Publié le 26 Février 2018

   Que sera le jugement des âmes moins parfaites, qui ont toujours, ou au moins à la fin, préféré Dieu à tout, l'ont servi ou se sont repenties par amour de l'avoir trop longtemps oublié, à qui la grâce a fait accomplir , avant la mort, un dernier acte d'amour capable de laver toutes leurs souillures, et d'effacer toutes leurs coulpes, mais que leur pénitence trop tardive, insuffisante, laisse redevables à la justice des expiations et des peines dues à leurs péchés pardonnés par la miséricorde ?

   Ces âmes ne voient pas Dieu, ni le Christ, mais elles commencent à éprouver avec une intensité inouïe, d'autant plus nouvelle qu'aucune expérience spirituelle éminente ne les y a préparées, ce que les mystiques nous disent être l'effet sur l'âme qui se sent pécheresse des rayons de la sainteté de justice.

   Elles voient leur propre justice comme un linge souillé; elles se sentent douloureusement inadaptées à la vie du ciel. Elles se sentent comptables à la divine justice d'expiations compensatrices pour toutes ces fautes pardonnées quant à la coulpe, mais non remises quand à la peine encourue. Dieu les éclaire sur leurs insuffisances, leurs disproportions à la vie bienheureuse avec les saints ; il leur montre ces scories qu'elles ont à laisser consumer. Dans l'amour de la justice, elles acceptent ce délai douloureux, et dans la conformité parfaite de leur volonté avec celle de Dieu leur purgatoire rigoureux commence.

   C'est là pour elles le jugement.

   Quant aux pécheurs impénitents, que les longs mépris de l'amour ont rendus particulièrement indignes d'une miséricorde pourtant inlassable, qui se sont volontairement aveuglés, égarés, enfoncés dans le péché et qui sont morts dans l'impénitence,  dans un dernier refus de leur coeur à Dieu, ils se voient aussi tels qu'ils sont : affreusement vides, dépouillés, privés de toute charité, indignes de toute dilection, abandonnés sans retour à la privation qu'ils ont choisie , au tourment de l'absence éternelle de Celui dont ils ont méprisé l'amitié.  Ils voient quel usage ils ont fait, contre Dieu, de leurs biens, de leur être, de leurs puissances, de leur corps, en quel mépris du sang rédempteur et des moyens de salut ils ont vécu et sont morts. Incapables désormais d'une grâce qui les convertisse, ils s'enfoncent dans la haine et maudissent celui dont la sainteté les repousse. Pour eux le jugement c'est de se voir dignes de l'enfer et d'y tomber.

   Le terme de jugement a donc des significations bien diverses, selon qu'il s'applique aux saints, aux justes ou aux pécheurs impénitents, aux réprouvés, mais il fallait, pour le bien entendre, échapper à l'emprise des images trop humaines.

   Que sont , en effet, auprès de la joie exultante des saints, accueillis par l'amour infini, la joie humaine d'un acquittement mérité et obtenu de quelque tribunal de la terre, devant lequel on a comparu innocent; auprès de l'acceptation amoureuse par l'âme juste des peines du purgatoire, la résignation d'un coupable qui s'amende, veut purger sa peine et se réhabiliter devant les hommes; auprès du désespoir impuissant des damnés, l'accablement des grands criminels que la justice humaine condamne sans retour et dont l'horreur des crimes fait rejeter le recours en grâce par l'autorité souveraine.

   Loin que le mot jugement se dise en un sens diminué du jugement de Dieu, tel que nous l'avons expliqué, c'est le jugement des hommes qui n'est qu'un lointain et pâle reflet des jugements de Dieu. Souvent même il n'en est qu'une image horriblement déformée: les juges humains peuvent se tromper, acquitter par erreur des coupables indignes de tout pardon, ou au contraire condamner des innocents, il est parfois des juges prévaricateurs, des tribunaux dont l'autorité est usurpée, dont tous les actes sont entachés d'injustice, où les méchants jugent les bons, où des monstres condamnent des saints. Dans le jugement divin tout est vérité, justice et sainteté.

   Quelle folie c'est de ne pas utiliser, en vue de la vraie fin, cette vie si courte, qui nous est donnée pour préparer notre éternité. " Ne vous y trompez pas, dit  saint Paul ; on ne rit pas de Dieu. Ce qu'on aura semé on le récoltera. Celui qui sème dans sa chair, moissonnera, de la chair, la corruption; celui qui sème dans l'esprit, moissonnera de l'esprit , la vie éternelle.

