Publié le 23 Juin 2018

 

 

 

"Etre capable de trouver sa joie dans la joie de l'autre : voilà le secret du bonheur. "

"Poder encontrar la alegría en la alegría del otro:

ese es el secreto de la felicidad. "

 

bernanos.

 

ça au moins, j'ai su faire , ça aurait servi à quoi tous mes petits !

 

 

Eternel créateur du monde,
toi qui gouvernes les nuits et les jours
fais succéder les temps aux temps
pour alléger la lassitude

Le hérault du jour déjà sonne
le veilleur de la nuit profonde,
clarté nocturne aux voyageurs,
séparant la nuit de la nuit.

Par lui réveillé, Astre porteur de lumière
Délivre le ciel des ténèbres,
par lui tout le choeur des rôdeurs
abandonne les voies du mal.

Par lui le marin reprend force
et la houle des flots s’apaise ;
La Pierre même de l’Eglise
à son chant a lavé sa faute.

Levons nous donc avec courage ;
le coq éveille ceux qui gisent,
invective les somnolents ;
le coq confond les renégats

Au chant du coq, l’espoir renaît,
la santé revient aux malades,
l’arme du bandit se rengaine,
la foi s’en retourne aux pécheurs.

Jésus, regarde qui chancelle
et par ta vue corrige-nous
sous ton regard, nos faux pas cessent,
nos pleurs effacent notre faute.

Reprends ton éclat dans nos âmes,
dissipe le sommeil du coeur ;
pour toi d’abord, que nos voix sonnent :
acquittons nos voeux envers toi.

+

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Juin 2018

La fête du Vœu est une célébration annuelle tenue à Assise, commémorant le retrait de l'armée de Vital de Aversa, allié de l'empereur Frédéric II, du siège de la ville d'Assise, attribué aux prières de sainte Claire (11 août, 22 juin et 23 septembre, Invention des reliques), qui était encore en vie, et de ses sœurs.

L'empereur Frédéric II était en guerre avec le Pape, et bien que le Pape lui lançait des excommunications pour qu'il se rétracte, le chef espiègle engageait des mercenaires de Mahometan pour le combattre, qui, bien sûr, ne se souciait pas des excommunications du Saint-Siège. C'est dans ce contexte qu'a eu lieu le siège d'Assise, ville favorable au Pape.

En 1240, cette terrible armée mahométane a dévasté la vallée de l'Espoleto, et les religieuses qui se trouvaient à San Damiano, à l'extérieur des murs d'Assise, craignaient le pire. Ils sont venus, comme des colombes effrayées, autour de Mère Clara, qui était prostrée ; elle s'immergea dans la prière, devant l'Époux de son âme, elle entendit une voix qui lui disait, en réponse à ses prières : "Je la défendrai toujours". Par inspiration divine, il se fit emmener aux murs du monastère, d'où toute la vallée était visible, et dans un esprit de prière, il éleva le Copón avec les Hosties consacrées, qu'il portait dans ses mains. Ce que nous disent les moniales qui ont été témoins du processus de canonisation en cours, c'est que l'armée a fui avant cette vision. Ce n'est pas connu. Seulement que le Seigneur a tenu sa promesse de sauvegarder ses femmes et la ville qui les a accueillies. C'est la raison pour laquelle l'iconographie représente Claire avec l'ostensoir (esthétiquement plus approprié que le Ciborium qu'elle portait à l'époque), mais surtout à cause de sa grande foi en Jésus dans le Saint Sacrement.

Mais ce n'est pas tout. Un an plus tard, en 1241, l'armée de Vital d'Aversa assiégea cette fois la ville d'Assise. Il y a eu plusieurs jours de siège de la commune pauvre, au milieu de la chaleur estivale, car c'était en juin ; la population sans défense n'attendait que l'imminence d'une attaque. Et c'est là encore, Mère Clara, se souvenant de la promesse de son Divin Époux, demande aux sœurs un jeûne sévère, une pénitence et une prière pour la ville. La tension des jours était surtout ressentie dans le monastère de San Damiano, où les Pauvres Dames, présidées par leur Mère Abbesse avec cendres, pénitence, larmes, prières et jeûne sur le pain et l'eau, certains ne goûtant même pas le goûter, criant pour le salut de la ville d'Assise, et du monastère lui-même, s'offrant comme victimes d'expiation.

