Publié le 2 Décembre 2012

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Publié le 2 Décembre 2012

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Levons-nous donc enfin !, stimulés par l'Écriture qui nous dit:

"L'heure est venue pour nous de sortir du sommeil."

Les yeux ouverts à la lumière divine et les oreilles attentives, écoutons cet avertissement que la Voix de Dieu nous adresse tous les jours:

"Aujourd'hui si vous entendez Sa Parole, ne fermez pas votre coeur."

 

règle de St Benoît

 

 

Toute liturgie vise à la "catholicité". Toute liturgie aussi part de la catholicité, de la présence du Royaume, de la réalité vivante que constitue l'Eglise du Christ où les fidèles ont à venir se greffer. 

 

C'est là un des caractères éclatants de la spiritualité de l'Avent, que J.Pinsk relève, non sans raison.

 

Ayant cité les nombreux textes - également empruntés aux prophètes, pour la plupart - où il est question de Jérusalem, de Sion, il conclut, non sans forcer l'antithèse pour les besoins de sa cause:"

 

Nous ne sommes plus ici dans la sphère incontrôlable et intime de la mystique privée et individuelle (la venue de l'Epoux dans l'âme), mais c'est dans l'Eglise et par l'Eglise que l'individu participe aux effets et aux bénédictions de la venue du Seigneur, comme membre du peuple de Dieu. C'est pourquoi l'on trouve dans la liturgie non pas "Réjouis-toi, âme bien aimée" mais 'Jérusalem' ou 'Peuple de Sion, tiens- toi bien haut sur la montagne (tout à fait publiquement) et regarde la joie que ton Dieu t'a préparée."

 

 

Cet aspect communautaire du mystère de l'Avent est en effet indéniable, et spécialement marqué dans la liturgie.

 

De même qu'elle réunit dans la même oeuvre l'Ancien et le Nouveau Testament, le Premier et le Dernier Avènement de son Chef, elle demande à chacun et à tous ses membres de célébrer l'Avent individuellement  et communautairement, et toujours de telle sorte que l'on participe intérieurement aux cérémonies ou bien aux chants plus extériorisants.

 

A preuve cette Secrète du 3ème dimanche qui me semble la formulation la plus décisive de ce qui se passe dans l'Eglise durant l'Avent. Elle indique en effet la raison pour laquelle - en ce temps comme en tous les autres - nous ne nous payons pas seulement de mots quand nous prétendons accroître effectivement par nos prières le Règne de Dieu sur cette terre qu'il a bien voulu bénir de sa Présence:

 

"Seigneur, demande cette Oraison, que l'hostie de notre dévotion Vous soit toujours offerte (dévotion marque bien ce qu'il a d'intime dans la pratique de l'Avent); quelle accomplisse le Mystère sacré que Vous avez institué, et qu'ainsi elle opère en nous la merveille de votre salut."

 

 

C'est grâce à l'Eucharistie, c'est dans l'Eucharistie que notre piété rejoint le Christ omniprésent et son Royaume; non point hier, non pas à la fin des Temps, mais à présent, aujourd'hui et chaque jour.

 

 

 


 

 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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Publié le 2 Décembre 2012

Rédigé par philippe

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Publié le 1 Décembre 2012

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Loin que la valeur du monde y soit niée, en effet, elle s'y trouve singulièrement ennoblie.

 

A cet égard, la Postcommunion du 2ème Dimanche pourrait être mal interprétée.

 

On attend de notre participation au sacrifice qu'il nous apprenne "le détachement des choses de la terre et l'amour des biens du ciel", suivant une formule "terrena despicere et amare caelestia".  C'est en effet une demande classique dans la liturgie. Mais "despicere" ne veut pas du tout dire "dédaigner".

 

Dans le Sacramentaire gélasien, où cette Oraison apparait déjà, elle comporte un développement supprimé dans les Sacramentaires grégorien, mais qui n'était pas sans intérêt:" qu'une fois sortis des liens mortels ( mortifère) de la cupidité (Dieu) nous rende dignes du Royaume de l'éternelle liberté.