   Ne nous lassons donc point de faire le bien; car nous moissonnerons en son temps si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc pendant que nous avons le temps, faisons le bien ..." (Gal. VI, 7,10) . Jésus disait à ses disciples :" Nous avons à accomplir les oeuvres de celui qui m'a envoyé, tant qu'il fait jour; vient la nuit où personne ne peut travailler" . 'Jean, IX , 4 )

   Il nous faut nous hâter de faire pénitence de nos péchés, écouter les appels du coeur de Dieu et nous réconcilier avec lui, si nous avons perdu son amitié, afin que la mort ne nous surprenne pas dans cet état, sans que nous ayons pu nous reconnaître et nous repentir.

   C'est folie d'oublier la plus urgente des tâches et les avertissements de l'Evangile et des saints qui leur font écho :" Si vous ne faites pénitence vous périrez tous " . (Luc XIII, 5 )

   " Pendant que nous sommes en ce monde... faisons de tout coeur pénitence du mal que nous avons commis dans notre chair afin que nous soyons sauvés par le Seigneur. Car, après être sortis de ce monde nous ne pouvons plus là-bas faire l'exomologèse ni la pénitence .

   " La douleur de la peine sera alors sans fruits de pénitences, vaines seront les larmes, inefficaces les prières ... C'est ici-bas qu'on perd la vie ou qu'on la gagne. C'est ici-bas qu'on pourvoit au salut éternel par le culte de Dieu et le fruit de la foi. "

   " Il vaut mieux, dit saint Grégoire de Naziance , être châtié et purifié maintenant que d'être envoyé au tourment quand est venu le temps de la peine et qu'est passé celui de la purification.  Et Jean Chrysostome prie, supplie ses auditeurs de se convertir ,"  de peur d'avoir à se lamenter inutilement comme le mauvais riche, quand ils seront partis là-bas et que leurs prières ne pourront plus leur apporter aucun remède."

 " Comment te risques-tu à te reposer à ce point sans crainte, puisque tu dois paraître devant Dieu, rendre compte de la moindre parole et de la moindre pensée ? "

saint Jean de la croix .

rp Lavaud op +

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 26 Février 2018

   Tant qu'elle vivifiait le corps, l'âme ne savait pas avec une absolue certitude, à moins de grâces mystiques éminentes ou de révélation particulière, si elle était digne d'amour ou de haine; au milieu même des transports de charité, dans la plus ferme espérance en le secours de Dieu, elle devait compter avec sa propre défectibilité; au contraire, en s'adonnant au péché, elle pouvait présomptueusement escompter un pardon dont elle se rendait chaque jour plus indigne.

   Après la mort, par le dégagement des liens du corps, elle est désormais fixée dans l'adhésion à Dieu ou l'aversion de Dieu, dans l'amour ou le refus de l'amour; elle se voit telle qu'elle est, digne d'amour ou de châtiment, de l'accueil divin ou de la répulsion divine.

   En cet état de séparation, l'âme vivant de la charité et de la grâce perçoit le rythme de sa vie en Dieu. Elle prend une conscience immédiate , parfaitement lumineuse, de l'amitié qui la lie à Dieu. Elle se sent , elle se voit aimée parce qu'aimante. Elle perçoit Dieu son Ami, la Trinité glorieuse, habitant en elle, plus intime à elle qu'elle-même et la vivifiant, la sanctifiant par sa divine présence d'amour. Parvenue, au temps de son mérite, par les épreuves et les purifications douloureuses de la vie mystique, aux fiançailles spirituelles, puis au mariage spirituel ou union transformante, qui fait d'elle, dans l'ordre de l'amour une même chose avec Dieu, elle se voit telle qu'elle est, toute pénétrée, toute transformée, toute consumée de ce divin amour, en égalité d'amour en Dieu.

   Elle se voit digne de l'éternelle vision et de la gloire, elle voit de quelle demeure dans la maison du Père elle est digne, elle voit Dieu même et, en lui, ce qu'il est pour elle et ce qu'elle est pour lui. Elle est emportée au sein de Dieu dans les abîmes sans fond de la vie divine.

