Publié le 13 Février 2021

 

 

" Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, 

n'endurcissez pas votre coeur. " 

 

règle de st Benoît 

 

 

   Et maintenant je m'adresse à tous ceux qui ont faim de dévouement et soif d'immolation, à ceux qui ont besoin d'aimer Dieu et les âmes d'un amour héroïque, je m'adresse à eux et je leur répète la parole du Maître de nos âmes: Voyez , la moisson est grande partout.

   Dans nos vieux pays de foi chrétienne, le mal déborde de toutes parts. Dans l'antique berceau de nos croyances, dans cet Orient endormi depuis de si longs siècles, un souffle d'agitation passe. Tout près de nous les contrées où le poison de l'hérésie a alourdi et corrompu la foi, un mouvement de retour à la vie se produit. 

... Il dépend de vous d'arrêter le mal triomphant et piétinant notre vieux sol chrétien. Il dépend de vous d'activer et de réchauffer le souffle qui doit réveiller l'Orient et l'Occident. Laisserez-vous le monde chrétien dans la corruption? ..

   Vous pouvez donner à Dieu cette gloire et aux âmes ces bienfaits: vous le pouvez, vous le devez. Ne sentez-vous pas les échos divins de la vocation résonner en vous et répéter ma parole: Vous le pouvez et vous le devez? Dieu vous a donné la vocation et il vous a préparé les armes. La vocation vous dit que vous devez; les armes vous disent que vous pouvez. La vocation est en vous, les armes sont près de vous. Ne laissez pas dormir ce qui est en vous et se rouiller ce qui est près de vous : écoutez la vocation et prenez les armes. 

   Priez, priez donc le Maître de tous ces terrains de moisson; priez le Maître, immolez-vous pour les ouvriers. Et afin de prier plus efficacement et de vous immoler plus utilement, quittez ce monde, où l'on prie si difficilement, où l'on s'immole si imparfaitement. Venez, enfermez-vous dans les lieux sacrés de la prière et de la pénitence. Venez consacrer votre vie au labeur le plus divin de la terre. Venez vous donner sans partage et sans mesure. Ah! si vous saviez ce que valent la prière parfaite et le sacrifice complet ! ... Si vous compreniez la vertu de vos supplications et de vos souffrances unies aux siennes ! .. Rappelez-vous sainte Thérèse, obtenant par une prière la conversion de dix mille hérétiques.

   Ames de foi et d'amour, ne dites pas que vous êtes trop chétives. Ne savez-vous pas que Dieu choisit ce qui , aux yeux du monde, est insensé, pour confondre ce qui est sage? ce qui est faible, pour confondre ce qui est fort? ce qui est sans noblesse, digne de mépris, ce qui n'est rien, pour détruire ce qui est? Si vous n'avez ni sagesse, ni force, ni noblesse, ni valeur, ni rien, vous n'en serez que mieux l'instrument de Dieu. Une seule chose vous est nécessaire: Ayez à coeur de vous mettre en la main de Celui qui est et qui peut tout. Ayez foi en lui et en votre vocation, et vous verrez que , de votre néant, il fera sortir de grandes choses; il est toujours le Créateur. 

   Ah! quand notre grand Dieu aura imprimé, sur votre chair mortelle, le sceau sacré de la pénitence; quand il aura imprimé , sur votre âme immortelle, le sceau le plus sacré encore de la prière; quand les voeux irrévocables seront venus sanctionner cette prise de possession de Dieu sur votre être humain, vous sentirez que, si vous demeurez rien par vous-mêmes, vous êtes tout en lui. Vous sentirez qu'une vertu divine est en vous et qu'elle sort de vous, pour réjouir Dieu et guérir les âmes. Et vous sentirez que cette vertu, qui est en vous et qui en sort, ira chaque jour s'augmentant par le fait de vos fréquentations et de votre intimité avec Dieu. Et chaque jour, vous sentirez que vous prenez plus d'empire sur Dieu et plus d'action sur les âmes. Et votre vie sera plénitude devant Dieu et devant les hommes; et vous aurez, au terme de votre carrière et au seuil de l'éternité, cette consolation suprême de pouvoir dire, que vous avez fidèlement accompli une grande mission et que vous n'avez perdu aucun des dons qui vous ont été confiés. 