Et c'est ainsi que, du jour au lendemain, sans aucun affrontement, l'armée ravageuse a brisé le camp et a commencé à battre en retraite. Lorsque les gardes sur les murs d'Assise ont raconté aux gens et aux autorités ce qui s'était passé, ils n'en croyaient pas leurs yeux. Inexplicablement, le siège d'Assise a pris fin. Les yeux et les cœurs reconnaissants se tournèrent vers le monastère des Pauvres Dames, et depuis lors ils instituèrent la soi-disant "Fête du Vœu ou de la Promesse" pour remercier les sœurs et Claire pour leur intercession. Avec le temps, la fête a été oubliée, et c'est le maire d'Assise, Arnold Fortini, tertiaire franciscain, qui l'a restaurée au début du XXe siècle. Mère Maria Victoria Triviño OSC, dans son article "Sainte Claire d'Assise, fêtes, dévotion et art" décrit le rite annuel comme suit :

    "La procession commence sur la Plaza de San Rufino où se trouve la maison natale de Santa Clara et se dirige vers la Plaza del Común. Là, les autorités locales attendent avec les macéros de la Mairie, portant des bougies à offrir à la Dame Pauvre. De là, la procession se poursuit jusqu'à l'église de Santa Clara, où ils rendent hommage et déposent des fleurs dans la crypte, à côté de l'urne contenant leurs restes. De là, ils vont au couvent de San Damiano. A la tombée de l'après-midi, l'itinéraire est éclairé des deux côtés avec des fiacres ou des torches à suif. Arrivés à San Damiano, ils célèbrent la messe sur la place. (M.M. Victoria Triviño OSC. "Sainte Claire d'Assise, fêtes, dévotion et art" 3.4. La fête du vœu).

Bien que Mère Triviño dise que la date de la fête est le 26 juin, la commémoration a lieu le 22 juin, sous la devise de Fray Contardo Miglioranza.

Pour conclure, nous pouvons constater que si le monde d'aujourd'hui voit les moniales cloîtrées comme des êtres apparemment inutiles, l'exemple de sainte Claire et de ses sœurs et de nombreux autres saints nous montre le contraire ; un jour, quand le Seigneur le permettra, nous serons conscients de la grande pluie de grâces qui tombe sur le monde et du nombre infini de maux qui sont évités grâce à la puissance d'intercession de ces âmes consacrées et de la prière en général.

source


 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Juin 2018

 

Le nombre de prêtres nouvellement ordonnés augmente légèrement, mais il y a encore trop peu d'intérêt pour les vocations pastorales de Vienne - le nombre de prêtres nouvellement ordonnés dans l'Église catholique augmentera légèrement cette année par rapport à l'année précédente.

Au moins 22 hommes qui viennent d'Autriche ou qui ont terminé une partie substantielle de leur formation sacerdotale dans le pays seront ordonnés prêtres catholiques en 2018, a rapporté le "Kathpress".

Avec les 22 hommes, le nombre d'ordinations se rapproche à nouveau de la moyenne des dix dernières années (25 à 35 ordinations sacerdotales), selon Kathpress.

En 2017, 20 nouveaux prêtres ont été ordonnés. A la fin de l'année dernière, il y avait un total de 3 920 prêtres catholiques en Autriche, dont 427 ne sont pas autrichiens.

D'autre part, environ 150 prêtres autrichiens servent aussi à l'étranger.

En raison du manque de prêtres, de nombreux secteurs sont inoccupés ; les 660 paroisses viennoises actuelles seront réduites à 140 "espaces de développement" dans les années à venir.

Le nombre de catholiques ne diminue que lentement - 5,11 millions de catholiques doivent être pris en charge dans toute l'Autriche, leur nombre diminue actuellement à un taux de un pour cent par an. Huit des candidats à la consécration de cette année sont nés en Autriche, quatre en Allemagne et au Nigeria, trois en Pologne, un aux Etats-Unis, un au Chili et un au Vietnam.

L'âge moyen à la consécration est de 34 ans, le plus jeune a 26 ans et le nouveau prêtre le plus âgé a 43 ans.

faut attendre que les petits chanteurs grandissent, mais je serai mort !