   A son sujet, il ne saurait être question des choses redoutables évoquées par les termes d'accusation et de sentence.  Le jugement pour cette âme , c'est l'accueil en Dieu par Dieu même, c'est l'élan irrésistible qui la jette dans le sein de la divinité, qui la plonge, qui l'immerge, toute vive et frémissante dans la plénitude de la joie, dans la béatitude même de la Trinité. C'est l'étreinte enivrante qui ne se desserrera jamais plus. C'est le commencement, l'acte inaugural de la possession béatifiante, où elle goûte enfin, en le voyant sans voile, " combien le Seigneur est doux " . C'est la rencontre avec le Christ son Sauveur, avec la Vierge, mère du Rédempteur et mère des rachetés, c'est l'embrassement spirituel de tous les saints parvenus avant elle à la vision glorieuse.

   L'âme du juste, consommée en amour, est en parfaite sécurité. Entre la mort et l'entrée dans la gloire, elle n'a pas un instant d'angoisse sur son sort. Le même acte d'amour durant lequel survint la mort continue, amplifié dans la sécurité de la vision commençante, et ne finira pas. 

   La beauté, la grandeur , le tragique de la mort, ce n'est donc pas ce qui nous frappe, ce n'est pas de quitter ce monde, cette vallée de larmes, ces médiocres biens qui nous entourent, ce n'est pas même le déchirement, si poignant , des coeurs qui s'aiment, ni la dissolution et la décomposition de la chair, abandonnée par l'âme comme une dépouille, mais c'est que l'âme qui quitte ce monde, à l'instant même où elle se dégage, voit fixer son sort éternel et que ce sort dépend uniquement de l'état de justice surnaturelle ou de péché où elle se trouve à l'instant précis de la mort !

 

rp Lavaud op +

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 26 Février 2018

Rédigé par Philippe

Publié dans #videos

Repost0

Publié le 26 Février 2018

Dom Paul Delatte, troisième abbé de Solesmes, était un père spirituel dans toute la force du mot. Sa doctrine était enracinée dans la Sainte Écriture, mais aussi dans la connaissance de la nature humaine. D'une main ferme, il savait faire grandir les âmes pour les conduire à la vraie liberté. Nous présentons aujourd'hui au public un ouvrage épuisé depuis longtemps, condensé de son enseignement:

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 25 Février 2018

" Ne jugeons pas de tout du seul point de vue de la raison. Il faut savoir renoncer à certaines lumières inférieures ou prétendues lumières, pour en recevoir d'autres beaucoup plus élevées.

Il faut que le soleil se cache pour que nous puissions voir les étoiles dans les profondeurs du firmament; de même il faut savoir renoncer à cet abus de la raison, qu'on peut appeler un rationalisme pratique, pour découvrir la splendeur très supérieure des grands mystères de la foi, et pour vivre d'eux profondément.

rp Garrigou Lagrange. op +

" Le drame qui nous guette, et qui guette tant de chrétiens, est la perte de la foi. Elle se révèle dans une incapacité à discerner en soi-même et dans l'autre, cette lumière qui éclaire et réchauffe. Le démon, le maître de la nuit, ne peut que se féliciter d'un tel état de fait. Enfermer l'homme dans sa nuit pour l'empêcher de s'ouvrir , de se convertir à la lumière, et de devenir ainsi lumière pour les autres, est son éternelle recette. "

dom Jean Pateau . osb +

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 25 Février 2018

 

 

 

 

 

 

pas étonnant qu'on ait si froid ! le voilà le Moscou Paris .. alalala ! c'était planqué dans ses bagages ... quelle misère. méfiance, il parle français ! bravo Valentin.

 

you had to leave the cold in Moscow! 

"Heureux de faire partie d’une des plus grande maisons dans le monde appelée « Le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris ». Merci pour Vos soutiens! "

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #divers

Repost0

Publié le 24 Février 2018

  

  

   Jésus prit avec lui Pierre Jacques et Jean - les futurs témoins de son agonie au jardin de Gethsémani - et il monta avec eux à une haute montagne pour prier, seuls, à l'écart.  Quelle montagne ? Certains ont pensé à quelque sommet de l'Hermon, d'où l'on découvrait à la fois le monde païen et le monde juif, mais une tradition, depuis quinze siècles unanimes, désigne le Thabor, qui domine la plaine d'Esdrelon et d'où l'on voit la Galilée, du lac à la mer.