O petite troupe d'élite, oui , il faut agrandir vos rangs! Soldats des grandes luttes soyez dignes de votre drapeau. Dieu et l'Eglise ont mis en vous leur confiance, ils comptent sur vous. 

 

un moine. 

 

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Publié le 13 Février 2021

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Publié le 12 Février 2021

 

   Les rigueurs de la pénitence monastique surprennent les âmes peu chrétiennes, elles effrayent les âmes lâches et elles attirent les âmes généreuses. Les uns ne comprennent pas; les autres comprennent et ont peur; les autres comprennent et aiment. Ceux qui comprennent assez pour aimer, seront toujours le petit nombre. 

   Et cependant, le monde n'offre-t-il donc que des joies à ses fils? La vie est-elle une rose sans épines? Hélas! il y a plus d'épines que de roses; et les lamentations des âmes, ensanglantées par les épines, surpassent en somme les jubilations des existences couronnées de roses. Non le monde n'est pas si beau, le collier de peine est singulièrement fatigant, et le fardeau du travail terriblement lourd. Notre-Seigneur le déclare. Vous qui êtes attelés à une besogne si fatigante, et qui traînez de si lourds fardeaux, dit-il, venez tous à moi , et je vous soulagerai. Prenez donc mon joug pour vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger. 

   Dans le monde , les roses sont à la surface et les épines dessous; l'huile est au dehors, le vinaigre au dedans; les apparences sont séduisantes, les réalités affreuses. Dans la religion, les épines sont au dehors, le fruit au dedans; le vinaigre est à la surface, l'huile au-dessous; les apparences sont redoutables, les réalités délicieuses. Pour les aimer, il faut voir le monde  par le dehors et la religion par le dedans. Les êtres de superficie restent dans le monde, qu'ils aiment et qui les abuse; les coeurs les plus profonds entrent en religion. 

   Pour entrer, ils sentent les déchirements humains, mais ils ne tardent pas à rencontrer l'onction divine. Et cette onction est triple. Il y a d'abord une sensation de dégagement, de liberté et de force, et ceci est extrêmement doux. L'âme se sent , par la pénitence, dégagée de la tyrannie des créatures; elle se délivre d'une multitude de sujétions, dont on ne comprend véritablement le poids, qu'au moment où on est déchargé. L'esprit, le coeur, les sens retrouvent des forces, une aisance, une liberté, une indépendance, dont ils sont eux-mêmes surpris. Il n'y a plus tant de nécessités corporelles obligatoires, plus tant de liens gênants pour le coeur, plus tant d'entraves pour l'esprit. Et cela vaut la peine d'être goûté. 

   Ensuite l'âme éprouve , plus douce encore, la consolation de répandre sur le monde un flot bienfaisant de réparation. Les coeurs généreux le savent: il y a plus de joies plus douces que celle de consoler. Des deux âmes, quelle est la plus heureuse, celle qui console ou celle qui est consolée?

   Et le religieux, dans sa pénitence, se sent accomplir un rôle consolateur et rédempteur par excellence. Il sait l'utilité et l'efficacité de ses sacrifices; il sait combien les âmes sont guéries, et réconfortées, et réjouies par ces médicaments, qu'il élabore dans le creuset et sur le feu du sacrifice. Comment n'aurait-il pas de la joie, cette joie souveraine des bienfaits répandus? Sans doute ce sont les hommes du ministère actif qui distribuent et appliquent les remèdes; mais c'est lui qui les fabrique des larmes de ses yeux et du sang de son coeur. Et si les remèdes viennent à manquer, quelle désolation! Mais non, ils ne manqueront pas; le religieux pénitent est bien trop heureux de les préparer. O Dieu ! multipliez les laboratoires des remèdes divins; et dans vos laboratoires, multipliez les ouvriers des célestes remèdes. Il y a tant de plaies à fermer! ...