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Juin 2018

 

 

 

mer peu agitée, vent faible, force du Saint -Esprit... ¡

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Juin 2018

 

Demain, Séville accueillera l'ordination de sept nouveaux prêtres diocésains et d'un prêtre religieux qui se rendra à l'Ordre de Saint-Vincent de Paul à Madrid.

Irlande :

 

 

L'ordination du premier prêtre dans le diocèse de Kerry depuis 11 ans a été annoncée et doit avoir lieu dans moins de deux semaines dans le nord du Kerry.

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Juin 2018

 

 

misericordias  Domini, in aeternum  cantabo !

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 22 Juin 2018

it's growing fast! bravo !

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Rédigé par Philippe

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Publié le 21 Juin 2018

La librairie était trop petite. De nombreux facteurs se sont réunis : le prestige de l'auteur, le thème qui est toujours d'intérêt, et le protagoniste du thème, le grand Padre Pio. C'est le lancement en Espagne du livre de Marco Tosatti Padre Pio contra Satan (Padre Pio vs. Satan), qui a eu lieu lundi dernier dans la librairie San Pablo sur la place Jacinto Benavente de la capitale espagnole.

Un livre basé sur des sources qui font autorité, c'est-à-dire des lettres de saint Pie de Pietrelcina lui-même, des textes des huit volumes de la Positio - la collection de documents utilisés dans la canonisation - et de nombreux témoignages de personnes du monde entier qui ont été favorisées par l'action ministérielle du prêtre.

Religionenlibertad.com a parlé à Tosatti de ce qui l'a amené à publier l'ouvrage et certains de ses aspects les plus essentiels.

Voici quelques textes de ce dialogue :

Pourquoi Padre Pio de Pietrelcina est-il si populaire et pertinent ?

Sans aucun doute, en Italie, il est l'un des saints les plus aimés du peuple. Il est difficile d'entrer dans une entreprise, un restaurant, un lieu public et de ne pas voir des images d'eux sur l'écran. Je crois que c'est parce qu'il est l'un des saints de l'histoire qui a accompli plus de grâces et d'intercessions. J'ai lu les 8 volumes de la Positio, la collection de documents sur lui qui servent de base au processus de canonisation, et il y a des centaines de témoignages de personnes en Italie et dans d'autres pays qui ont reçu ses faveurs extraordinaires.

Il a été le protagoniste de phénomènes étonnants : bi-locations, guérisons, lecture des âmes rien qu'en regardant la personne, des choses comme ça....... Cela le rend extraordinaire, différent des autres saints et très populaire. Aujourd'hui, des groupes de prière inspirés par Padre Pio sont créés dans le monde entier.

Et qu'y a-t-il de si spécial dans la relation avec Padre Pio et le diable ? Après tout, le diable ne tente-t-il pas tous les chrétiens ?

La particularité de Padre Pio était qu'il ne s'agissait pas seulement d'une lutte spirituelle, mais aussi de moments extrêmement physiques, à tel point que les frères qui vivaient avec Padre Pio entendaient les bruits de combat venant de sa cellule et le lendemain matin, ils voyaient que les fers du lit étaient tordus, comme si une force surnaturelle les avait pliés. Et ils virent Padre Pio avec des bleus et des coups, comme s'il avait été battu.

Même jeune, avant d'être envoyé à San Giovanni Rotondo, le supérieur lui demandait de prier le Seigneur pour qu'il ne permette pas tant de bruit au diable parce que d'autres frères étaient effrayés. C'était quelque chose de très visible. C'est ce qui est arrivé à Padre Pio quand il s'est battu pour prendre des âmes au diable. Oui, il y a eu plus de saints dans la lutte contre le diable, mais Padre Pio est spécial à cause de cette lutte continue, physique et évidente, qui est vue en partie par d'autres.....

De plus, de mon point de vue, en tant que journaliste, en tant qu'écrivain, je vois une lutte épique de Padre Pio contre le diable, qui, même de l'extérieur de la foi, a une très grande valeur littéraire. Vous pouvez déjà le voir comme un enfant, quand il a une vision d'un très grand homme, un homme pervers, qui est le diable, qui voulait se battre avec lui.

