les deux apôtres. samedi de Pâques.

Publié le 17 Avril 2020

   

 

   En toute hâte, les deux disciples se rendent au sépulcre. Ensemble  ils courent, mais saint Jean, le plus jeune, devance Pierre et arrive le premier. Il s'incline pour observer l'intérieur du tombeau, voit les bandelettes déposées sur le sol, mais n'entre pas. Est-ce parce qu'il juge son inspection suffisante? ou bien veut-il réserver à Pierre, par une déférence affectueuse, l'honneur d'entrer le premier? On peut supposer aussi une part d'anxiété, selon cette disposition du coeur humain qui nous porte à retarder notre joie, à trembler devant notre bonheur: on craint qu'il n'y ait mécompte, et qu'il ne faille ensuite revenir en arrière.

   Saint Grégoire, fidèle à son point de vue allégorique, estime que saint Jean représentait la Synagogue et saint Pierre le peuple des gentils.

   Pierre arriva; et il entra, lui: un simple coup d'oeil ne suffisait pas. Il explora avec attention la demi-obscurité du sépulcre, il aperçut les bandelettes, et une conclusion lui vint tout naturellement à l'esprit. 

   Ceux qui auraient voulu s'emparer du corps l'eussent à coup sûr pris tel quel, sans se donner la peine très superflue de dérouler les bandelettes et de les ranger avec soin. Bien plus: le suaire qui couvrait la tête du Seigneur était plié à part, dans un angle du sépulcre. Il n'y avait donc ni larcin, ni trace de précipitation quelconque. La main des anges, qui avait roulé la pierre, après la Résurrection, avait aussi recueilli et rangé avec respect les linges qui enveloppaient les membres sacrés du Sauveur. Sans doute saint Pierre fit observer à saint Jean tous ces détails. 

   Le disciple bien-aimé entra à son tour; il vit et il crut.

 

dom Delatte.

 

 

Rédigé par Philippe

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