend à se donner généreusement au service de ses frères et sœurs plus fragiles, en vue de la vie éternelle.

J'ai été aidé par la réflexion de cet évêque français. Utilisons les moyens prudents que les autorités sanitaires nous indiquent pour prévenir et attaquer cette épidémie, mais avec une vision sensée et chrétienne des choses, sans devenir excessivement obsédés. Attaquons-nous à l'épidémie du coronavirus, mais ne cédons pas à l'épidémie de la peur. Comme dirait le pape François : ne vous laissez pas voler l'espoir !

+ Jesús Sanz Montes, ofm
Arzobispo de Oviedo

Rédigé par Philippe

Publié dans #divers

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