Que signifie cette expérience de Padre Pio pour nous, pour notre temps ?

Je ne suis pas millénariste, mais je crois qu'il est possible que nous vivions une époque spéciale. La Vierge de Fatima a dit que nous sommes dans une bataille décisive entre les forces du bien et du mal, des forces qui attaquent la famille et les valeurs naturelles de base. Il semble que Dieu veut, par l'intermédiaire de Padre Pio, donner un signe que cette bataille a commencé et qu'elle est aussi surnaturelle.

Son livre comprend une deuxième partie avec des exemples d'autres saints qui ont été touchés de très près par le diable, comme Eustache de Padoue, Cristina de Stommelm et Mariam Baouardy.

Ce sont des saints que j'ai choisis parce que je crois qu'ils illustrent que, bien que le diable ait un large champ d'action, il est limité par Dieu. Par exemple, ce que nous savons sur Mariam Baoaurdy est attesté par la documentation scientifique de son époque. Autant que nous en savons sur Padre Pio. C'est comme si le monde voulait cacher le surnaturel, mais le surnaturel ne s'est pas laissé cacher.

Nous voyons que Dieu utilise le diable, d'une manière mystérieuse, comme un instrument, un instrument étrange, si vous voulez, mais qui sert à sanctifier les gens.

Nous voyons des gens d'une grande sainteté personnelle, mais qui souffrent sous le diable, parfois même possédés, pendant un certain temps, tout en maintenant la liberté de l'âme et de la volonté. J'ai toujours été frappé par la familiarité avec laquelle le diable, dans le Livre de Job, s'approche de la table de Dieu, et Dieu le reçoit tranquillement, et ils parlent..... Le diable est un autre instrument de Dieu !

Du mauvais Dieu tire de bonnes choses. C'est un mystère.......

Oui, c'est un mystère. C'est comme voir une broderie en dessous, c'est comme un chaos, un désordre de fils et de couleurs. Mais le brodeur, qui le voit d'en haut, en brodant un dessin, sait ce qu'il fait.

Au cours des dernières décennies, le nombre d'exorcistes dans l'Église catholique s'est multiplié, avec des cours, de la formation, et ils sont en relation les uns avec les autres par le biais d'Internet ?

Oui, parce que les gens ont demandé des exorcistes avec insistance. ... J'ai écrit un livre d'interview avec le Père Amorth (Mémoires d'un Exorciste, 2010, en italien "Inchiesta sul demonio"). Il a expliqué qu'il y a 30 ans, en France, en Belgique, en Autriche et en Allemagne, il n'y avait pas un seul exorciste. Leurs évêques ne croyaient pas au diable. Mais ils ont vu tant de cas, tant de pétitions, qu'il y a maintenant 4 exorcistes à Turin, plusieurs à Paris..... Et ces cours pour des centaines de prêtres, même des États-Unis.

Et y a-t-il quelque chose que nous apprenons, quelque chose de nouveau au sujet du diable en ce 21e siècle ?

Le diable est toujours à la recherche d'âmes, m'a dit le Père Amorth. Et c'est leur grande bataille. Mais son travail principal se fait sans attirer l'attention, d'une manière ordinaire. Le diable ne veut pas se manifester. Même les exorcistes ont du mal à discerner de nombreux cas, parce que le diable essaie de se cacher. C'est intéressant. Baudelaire l'a déjà dit : la meilleure stratégie du diable est de nous faire croire qu'il n'existe pas.

 

 

 

 

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Rédigé par Philippe

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Publié le 20 Juin 2018

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Publié le 20 Juin 2018

 
Ordination presbytérale de Johannes de Hasbourg et Didier Berthod

Toute ordination sacerdotale est l’occasion d’une action de grâce. Cette action de grâce est le fruit d’abord d’un émerveillement devant l’appel de Dieu.

Appel déroutant qui dépasse les programmes de vie que l’on s’était fixés, qui bouscule nos agendas. Appel mystérieux qui se fraie un chemin à travers des rencontres parfois impromptues, au fil de prises de conscience, au gré des aléas de la vie… Une conviction, au départ subjective, va devenir peu à peu une certitude consistante lorsqu’elle est confirmée, confortée par l’Eglise.