   " Pendant qu'il priait, dit saint Luc, il fut transfiguré en leur présence . L'aspect de son visage devint autre (" Il brilla comme le soleil" , dit saint Matthieu ) et son vêtement d'une blancheur éclatante " . " Ses vêtements devinrent éclatants, si blancs qu'aucun foulon sur la terre ne peut blanchir de la sorte" .('Marc) " blancs comme la lumière " (Matthieu ) . Et voici que deux personnages s'entretenaient avec lui, lesquels étaient Moïse et Elie qui, apparus avec gloire, parlaient avec lui de sa mort qu'il avait à subir à Jérusalem.. "

    " Or , Pierre et les compagnons étaient accablés de sommeil, mais s'étant réveillés, ils virent sa gloire et les deux personnages qui se tenaient avec lui. Pierre, toujours serviable et empressé, proposa de dresser trois tentes pour Jésus et les deux Prophètes. Car " il ne savait que dire " (Luc ) ., ' il ne savait pas ce qu'il disait " . (Marc) tant ils étaient tous les trois effrayés. 

   Pierre parlait encore qu'une nuée survint et les couvrit. L'effroi des disciples redoubla. Soudain, Jésus se trouva seul.

    Tels sont les faits , d'après les trois évangiles synoptiques .

   La raison s'en dégage aisément . Jésus avait annoncé sa Passion et sa mort, condition de sa résurrection, de sa glorification et de notre salut. Il avait proclamé la nécessité, pour ses disciples, de se renoncer et de porter sa croix . Il était bon qu'avant les obscurités, les ténèbres, les ignominies de la passion, il montrât la clarté de la gloire qu'il obtiendrait et communiquerait aux siens . Ce souvenir lumineux , obnubilé chez les témoins eux-mêmes  à l'heure de la passion, mais consigné dans l'Evangile de Jésus, Fils de Dieu, serait à l'avenir, dans l'épreuve et le martyre, un gage aux chrétiens .

   Jésus fit donc ce miracle d'interrompre - cette seule fois, et pour un cour moment - le miracle permanent qui empêchait la gloire de son âme de rayonner jusqu'à son corps pour le soustraire aux conditions communes de la vie humaine, à la souffrance et à la mort . Il laissa cette gloire illuminer son visage et ses vêtements même .

   La Transfiguration , explique le P. Lagrange, apparaît comme l'antistrophe et l'antithèse de l'agonie de Gethsémani. Aussi a - t- elle les mêmes témoins . Avec jésus transfiguré, Moïse et Elise, les deux plus grandes figures du Judaïsme, s'entretiennent de la passion prochaine où Jésus Rédempteur entrera dans sa gloire . Ils rendent ainsi hommage par avance à cette passion qui devait scandaliser les Juifs . D'après les Pères, que résume saint Thomas , la clarté du corps annonce la future clarté du corps glorieux . La clarté du vêtement présage la future clarté des saints, qui sera surpassée par la clarté du Christ, comme la candeur de la neige est dépassée par l'éclat du soleil. Les justes et les saints sont le vêtement de la gloire de l'esprit ou l'image de la puissance du Père par laquelle les saints seront mis à couvert dans la gloire à venir . Elle représente aussi la clarté du monde renouvelé, annonce la transfiguration de la terre et des cieux , habitacle des saints . 

 

   La voix du Père se fait entendre  . Et la gloire de Jésus se voile . En descendant de la montagne , il défend à ses compagnons de raconter à personne ce qu'ils avaient vu , " si ce n'est quand le Fils de l'homme sera ressuscité des morts " . Et ils gardèrent la recommandation, se demandant entre eux ce que signifiait " quand il serait ressuscité des morts " .

   Jésus lui-même mettait donc expressément le mystère de sa transfiguration en rapport avec celui de la résurrection qu'il annonçait et dont il faisait paraître , furtivement , la gloire .

    Cette lumineuse lumière, cette clarté, trouveraient leur explication après les heures sombres et les souffrances inouïes de la passion dans la joie de Pâques . D'ici là , qui pourrait comprendre ?

rp Lavaud OP +

 

  

 

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 24 Février 2018

 

 

photo Natalia .

 

Vladimir va au boulot !

 

pigeons russes !

 

ici Vladimir à vous le petit Placide !

et le bonnet ça sert à quoi ? quelle misère !

 

Russian villains !!! . ils ont gelé les pianos , pas étonnant ! comme l'eau bénite à Fontgombault !

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #divers

Repost0

Publié le 24 Février 2018

   Dès les premières manifestations de son ministère, Jésus se heurte aux tristes misères et aux implacables méchancetés dont il doit mourir. La poignante histoire de sa tentation au désert montre qu'il n'a pas du tout l'intention d'échapper aux dures nécessités par de fausses grandeurs. Il est décidé à mener sa vraie grandeur dans la patience.

