Semaine du Très Saint Sacrement: Notre Père .

Publié le 7 Juin 2020

   

 en action de grâces , pour nos prêtres. 

   Dès le commencement de la prière que Jésus votre Divin Fils m'a enseignée, ô mon Dieu, je dois sortir de moi-même, m'élever au-dessus de toutes les réalités terrestres et monter jusqu'aux cieux pour vous y trouver et vous y rendre l'hommage de mon adoration. 

   Et cependant vous êtes partout et votre être immense remplit le ciel et la terre. Tous les jours, avec l'Eglise, à l'heure du divin sacrifice, je chante du coeur et de la voix le cantique où il est dit que les cieux et la terre sont pleins de votre gloire et de votre majesté: Pleni sunt caeli et terra majestatis gloriae tuae.

    Bien mieux, il m'est impossible , lors même que ma volonté révoltée en formerait le désir, d'échapper jamais à votre regard et à votre présence : Quo ibo a spiritu tuo et quoi a facie tua fugiam? Si je descends au fond des abîmes, je vous y rencontre; si je déploie mes ailes pour m'enfuir jusqu'aux extrémités de la mer, c'est votre main qui me conduit, et votre droite qui me saisit : Si descendero in infernum, ades; si sumpsero penas meas diluculo et habitavero in extremis maris, etenim illuc manus tua deducet me et tenebit me dextera tua. 

   Et comment pourrai-je vous fuir, ô mon Père, puisque c'est en vous, comme me l'enseigne votre Apôtre, que j'ai la vie, le mouvement et l'être: In ipso vivimus, movemur et sumus . Act. XVII,28

   Pourquoi donc Jésus m'enseigne-t-il à dire en vous invoquant :" Père, qui êtes dans les cieux? " 

   Ah ! c'est pour me rappeler que le ciel, parce qu'il est la demeure de mon Père, est ma véritable patrie, et que je ne suis qu'un étranger et un voyageur sur cette terre où je passe quelques jours , quelques années d'épreuve. 

   Mais enfin ce ciel qui est votre demeure, sur lequel je dois porter et le regard de mon intelligence et les aspirations de mon coeur, est-ce donc cette voûte azurée et parsemée d'étoiles sans nombre qui est au-dessus de ma tête et que la sainte Ecriture appelle le firmament? 

   Non certes, il n'y a là qu'une image sensible, accommodée à ma nature , mais ma raison et ma foi me disent que ce ciel, c'est Vous-même, ô mon Dieu et mon Père, vous dans votre immensité et dans l'infinité de vos perfections; c'est vous-même, non plus présent seulement dans vos oeuvres , mais visible en votre essence, vous-même devenu pour ceux qui répondront à votre appel, l'objet d'une contemplation et d'une béatitude sans fin. 

   Et c'est ainsi que les premiers mots de ma prière me remettent en mémoire cette pensée, au coeur de cette espérance, qu'un jour, je vous contemplerai face à face et que mon ciel, le ciel que vous voulez que j'attende et que j'espère, ce sera de vous adorer dans la contemplation ravie de vos infinies perfections. 

   Ici-bas, ô mon Dieu, parce que c'est le lieu de passage et le temps de l'épreuve, je ne vous contemple que sous le voile et comme dans un miroir " per speculum et in aenigmate "  (I Cor. XIII, 12 ), je vous contemple et vous adore dans la création qui porte les vestiges de votre sagesse, de votre puissance, de votre immensité, dans l'ordre magnifique et la parfaite harmonie de ces millions de mondes répandus dans l'espace, dans la multiplicité presque infinie des êtres qui, du plus grand au plus petit, ont chacun leur place dans le plan de votre providence; je vous adore en moi , ô mon Dieu, où je trouve non plus seulement des vestiges, des marques de vos perfections, mais déjà la ressemblance de votre nature; dans ma pensée capable de mesurer dans l'espace ces soleils et ces étoiles que vous y avez semés à profusion , et de la contemplation de l'oeuvre, de s'élever jusqu'à la connaissance du divin artisan de toutes ces merveilles; dans mon coeur aussi que vous avez fait plus grand que le monde, afin que rien ici-bas ne pût le satisfaire et qu'il ne pût trouver qu'en vous le rassasiement de ses désirs. 

   Mais surtout, je vous contemple et vous adore, ô mon Dieu, dans votre Verbe divin, la splendeur de votre gloire et l'image de votre substance , " splendor gloriae et figura substantiae ejus. " que vous nous avez donné, afin que nous ayons dès ici-bas, comme avant-goût des délices de la vision béatifique, la plus parfaite manifestation de vos perfections infinies; je vous adore en Jésus-Christ, mon Sauveur bien-aimé. Et parce que vous êtes là, devant moi, ô Jésus, réellement et substantiellement présent sous le voile des espèces, je vous adore comme mon Dieu qui se manifeste et se donne aussi complètement qu'il était possible de le faire ici-bas.

   La terre n'est pas le ciel, certes, puisque je ne vous contemple que sous le voile, et c'est pourquoi je dis comme vous me l'avez enseigné: Notre Père qui êtes aux cieux; - mais parce que votre bénie présence fait que cette terre de misère avoisine maintenant le ciel, avec le Père Eymard, je vous dis :" Notre Père qui êtes aux cieux, aux cieux de l'Eucharistie, à vous honneur, gloire et bénédiction dans les siècles des siècles. 

 

père Bettinger. 

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article