Cet appel au sacerdoce, au fur et à mesure qu’il s’affiche, nous dépasse et nous plonge dans la démesure de la miséricorde de Dieu à notre égard. Qui sommes-nous pour recevoir une telle mission, devenir ministres du Seigneur, pour le représenter ? «  Oh, que le prêtre est quelque chose de grand ! S’il se comprenait, il mourrait », disait le curé d’Ars. Un prêtre aîné me répétait il y a quelque temps : « Les prêtres sont de moins en moins nombreux. Il va falloir qu’ils ressemblent de plus en plus à Jésus-Christ  ».

Notre action de grâce en ce jour est aussi portée par la générosité de la réponse à cet appel du Seigneur. Dans quelques instants, Johannes et Didier vont se prostrer sur le sol de tout leur long, dans une posture qui signifie le don radical de soi, jusqu’à la mort à soi-même. Par cette prostration, Johannes et Didier exprimeront ainsi qu’ils épousent cette terre qui devient le lieu de leur mission, jusqu’à la déposition de leur corps sur elle, en elle. La seule réponse qui vaille face à l’appel de Dieu est un oui sans restriction et sans retour en arrière, jusqu’à la mort.

Le « oui » que Johannes et Didier vont prononcer sera pour vous et pour l’Eglise, source de salut et de bénédiction. Ce « oui » les projette dans une nouvelle dimension de leur existence. De fils, de frère, d’ami… ils deviennent désormais vos pères. Pères pour vous engendrer à la foi. Radicalement au service de votre sainteté et de la croissance de l’Eglise notre Mère. _


Cette cérémonie est action de grâce, mais aussi elle va transformer la vie de Johannes et de Didier qui vont recevoir le sacrement de l’Ordre. Ils vont devenir des médiateurs de la grâce de Dieu en étant configurés au Christ Bon Pasteur, pour agir in persona Christi, c’est-à-dire en la personne du Christ afin de le rendre présent. Désormais ils ne s’appartiennent plus.

Le centre de gravité de leur existence se déplace en direction de la mission que le Christ leur confie. Leur existence devient pastorale, c’est-à-dire qu’elle ne se comprend qu’à partir de la mission que Dieu leur confie. Le prêtre n’a de raison d’être que l’enfantement des âmes à Dieu. Il fait naître l’homme, tout homme à la vie de Dieu. Il donne Dieu. Il donne le goût de Dieu et fait grandir le Corps du Christ qu’est l’Eglise. _


La joie du prêtre est de susciter autour de lui le bonheur de croire en Dieu.

Son combat c’est de vaincre les résistances et les refus que suscite cette annonce dans le cœur de l’homme. Le combat commence par lui-même, en ce qui en lui freine ou interdit l’action du Seigneur. Souvent la joie de la mission se cueille, non seulement après, mais aussi au cœur de la bataille. Comme en témoignent les Actes des Apôtres, «  ceux-ci étaient tout heureux d’avoir été trouvé dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus  ».

Au cœur de la vie du prêtre, il y a l’eucharistie. Jamais le prêtre n’est autant prêtre qu’à la messe lorsqu’il prononce en la personne du Christ les paroles qui convertissent le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Moment d’intimité avec Dieu qui nous rejoint au plus intime de notre cœur. Moment de communion avec l’Eglise qui comme Corps du Christ, se construit à partir de l’eucharistie. Moment de sanctification du peuple chrétien, mais aussi de transformation du monde puisque celle-ci commence à partir de l’eucharistie. «  On ne comprendra le bonheur qu’il y a à dire la messe, que dans le ciel  », disait encore le curé d’Ars, qui ajoutait : « Voyez la puissance du prêtre : la langue du prêtre, d’un morceau de pain fait advenir Dieu. C’est plus que de créer…. »

Si l’efficacité du sacrement ne dépend pas de la sainteté du prêtre (Pastores dabo Vobis), l’Eglise souligne par contre que la sainteté du prêtre rend fructueux son ministère. Le prêtre est appelé à propager dans tous les compartiments de sa vie ce qu’il célèbre dans le sacrement de l’eucharistie. Sa vie entière se comprend, s’unifie, se perfectionne à partir de l’eucharistie. Comme le disait le pape Jean-Paul II « l’eucharistie, c’est ma vie. »

 
La qualité de la vie pastorale du prêtre dépend essentiellement de l’eucharistie.