   Enfin l'onction suprême, celle qui surpasse tout sentiment, c'est, pour le moine s'immolant, la consolation de sentir qu'il console le coeur de Dieu. Il répare les injures, et Dieu lui en témoigne une si tendre gratitude ! S'il est doux à l'homme de consoler un homme, quelle suavité de consoler son Dieu! C'est là l'enivrement supérieur des béatitudes chrétiennes. Bienheureux ceux qui vivent dans la pauvreté, la douceur, les pleurs, la faim et la soif de la justice, la paix, la persécution, les malédictions et les calomnies; leur récompense est si grande, ici-bas et dans le ciel !

   Oh ! la joie de réparer l'honneur de Dieu, de contenter sa justice, de reposer ses yeux et son coeur! La joie ensuite de le voir déverser , en retour, des torrents infinis de suavités ineffables! Celui-là seul peut le savoir, qui l'a goûté; et celui-là seul l'a goûté, qui a souffert quelque chose pour Dieu. Nulle autre joie créée ne peut donner la simple idée de ce qu'est la béatitude de la souffrance. Non, l'oeil de l'homme n'a rien vu, ni son oreille rien entendu, et d'en bas rien n'est monté à son coeur, qui soit comparable à ce que Dieu réserve à ceux qui l'aiment. 

   Heureux moine, dont la pénitence est une béatitude! Que peut désirer encore celui à qui la souffrance est une joie? Et si la souffrance elle-même est une joie, la joie que sera-t-elle? .. Béatitude! ... béatitude !...... 

  un moine. 

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Publié le 12 Février 2021

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Publié le 12 Février 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 l'abbé Duchêne neutralisé ! ... 

 

 

 

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Publié le 12 Février 2021

 

 

 

" Voici que nous montons à Jérusalem..!"

 

   Deux mystères sont exprimés dans le signe de la Croix, l'un par les paroles prononcées, l'autre par le geste qui accompagne ces paroles et en ce double mystère, c'est tout le dogme et la morale qui sont contenus, c'est tout le drame de notre existence qui est évoqué.

   Jamais les païens ou les philosophes n'ont prononcé ces simples mots que balbutie un enfant: " Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. " En ces paroles c'est notre foi en Dieu qui est affirmée. 

   Le mystère de  Dieu est impénétrable: toute sagesse des sages de ce monde serait impuissante même à en soupçonner la grandeur. Mais pour le plus petit des disciples de Jésus, un coin du voile est levé, il sait que Dieu est société: Père, Fils, Esprit. L'intelligence se perd, elle entre dans l'épaisseur du mystère divin et, du coup, elle devine quelque chose du bonheur de Dieu. La révélation de la Trinité c'est pour nous la révélation de la béatitude suprême. Le signe de la croix est une profession de foi au bonheur.

   Car, ce bonheur ne nous est pas étranger. Les païens ont pu concevoir que Dieu fut heureux, mais après des siècles de réflexions et d'efforts, devant l'inutilité de leurs vertus pour s'élever au-dessus d'eux-mêmes et améliorer l'humanité, ils concluaient à deux mondes séparés à jamais. Rien de plus tragique, de plus désespéré que ce mot qui résume la sagesse antique :" Les dieux sont les dieux, les hommes sont les hommes " . D'un côté, l'univers de la souffrance et de la mort, de l'autre, l'univers du bonheur. On appartient à l'un ou à l'autre. On ne passe pas de l'un à l'autre. 

   La révélation chrétienne renverse tout cet échafaudage. Elle ouvre, il est vrai, de tels aperçus sur le bonheur de Dieu, elle le situe si haut, elle donne de tels motifs d'en concevoir la transcendance qu'on aurait pu croire les ponts à jamais coupés. 