 

Ainsi donc, ce n'est pas des réalités temporelles que l'on se méfie, mais de nous et de notre propension à nous y attacher si forts que nous aliénons notre liberté. La foi nous dégagera de cet esclavage non pas en rabaissant la création, mais en nous élevant nous-mêmes, en nous rétablissant à ce niveau surnaturel d'où nous puissions regarder d'un coeur pur et donc libéré cet univers qui est, lui aussi " en attente, aspirant à la révélation des Fils de Dieu".  (Rom. VIII,19)

 

C'est cela "despicere", c'est survoler d'assez haut le monde pour ne point seulement "l'assujettir à notre vanité", à nos petites commodités, mais pour savoir lire et dégager toutes ces potentialités que le Créateur y a mises, nous confiant la mission de les faire fructifier: " Toute la Création en effet, jusqu'à ce jour, gémit en travail d'enfantement. (ibid.)

 

 

 

 

Voici le commentaire autorisé du pape saint Léon:

 

"Fils bien-aimés, nos paroles, nos exhortations n'ont pas pour but de vous faire mépriser les oeuvres de Dieu, ni de vous faire trouver quelque chose de contraire à votre foi dans les choses que le Dieu de bonté à créées bonnes, mais seulement de vous faire user de toutes les merveilleuses créatures  qui ornent le monde d'une façon intelligente et mesurée...  Afin de pouvoir  approcher de plus prêt l'objet de notre espérance (c'est-à-dire les biens éternels), considérons que la grâce divine est venue apporter à votre nature..."

 

 

L'Incarnation exalte donc notre humanité en premier lieu, mais aussi toute la nature inanimée qui s'en trouve ennoblie.

 

En Jésus, "né de la femme", le monde reconnait ce fruit qu'il demandait à porter:" terra dedit fructum suum". il retrouve  sa première destination; il redevient paradis:" Prépare-toi Bethléem,  chante un tropaire de la Vigile de Noël, car l'Eden est ouvert à tous.

 

Apprête-toi, Ephrata, car dans la grotte, l'arbre de vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel où pousse le plant divin. Si nous en mangeons, nous vivrons...."

 

La création attend elle aussi d'être libérée de la servitude et de la corruption où notre péché l'a réduite, pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. (Rom. VIII,21)

 

Ce qui ne s'accomplira bien entendu qu'à la fin des siècles, lorsque le Christ sera tout en tous et que l'on verra émerger, sous les flots de la mer et du temps qui s'enfuiront, le ciel nouveau et la terre nouvelle. (Apoc. XXI,1; cf Is. LXV,17 et LXVI,22).

 

Mais la naissance du Seigneur ouvre déjà cette ère définitive, , si bien que, dans la mesure où le fidèle sait prendre part à ce Mystère et entrer dans le Royaume, il redécouvre du même coup l'Eternel présent au coeur des choses.

 

C'est la mission que P. Claudel assignait au poète chrétien:

 

 

"Je vous salue, ô monde libéral à mes yeux!

Je comprends par quoi vous êtes présent,

C'est que l'Eternel est avec vous, et qu'où est la Créature, le Créateur ne l'a point quittée...

Tout être, comme il est un

Ouvrage de l'Eternité, c'est ainsi qu'il en est l'expression.

Elle est présente et toutes choses présentes se passent en elle.
Je ne Vous vois pas; mais je suis continu avec ces êtres qui Vous voient

On ne rend que ce qu'on a reçu.
Et comme toutes choses de Vous

Ont reçu l'être, dans le temps elles restituent l'éternel......"

 

 

Il n'y a rien donc d'étonnant si la liturgie de l'Avent est toute pleine d'invitations lancées à la création tout entière d'avoir à célébrer l'Avènement de notre Sauveur. C'est tout particulièrement le cas des Répons du bréviaire, dont il suffira de citer quelques exemples,  à la file:

 

" Que les cieux se réjouissent, que la terre exulte, que les montagnes louent Dieu dans la jubilation, car notre Seigneur vient.. Mont d'Israël, étendez vos rameaux, portez fleurs et fruits, car il est proche le Jour du Seigneur... Les champs déserts d'Israël ont poussé un Germe d'agréable odeur, car voici que notre Dieu arrive... Que le désert et la terre aride s'égayent, que la steppe soit dans l'allégresse et fleurisse.. La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et Saron. Quant à eux, ils verront la gloire de Yahvé, la splendeur de notre Dieu. " (Is. XXXV)