C’était encore Jean-Paul II qui disait : « l’eucharistie est le sacrement le plus efficace pour l’évangélisation  » Nos initiatives aussi géniales soient-elles, resteront toujours des œuvres humaines. L’eucharistie elle, est l’œuvre de Dieu. Je peux parler beaucoup sur Dieu, à propos de Dieu, mais la vertu de l’eucharistie est de Le rendre personnellement et substantiellement présent. Le prêtre célèbre dans l’eucharistie «  source et sommet de la vie chrétienne » (Lumen Gentium n° 11), l’abaissement de Dieu, l’actualité de la Croix du Christ qui offre sa vie pour nous. Chaque messe accompagne notre marche vers la Patrie céleste. De messe en messe, nous marchons avec Dieu, vers Dieu. Le prêtre fait mémoire du Seigneur pour le faire vivre aujourd’hui en nos cœurs. Le prêtre signifie l’aujourd’hui de Dieu pour marcher ensemble sous sa conduite, vers un avenir qu’il a ouvert au matin de Pâques.

Par l’eucharistie, le prêtre nous apprend à discerner la présence de Dieu dans le pain et le vin offert. Tout Dieu dans la modicité de la parcelle d’hostie. L’infini dans l’infime. Tout le sacrifice du Christ dans une goutte de vin qui devient une larme de son Sang. La miséricorde divine s’exprime par ce geste inouï du Christ qui a voulu nous rejoindre au-dedans de nous-mêmes lorsque nous le recevons comme une nourriture. La miséricorde de Dieu s’exprime par sa descente jusque dans nos intestins, jusque dans nos entrailles.


Ministre de l’eucharistie, le prêtre est serviteur de la Miséricorde divine.

Face au mal le plus profond qui afflige notre humanité, qui blesse le cœur de chacun d’entre nous, la seule réponse qui permet à l’homme de ne pas désespérer de lui-même et des autres et même de Dieu, c’est la miséricorde qu’il nous révèle en son Fils. Il en est l’humble instrument. En raison de la miséricorde divine révélée par le Christ, l’homme ne peut tomber qu’en Dieu, aussi basse que soit sa chute. Par son ministère de la confession et en accordant le pardon de Dieu, mais aussi par son regard paternel, son attention à chacun et aux plus petits, par sa prévenance à l’égard des plus fragiles, le prêtre est homme de miséricorde.

Johannes et Didier, il vous faudra toujours revenir à cette infinie miséricorde de Dieu qui vous a choisis, appelés, bénis en ce jour consacré pour être ses ministres. Dans votre ministère de prêtre, vous aurez à vivre de pardon, en le donnant aux autres et aussi en le recevant pour vous-mêmes. Il vous faudra « recoudre », comme le disait Blanche de Castille qui s’adressait à son fils Louis IX, le futur saint Louis, à propos de la France blessée par tant de divisions. Oui, Johannes et Didier, vous serez des « couturiers de la grâce ». Recoudre, telle sera votre mission. Recoudre le fil rompu avec Dieu, avec les autres, avec son propre passé. Ce ministère de réconciliation sera votre joie mais aussi votre croix, en « complétant en votre chair ce qui manque à la Passion du Christ  ».


Johannes et Didier, le meilleur que l’on puisse souhaiter pour vous en ce jour de votre ordination presbytérale, c’est la fidélité. La fidélité dans la sainteté. La fidélité à travers vos pauvretés et parfois grâce à elles. En paraphrasant Bernanos dans son journal du curé de campagne : « La grâce des grâces est de s’aimer humblement soi-même.  »

+ Dominique Rey
- Abbaye de Saint-Maurice (Suisse)

Johannes de Habsbourg-Lorraine, arrière petit-fils du dernier couple impérial d’Autriche, sera ordonné prêtre le 16 juin 2018 à Vérolliez (VS), au sein de la Fraternité Eucharistein. Parcours atypique d’un “enfant du grand monde” qui a finalement trouvé Jésus auprès des “petits”.