   Il n'en est rien : tout au contraire celui-là même qui apporte cette Révélation, Jésus, est précisément celui qui renverse le mur de séparation, il est selon le mot si profond de sainte Catherine de Sienne, le Pont jeté entre le ciel et la terre. Une perspective nouvelle s'ouvre devant nous: Dieu est heureux, souverainement heureux, il n'a pas besoin de personne, et cependant s'il a créé des hommes, ça été par amour et comme pour étendre son bonheur.

   La béatitude de la Trinité éclate: s'il y a des hommes et des anges, c'est que Dieu - par amour - a voulu les associer à son bonheur. Ainsi affirmer la Trinité, faire le signe de la Croix, c'est affirmer le bonheur, celui de Dieu, mais aussi celui des hommes appelés à partager la béatitude divine; les paroles du signe de la Croix sont une profession de foi en la béatitude, elles recouvrent ces derniers mots qui achèvent comme un cri de victoire notre Credo: Je crois en la vie éternelle.

   Or voici que le geste qui accompagne ces paroles va à l'encontre de ce que j'affirme.

   La croix, c'est l'instrument de torture. La souffrance ne suffisait pas. Ce n'était pas assez de la faim et du froid, de la maladie et de la mort, il fallait que les hommes, compagnons de misères s'ingéniassent encore à se faire mutuellement souffrir. Il fallait - c'est Jésus qui le dit- que ce bonheur que j'évoquais à l'instant nous fut acquis au prix des souffrances de l'Homme-Dieu. Dieu est heureux, souverainement , inébranlablement heureux dans sa Trinité et voici que la béatitude qu'il nous veut, c'est par la Croix qu'il nous l'obtient; le bonheur c'est au prix du malheur qu'il nous le donne.

   Or ce signe, ce signe de mort et de désespérance, c'est sur mon corps que je le trace comme pour dire que, moi aussi, je suis voué à la souffrance, fut-elle injuste, que j'accepte cette souffrance et que je la veux. Mystère, mystère encore et qui va, semble-t-il à l'encontre du premier. 

  La Trinité nous entrainait vers les hauteurs, au-delà de tout bonheur concevable, la  Croix nous ramène sur la terre et nous force à regarder en face - pour l'aimer - une souffrance que nous fuyons de toutes les forces de notre être. Les paroles affirment, le geste qui accompagne les paroles nie, ou plutôt, les paroles affirment, le geste affirme, et ces deux affirmations vont en sens diamétralement opposé. Mais parce que geste et parole forment un tout, ils constituent l'affirmation la plus dissonante, la plus scandaleuse , la plus mystérieuse qui se puisse concevoir. 

   On comprend le cri des Juifs assistant à la Passion, de ceux-là qui, séduits par la grandeur du Christ, se demandent au Calvaire, si celui qu'ils viennent de crucifier ne serait pas le Fils de Dieu: Descends de la Croix et nous croirons en toi. Ainsi parle la sagesse humaine . La sagesse divine a un autre langage, et le Christ, Sagesse de Dieu expire sur un gibet.

   L'homme ne comprend pas la souffrance: tout au plus peut-il l'accepter comme un fait qui reste une pierre d'achoppement pour son intelligence et qu'il ne sait comment concilier avec la bonté et la puissance de Dieu. On a vu les philosophes, tour à tour, nier la souffrance pour mieux affirmer la transcendance de Dieu ou nier Dieu pour être fidèle à la logique de la souffrance.

   Le signe de la Croix laisse bien en arrière ces sagesses trop courtes; dans un même geste, il affirme , d'une part, Dieu , son bonheur, son amour pour nous, notre vocation à la béatitude et d'autre part il reconnait l'existence d'une souffrance qu'il accepte et qu'il va jusqu'à aimer. 

  Contradiction! non, mystère, mystère de notre vie, mystère du Christ. Car c'est en Jésus-Christ qu'une première fois s'est réalisé ce mystère de la coexistence et de l'accord du bonheur suprême de Dieu et de l'extrême souffrance de l'homme. 