 

 

Cette atmosphère paradisiaque de l'Avent qui, à n'en pas douter, est bien voulue par la liturgie, correspond fort exactement à celle de l'Avènement du Messie tel que nous le décrivent les Prophètes. Ainsi, la première Antienne des Vêpres du 1er Dimanche - celle qui ouvre l'Avent par conséquent - reprend une prophétie d'Amos: " En ce jour-là, les montagnes déborderont de douceur et des collines coulera lait et miel."

 

 

Mais devant ces images, si plaisantes soient-elles, on pourrait se demander si toutes ces merveilles ne doivent pas être tenues pour de simples hyperboles poétiques. Car enfin, de deux choses l'une: ou ces textes parlent du futur, et pour autant, ils ne nous touchent guère actuellement; ou bien ils se rapportent à notre situation présente.

 

Si, comme l'annoncent les Prophètes, la venue de notre Messie doit faire convertir en faucilles et en hoyaux les armes de guerre, est-ce que nos journaux ne nous confirment pas tous les jours la faillite de nos espérances, en ce XXè siècle après la naissance du Christ où l'on ne parle que de fusées, de bombes horribles, et autres inventions plus catastrophiques les unes que les autres?

 

Il est vrai! Mais ceci n'a rien de contradictoire à nos yeux. Ou plutôt, c'est le caractère même de cette Parousie qu'elle se présente sous cette double face, à la foi eschatologique, apocalyptique, catastrophique pour les impies, et suprêmement béatifiante pour tous ceux qui auront été fidèles jusqu'à la fin.

 

La liturgie d'Automne avait davantage insisté sur le premier aspect. Durant l'Avent, le côté menaçant du Jugement dernier demeure, mais relégué à l'arrière-plan des Oraisons; c'est l'assurance et la joie qui l'emportent. Pourquoi? Parce que le Premier Avènement nous répond du Second.

 

Plus exactement, parce que la Nativité, ou même la Mort et la Résurrection du Sauveur, si elles n'ont apparemment rien changé dans la marche et les désordres de ce monde, ont tout changé en réalité, en nous donnant le moyen de tout changer dans la mesure où nous le voudrons bien.

 

 

Désormais, le Salut est à portée de la main; le Royaume est continuellement présent, éternel, durable, et accessible dans le Christ-Jésus, grâce à la communauté que nous formons avec Lui.

 

Bref, ainsi que nous le voyons le Sauveur est vraiment présent. A nous de l'approcher:

 

C'est là l'essentiel de la spiritualité des Trois Avènements.

 

 

 

 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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Publié le 1 Décembre 2012

 

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"Accepte, ô Vierge Marie, la Parole qui t'es envoyée de Dieu par l'entremise de l'Ange: tu concevras et enfanteras l'Homme-Dieu, et tu seras bénie entre toutes les femmes."

 

Il y a dans ce texte une dramatisation qui va bien dans l'esprit de la liturgie en général, et celle du Temps de l'Avent tout particulièrement.

 

Cette prise à parti montre à quel point tous les hommes doivent se sentir solidaires de l'humble fiancée de Nazareth: Sa réponse est la nôtre; elle est le porte-parole de chacun de nous; de son acceptation, Dieu lui-même  a voulu faire dépendre le sort éternel de l'humanité.

 

Quel drame inouï et de plus grande portée serait-il concevable en nos théâtres humains? Oui! les mystères commémorés par la liturgie nous intéressent, et grâce à la liturgie précisément, nous avons la possibilité d'y prendra part, même après coup, même quand les jeux paraissent déjà faits.

 

A la messe, par la messe, nous jouons un rôle dans le sacrifice du Calvaire, et notre offrande quotidienne - réunie à celle que le Christ a portée devant son Père une fois pour toutes - en acquiert une valeur de rédemption.