“Mon Père, je m’abandonne à toi. Fais de moi ce qu’il te plaira”. Cette prière du bienheureux Charles de Foucauld est la préférée de Johannes de Habsbourg-Lorraine. Elle reflète au plus près sa trajectoire de vie, profondément marquée par un “lâcher-prise” face à la volonté de Dieu. Un Dieu qui l’a finalement “planté” dans une terre à laquelle sa naissance ne le destinait pas.

Johannes a en effet vu le jour en 1981 au sein d’une des plus fameuses familles d’Europe: les Habsbourg. Une dynastie traditionnellement catholique qui a été déterminante dans l’histoire du continent. Ses arrières grands-parents sont Charles Ier et Zita de Bourbon-Parme, dernier couple impérial d’Autriche. La Suisse a été leur premier pays d’exil, après la chute de la monarchie austro-hongroise en 1918. Charles Ier mourra sur l’île portugaise de Madère, en 1922, et sera béatifié par saint Jean Paul II à Rome, en 2004. Zita, après maintes péripéties à travers le monde, finira ses jours à Zizers, dans les Grisons, en 1989. Son procès en béatification a été ouvert en 2008.

 

Un Dieu présent, mais pas encore dans la vie concrète

Dispersés ensuite dans le monde, certains Habsbourg sont revenus en Helvétie. C’est le cas de la branche à laquelle appartient Johannes. Il passe ainsi la plus grande partie de son enfance dans le village fribourgeois de Torny-le-Grand. Son père travaille à Fribourg. Sa famille est profondément pratiquante, assistant à des messes même en semaine. Mais pour Johannes, la figure de Jésus se résume alors à une connaissance notionnelle. “J’étais pieux. J’allais à la messe et je priais, mais sans réellement savoir que le Christ est vivant, qu’il s’est incarné pour être réellement avec nous”, admet-il.

Coup d’œil sur la “vanité du monde”

Johannes a, à ce moment de sa vie, d’autres préoccupations en tête que la religion. Il ambitionne de faire carrière dans le monde de la finance. Après avoir fait ses classes à Romont, puis au collège St-Michel de Fribourg, il commence des études d’économie à l’Université de St-Gall. A seulement 23 ans, il intègre une banque parisienne spécialisée dans les fusions-acquisitions. Prestige, argent, visibilité, il y trouve ce qu’il cherchait.

Mais au fond de lui, quelque chose ne va pas. “J’étais entouré de gens ouverts et sympathiques, dans une bonne ambiance. J’avais beaucoup d’amis. Mais je me sentais en même temps très seul et j’avais un profond sentiment de manque intérieur”.

Dans ce milieu où l’amour n’est jamais réellement gratuit, il acquiert une “compréhension de la vanité du monde”. “Il n’y a rien de mal à faire de la finance, mais j’ai saisi que l’on ne peut pas mettre toute sa vie, toute sa confiance là-dedans”. Il quitte la banque parisienne après un an pour se consacrer totalement à une autre quête: celle du sens.

“Dis à Jésus de venir dans ton cœur”

Son père, Rodolphe d’Autriche, engagé à l’institut Philanthropos, à Fribourg, l’invite alors à passer un jour sur place. Un “nouveau monde”, où il rencontre des personnes pour lesquelles “Dieu est tout”. Il comprend alors encore plus profondément que son cœur a soif du Christ et décide d’entreprendre des études à l’institut sis sur la colline de Bourguillon.

Au cours de son cursus, il a une discussion décisive avec sa petite sœur, Marie-des-Neiges, qui, à seulement 17 ans, “a fait une rencontre personnelle avec Dieu”. “Dis à Jésus de venir dans ton cœur”, lui suggère-t-elle.

Une phrase qui suscitera en lui une supplication intérieure, jusqu’à ce matin d’octobre 2005, où il officie comme servant de messe, à la chapelle de Philanthropos. Il ressent alors, dans une incroyable joie, l’amour que le Christ lui porte. “J’ai eu une soudaine connaissance existentielle que Jésus était tout et que j’étais fait pour lui”. Une expérience qu’il décrit comme indicible. “Je savais à partir de là que dans les plus grands moments de doute et de peur, je pourrais toujours revenir à ce point”. L’idée de devenir prêtre commence alors à germer en lui. “J’ai toujours eu le goût de l’extrême. Cela a été le cas pour ma carrière dans la banque. Cela a aussi été le cas avec ma ‘carrière’ spirituelle. Je voulais tout donner à Jésus”.