   Au temps de Pâques, l'Eglise honore tout spécialement les stigmates du Christ. Elle ne fait en cela que continuer le geste du Christ qui apparaissant à ses disciples se plait à leur montrer les plaies des pieds, des mains et du côté. Les stigmates sont devenus signes de gloire, eux qui furent source de souffrance. La souffrance de Jésus devient source et cause de bonheur pour lui-même et pour nous. La Croix, le signe de la Croix domine le monde, le nôtre et celui-là-même de la gloire.

   C'est pourquoi le signe de la Croix marque nos existences du sceau de son double mystère, il accompagne tous les sacrements depuis le baptême où l'on en marque le néophyte sur le coeur et sur le front (afin que son amour et son intelligence soient ouverts à la charité et à la foi) jusqu'à ces onctions en forme de croix que l'on fera, au dernier jour, sur le moribond. C'est du signe de la Croix que l'on confirmera, que l'on pardonnera, que l'on marquera les nouveaux conjoints: l'Eucharistie, ce mémorial de la Passion , on ne la donnera pas sans avoir tracé avec le pain sacré le signe de la Croix; par lui enfin commencent et s'achèvent nos prières. Bien plus, c'est d'un signe de Croix que l'on bénira: le signe du mépris et de la torture est devenu en christianisme celui de la bienvenue et de la bénédiction.

   Heureux l'homme qui comprend ces choses, car ce ne sont pas la chair et le sang qui les enseignent ! Seul ! le Père les peut révéler.

   L'enfant s'étonne quand il apprend le signe de la Croix est le résumé de toute la religion. Les gestes les plus simples sont aussi les plus expressifs. Dieu n'est-il pas la simplicité même

   " Stat crux dum volvitur orbis - La croix demeure tandis que l'univers s'écoule."

   Telle est la devise des Chartreux. En ces temps si troublés où toute valeur semble sombrer, il faut regarder la Croix et se conformer à elle. 

   Jadis les grands calvaires jalonnaient nos routes. Notre route aussi nous fait découvrir la croix à plus d'un tournant de notre vie. Signe de contradiction, signe de mort, croit-on, signe de vie plus encore. Oui, il y a la souffrance et l'injustice de la mort, mais il a aussi la vie et c'est en la croix qu'elle est cachée.

   Je crois à la vie éternelle parce que ma foi va d'abord à Jésus crucifié. Et si cette souffrance est pour moi si mystérieuse, si incompréhensible que toute parole se refuse à en parler et que dans le signe de la Croix ce n'est que d'un geste que je l'évoque, mes lèvres prononcent ces mots si grands qui définissent le mystère du bonheur, j'affirme notre vocation au bonheur au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. 

   RP Louvel op + 

 

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Publié le 11 Février 2021

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Publié le 11 Février 2021

photo petit Placide.

 

 

 

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Publié le 11 Février 2021

 

photo : petit Placide . 

 

Eau de Crystal,

priez pour nous. 

 

   

   Est-il de souffrance plus profonde au coeur de l'homme que celle qu'il éprouve des mensonges auxquels il est asservi, parce qu'il a confondu sa personne et son personnage.

   Nous savons bien, et Pascal nous l'eût appris, que nous ne  nous faisons pas seulement par le dedans, par l'esprit. Du dehors, et par nos gestes, la machine nous engage dans l'humilité, le respect, la force. Ainsi l'éducation, les fonctions sociales tendent-elles à nous faire un personnage; mais c'est dans l'espoir que du geste et de l'attitude il se fera un passage dans le coeur.

   Le danger est que sournoisement, lâchement, nous découvrions que le personnage suffit; et qu'au dedans de nous, nous pouvons toujours demeurer méprisants, si la parole est déférente; hostiles, si le sourire est bienveillant. Au lieu de façonner notre personnage, notre personnage s'est durci en un masque étranger à notre vrai figure. Il suffit qu'il y soit bien appliqué. 

   Alors tombe sur nous la nécessité implacable de " faire notre personnage", de "tenir" surtout notre personnage . 