 

Ce n'est pas à dire, évidement, que nous puissions intervenir dans la suite des évènements, tels qu'ils se sont passés au Golgotha. Nous n'arrêtons pas le bras de bourreaux. Notre participation, réelle, ne change plus l'histoire; elle se greffe plutôt, elle greffe sacramentellement notre journée, notre vie, notre action, sur l'arbre de vie qu'est la croix du Seigneur.

 

...

 

Si chacun de nous rejoint véritablement le Seigneur en son mystère pascal, c'est le Christ tout entier vivant. Nous nous unissons par conséquent, en ce crucifié, à ce même Jésus que Marie coucha dévotement dans sa crèche, et à ce Maître plein de douceur et de majesté qui draina les foules de Galilée. Nous n'avons pas à nous introduire en tiers dans la conversion de Zachée ou la guérison de l'aveugle-né; mais nous avons à être touchés comme le premier et illuminés comme le second.

 

Tout baptisé, en fait, revit l'expérience bouleversante qui fut celle de la femme de Samarie, du pauvre enténébré dont le Christ eut pitié, ou de Lazare, sauvé de la mort.

 

... l'occasion pour chacun de nous de ratifier le "fiat" de la sainte Vierge, en profitant de la solidarité qui nous unit à elle et de l'analogie entre sa situation et la nôtre.

 

Est-ce que la liturgie de l'Avent ne nous replace pas en deçà d'une nouvelle célébration de la Nativité? Est-ce que plus simplement encore, nous ne nous retrouverons pas chaque matin et à tout instant du jour, dans le cas de recevoir la vocation, l'appel, la volonté de Dieu sur nous à ce moment-là? Est-ce que nous ne devons pas y répondre avec la même simplicité que Marie, de telle sorte que nous revivions, nous aussi, l'expérience spirituelle de la mère de Dieu?

 

"Qui est ma mère et ce qui sont mes frères, dit Jésus? Et montrant ses disciples d'un geste de la main, il ajouta: Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est au cieux, celui-là m'est un frère et une soeur. " (Mt. XII, 49)

 

 

 

 

 

Peut-être aurions-nous avantage, durant ce Temps de l'Avent, à reprendre la coutume, tellement simple mais si profondément chrétienne, de réciter l'Angelus aux trois tournants de nos journées.


Ce serait une excellente façon de nous remettre régulièrement à l'écoute du Seigneur, aux ordres de sa Volonté, afin de lui donner, par une disponibilité accrue, la possibilité de prendre corps en nos vies.

 

Ce Temps ne nous oriente pas seulement vers la naissance de Jésus mais vers la Parousie triomphale du Christ; il associe notre attente à celle de l'Ancienne Alliance, et le Ciel à la terre.

 

Il ne faudra jamais oublier l'un ou l'autre de ces points de vue, si l'on veut que notre célébration liturgique et notre vie chrétienne par conséquent restent bien axées suivant le Plan divin en son entier, tel que le Père l'a imaginé dans son amour éternel pour les hommes. Or, tout y est inséparable, précisément parce qu'il n'y a qu'un seul et même Dessein providentiel, un seul et même Mystère, qui se réalise en l'Incarnation rédemptrice de notre Seigneur, mais embrasse toute la Création, de l'Eden à la Parousie.

 

Jésus nait pour nous, comme il est mort pour nous. C'est afin de nous assurer une résurrection des âmes et des corps que le Christ a ressuscité, premier d'entre les morts. Cf I Cor. XV) C'est en précurseur qu'Il est monté aux cieux (Hebr. VI,20). C'était déjà pour son mystère pascal et sa glorification nous soient communicables que le Verbe vint sur la terre et s'incarna dans le sein de la Vierge Marie:" Tu concevras et enfanteras un fils, lui dit Gabriel, et tu lui donneras le nom de Jésus-Sauveur...

 

Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père (autrement dit: c'est le Messie); il règnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n'aura point de fin.""Cujus regni non erit finis" chantons-nous équivalemment au Credo, pour désigner l'Eternité bienheureuse où le Jugement dernier introduira définitivement ceux qui auront accepté de s'associer aux Mystères de la vie terrestre du Christ.

 

 


 


 


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Rédigé par dom Claude Jean-Nesmy

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