   Satan essaie en vain sur le Christ ce qu'il a tenté, et, je crois bien , réussi, sur tant de chefs de peuples et de meneurs d'hommes: ils doivent ne se priver de rien, ils doivent s'imposer par beaucoup d'ostentation et par beaucoup d'empire. C'est  une voie toute opposée que choisit Notre--Seigneur, celle qu'il saura si bien dire en ses béatitudes parce qu'elle est si entièrement et si résolument la sienne.

   De temps à autre, la colère le prend, l'indignation lui arrache de dures imprécations. Mais tout cela est retenu, et sa patience au fond est inlassable. Par ce côté patient de sa vie, il s'apprend à souffrir, comme dit saint Paul, et il s'exerce à la grande obéissance de la croix. Nous avons là comme le revers et la contrepartie de sa grandeur.

   Jésus se mêle sans précaution à tout et à tous. Vous le rencontrez dans la poussière des routes, dans la bousculade des foules, dans les celliers, dans les déserts, à la montagne et à la mer. Il ne mange pas toujours à sa faim. La fatigue le prend. Les gens le harcèlent. Ses ennemis l'espionnent, et il en est parmi eux qui ne plaisantent pas. Il accueille tout le monde. Il n'envoie promener personne. Il se fait le guérisseur des bancals, le prédicateur des petites gens, l'ami des pécheurs. Bien des fois vous l'eussiez vu, il ne fait pas figure de grand homme. Une souveraine domination cependant ne le quittait pas, mais elle se faisait dans la patience . Son précurseur, un vaillant lui aussi, avait eu l'intuition de cela lorsqu'il avait montré du doigt ce Messie sous le signe de l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.  Des prophètes l'avaient également prédit tel qu'un agneau qui se laissera tondre sans se plaindre et mener à la boucherie sans se révolter.

   Nous sommes assez habitués à considérer cette patience de Jésus. Il nous semble même qu'elle nous est due et qu'elle va de soi. Il ne faut d'ailleurs ni l'exagérer ni l'édulcorer. Elle n'est empreinte d'aucune lassitude, d'aucune pusillanimité. Il ne faut surtout jamais la séparer d'avec les vertus de grandeur.

   La patience de Notre-Seigneur , envers nous, envers tout, est , elle aussi, pleine de grandeur d'âme. Et il ne faut pas moins de force et d'énergie morale d'un côté que de l'autre. D'autant qu'elle est tout enveloppée, je veux dire de cette patience de Jésus, de beaucoup de condescendance et de ce que j'ai nommé la gentillesse. On est fort quand on est là. A peine deux ou trois fois on l'entend gémir de son isolement et de l'incompréhension qui l'entoure, comme la fois qu'il pousse cette plainte étrange, rappportée par les trois synoptiques :" O génération incrédule et gâtée ! jusques à quand serai-je près de vous ? jusques à quand vous supporterai-je?

   Malgré tout, il nous supporte gentiment bien, notre Sauveur. il se fait petit avec nous. Il nous mâche le pain de la vérité et de la vie. Il est toujours prêt à tout pardonner: vous savez jusqu'où il va dans ce sens. Il aime jusqu'à ses ennemis les plus déclarés, il ne fait que du bien à ceux mêmes qui le haïssent, il prie pour ceux qui le calomnient ou le persécutent, il bénit ceux qui le maudissent.

   C'est dire qu'il patiente avec tout ce qui est cause de sa mort. Et cependant ne croyez pas qu'il soit durci et insensible. Il a voulu donner aux témoins de sa transfiguration le spectacle navrant de son agonie. Nous sommes fixés à cet égard, et c'est là , dans cette nuit de Gethsémani, qu'il faut mesurer la patience de Jésus, la grandeur d'âme dont elle s'accompagne , et la force qui les nourrit l'une et l'autre.

   En revanche , ces deux vertus de patience et de magnanimité qui ont rehaussé toute sa vie vont venir l'aider dans la mort . Vous méditerez la Passion sous ce double aspect.

   Vous verrez comme Jésus est grand dans sa Passion.

   Vous verrez comme Jésus est patient dans sa Passion.

   Et vous n'aurez pas de peine à démêler à travers cela l'étonnante fermeté d'âme qui porte en lui si haut la vertu de force .

rp Bernard . op +

  

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0

Publié le 24 Février 2018

Rédigé par Philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0