   Mais quelle lassitude nous accable! Il y a si longtemps que nous portons ce masque! Ca été la fin de notre âge d'enfants. Politesse et bientôt dissimulation de ce qu'on pense, de ce qu'on aime. Face de savoir , cachant nos ignorances. Face de puissance, comme ces masques chinois, comme ces casques à crinière, rostro feroce, pour tenir en arrêt nos ennemis. Tout ce harnachement, cette armure de fer, où il faut se raidir pour faire figure dans la carrière, dans les affaires, dans le monde. Face, la plus lourde à porter, des vertus, grimace de justice, facies d' impeccabilité, sous lesquels pourrissent nos plaies secrètes. Persona , quelle ironie en ce mot dont nous avons fait: personnage, personne, et qui nativement signifiait masque simplement. 

   Jeter bas les masques! Bien sûr, on espère la solitude, la nuit pour, sans témoin, reprendre son vrai visage. Quand on est encore jeune. Au début du métier. Pour se laver des sueurs qui collent et  respirer. Et puis , on se fait à tout. On craint, si l'on arrête son jeu, de ne plus pouvoir le reprendre. On est dupe du personnage qu'on se joue à soi-même et l'on finit par y croire. 

   Malheur à l'homme qui ne veut pas s'avouer son dégoût du mensonge où il s'est engagé! Et ce qui a réussi à ne plus être gêné par ce carton collé à son visage; qui ne se connaît plus que par le reflet de cette figure en sa glace ; et qui meurt dans son personnage! Hypocritae! Masques! c'est le seul mot impitoyable de l'Evangile. 

   Ils avaient bien raison, les Pharisiens, quand ils confessaient que lui, Jésus-Christ ne " regardait pas au masque des hommes " .

   Or, si sot qu'en soit le dessein (sachant d'ailleurs que nous ne le tromperons pas), c'est plus fort que nous, face même à Dieu, nous paradons. Vainement; tant que l'on voudra. Mais la peur est plus forte. Nous tenons cela d'Adam qui, le premier, couvrit sa nudité de cette ridicule ceinture de feuilles de figuier. -  " Pudeur ", dit-il à Dieu qui s'étonnait. Son premier mot était plus juste. " J'ai eu peur " ,avoua-t-il d'abord. 

   " Figure-toi, disait donc Péguy à son ami, comme lui redevenu chrétien, figure-toi que pendant dix-huit mois je n'ai pu dire mon Notre Père que votre volonté soit faite ! Je ne pouvais pas dire vraiment : Que votre volonté soit faite!

Alors, je priais Marie.  ... Dans le mécanisme du salut, l'Ave Maria est le dernier secours. Avec lui , on ne peut -être perdu. " 

  ... l'envie d'en finir avec le mensonge; parce qu'Elle est si simple, si candide qu'on n'a même pas envie de plaider, pour obtenir un accueil déjà offert, pour voiler une plaie déjà aimée. On ne redoute rien d'Elle, parce qu'Elle ne se scandalise de rien; Elle a déjà tout expié... 

   Refuge des pécheurs ! ... 

 O Reine, voici donc après la longue route,

Avant de repartir par ce même chemin,

Le seul asile ouvert au creux de votre main,

Et le jardin secret où l'âme s'ouvre toute.

 

Voici le lieu du monde où tout devient facile,

Le seul coin de la terre où tout devient docile,

Et ce même vieux coeur qui faisait le rebelle,

Et cette vieille tête et ses raisonnements;

Et  ces deux bras raidis dans les casernements;

Et cette jeune enfant qui faisait trop la belle.

 

Voici le lieu du monde où tout rentre et se tait,

Et le silence et l'ombre et la charnelle absence,

Et le commencement d'éternelle présence,

Le seul réduit où l'âme est tout ce qu'elle était.

 

Ce qui partout ailleurs est une dure loi

N'est ici qu'un beau pli sous vos commandements,

Et dans la liberté de nos amendements,

Une fidélité plus tendre que la foi. 

 

P. Paul Doncoeur 

 

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Publié le 10 Février 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour Paul ... 

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