Salve Regina .. Sauve-nous ô mère de Miséricorde.

Publié le 9 Novembre 2020

 

 

   " O Dame, s'écriait Dante, tu es si grande et si puissante, que souhaiter une grâce et ne pas s'adresser à toi, c'est vouloir que le désir vole sans ailes." 

   Sur les ailes du désir, sur le coeur de Marie, la prière monte; Jésus la reçoit. Celle qui a été sa mère peut bien être la nôtre; ce n'est pas plus difficile; c'est la même chose; ici et là on attend le même fruit: la déification de nos âmes comme en Jésus la déification de la chair. Elle fit l'incarnation par son fiat: elle peut faire que le Verbe s'incarne en nous , et que l'Esprit nous pénètre ainsi qu'elle-même et que son fardeau divin. Elle nous doit cette maternité, il faut bien que sa gloire nous la paie. Le droit d'aînesse que possède Jésus signifie que dans l'éternité cet aîné a  été constitué à cause des plus jeunes. Vous ne seriez pas la Mère de Dieu, ô vous, s'il n'y avait les hommes et si vous ne deviez par Jésus être mère des hommes. Votre honneur est fondé sur nous, votre rôle est à nous, c'est l'effet de notre misère et c'en est le trésor.

   Souffrez donc, mère gracieuse et forte contre le mal, toute puissante par exonération pour le bien, souffrez que nous vous disions , comme dans votre Salve Regina, ce chef-d'oeuvre sublime et doux :

   " Allons, notre avocate! eia ergo advocata nostra! Tourne vers nous tes yeux de miséricorde, illos tuos misericordes oculos ad nos converte." Nous nous adressons à ta grandeur, qui est infiniment humble; à ta beauté, qui est infiniment modeste; à ta richesse qui est infiniment bienfaisante; à ta noblesse , qui est infiniment accueillante; à ta hauteur, qui est infiniment condescendante; à ton bonheur, qui est le salut des souffrants de la vallée de larmes.

   Quelle douceur ne devons-nous pas supposer dans la mère du plus doux des enfants des hommes ; quelle bonté, dans la mère du Bon Pasteur! A la grâce nous demandons qu'elle nous gratifie par intercession; à ton éloignement, nous qui sommes exilés, nous demandons qu'il soit proche par le coeur. 

   Allons ! Eia ! toi qui a tant reçu, donne ! Sauve-nous maintenant; sauve-nous, oh ! sauve-nous maintenant; sauve-nous, oh ! sauve-nous à l'heure de notre mort, à cette heure décisive, centrale, l'heure entre les deux mondes, l'heure du double cadran temporel et éternel, l'heure que marquent concurremment le soleil qui brûle et s'éteint et le soleil inextinguible. Sauve-nous quand nous partirons, Mère, et pour cela sauve-nous sur la route. Vita, dulcedo et spes nostra, toi notre vie, notre douceur, et notre espérance, notre vie et notre espérance par Jésus-Christ, notre douceur par toi-même, par vocation spéciale, comme une mère, sauve-nous! 

  Notre vie catholique avec toi, c'est la sécurité, la joie, la paix, la certitude céleste et terrestre. Tu exauceras tes soupirants, tu consoleras tes gémissants, tu relèveras tes défaillants, tu pardonneras jusque à tes ingrats, tu guideras de ta douce main la main tremblante, résistante, faible et rebelle qui fait tomber dans l'urne du temps, à ses risques et pour tout à fait, l'inexorable bulletin de vote, le oui ou le non éternel.

rp Sertillanges. OP + 

   

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

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