Premier “agenouillement”

Dès le début de ses études à Philanthropos, il se rapproche de la Fraternité Eucharistein, basée en Valais. Il est impressionné par la ferveur, l’adoration, l’accueil des pauvres qui règne parmi ses membres. Il décide alors de faire une année sabbatique dans la communauté. Direction Château Rima, dans le sud de la France.

Dès le premier soir, il y fait une rencontre déterminante pour son cheminement spirituel. David est un jeune marginal passé par la drogue et les hôpitaux psychiatriques. Ce jeune homme qui lui paraît d’abord “très étrange” lui parle pendant des heures de sa passion pour Star Wars. “Je me suis demandé comment j’allais pouvoir passer une année avec ce type. Il était aux antipodes des milieux que je fréquentais d’habitude”. Un défi pour Johannes, qui sent pour la première fois de sa vie son incapacité viscérale à aimer son prochain en vérité. Il crie alors vers Dieu pour Lui demander la grâce de pouvoir dépasser cet égocentrisme. “Cela a été pour moi un premier ‘agenouillement'”. Finalement, une belle et durable amitié s’est créée entre lui et David. Johannes deviendra notamment son parrain de confirmation. Il lui a promis de faire son possible pour venir à son ordination à Vérolliez.

S’abandonner à Dieu

En 2011, retour sur les bancs de l’uni. A Fribourg cette fois, jusqu’à l’obtention d’un master en théologie, en 2015. Son mémoire de fin d’études s’intitule “La menace divine”.

Beaucoup de personnes, explique-t-il, craignent de s’abandonner totalement à Dieu dans leur vie concrète, car elles ont peur d’avoir à renoncer à leurs certitudes et à leurs acquis. La Bible aussi est bourrée de ces lieux où Dieu paraît être une menace pour son élu. Mais Dieu s’avère finalement comme l’Infiniment Bon, celui qui seul peut en vérité ressusciter l’homme”.

De retour à temps complet dans la Fraternité Eucharistein, Johannes a beaucoup d’autres rencontres avec ces “petits” dont parle l’Evangile. L’une des missions que s’est donné la communauté est en effet d’accueillir et de soutenir les “oubliés” de la société. Muni d’une sensibilité intellectuelle et artistique, il est amené à réaliser avec eux des tâches principalement manuelles. Des occupations et des fréquentations qu’il y a encore dix ans, il n’aurait jamais pensé avoir.

“Dieu m’a pris à contre-pied. Il m’a dit, comme pour Abraham ou Moïse, ‘quitte ta terre’. J’ai compris qu’il m’avait ‘planté’ dans cette terre nouvelle, où je pouvais donner les meilleurs fruits”. (cath.ch/rz)


Vœux définitifs dans la Fraternité

Johannes de Habsbourg réside depuis un an dans la maison d’Eucharistein à St-Jeoire, en France voisine. Il sera ordonné prêtre le 16 juin 2018, à Vérolliez, sur le champ des martyrs, juste à côté de l’Abbaye de Saint-Maurice. Didier Berthod sera également ordonné dans la communauté Eucharistein. Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon et prélat référent de la Fraternité présidera la cérémonie.

Dans la foulée, les vœux définitifs seront prononcés en même temps par 16 membres de la communauté, dont son fondateur Nicolas Buttet. En effet, la Congrégation pour les instituts de vie consacrée a autorisé les membres d’Eucharistein à faire leurs vœux définitifs dans la Fraternité: une nouvelle étape dans les démarches pour sa reconnaissance canonique.

Johannes confie sa hâte de renforcer encore son engagement envers son prochain, l’Eglise et la Fraternité. Il souhaite se mettre pleinement au service du charisme particulier d’Eucharistein, qui implique le développement de la foi à travers la vie communautaire, la dévotion eucharistique, ainsi que le partage de vie avec les personnes en difficulté.

 

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Rédigé par Philippe

Publié dans #homélies

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