la foi, une rencontre, une prière

Publié le 8 Janvier 2008

cana-imagentop-copie-1.jpg


don Giacomo Tantardini



cette rencontre est la perception d’une présence.
Elle est, pour utiliser une expression latine,
confessio / reconnaissance. Et ce fait de reconnaître est déjà, en profondeur, une demande. La reconnaissance de la foi est déjà, dans le cœur, une demande. La prière commence déjà dans la reconnaissance même de la foi. La formule que, dans la liturgie latine, nous disions toujours, dans toutes les messes, avant le Sanctus: «… supplici confessione / … avec une reconnaissance qui supplie», indique le proprium de l’acte de foi.
La reconnaissance de la foi est toujours dans le cœur une reconnaissance /
confessio / qui demande supplex.

Quand l’enfant dit “maman” il ne prouve pas l’existence de sa mère. Il en reconnaît la présence, en demandant son amour, en demandant que sa mère soit proche de lui. C’est là le
proprium de la reconnaissance de la foi. La reconnaissance de la foi est toujours supplex confessio. Confessio: une reconnaissance de l’intelligence. Augustin use pour le dire d’une expression définitive: «Fides si non cogitetur nulla est / La foi, si elle n’est pas pensée [intelligence qui reconnaît], n’est rien».

La foi, c’est l’intelligence qui reconnaît, qui adhère. Et la reconnaissance de l’intelligence, dans la mesure précisément où elle est reconnaissance d’une Présence qui attire, est, en profondeur, une reconnaissance qui demande. Je me rappelle avec émotion la première rencontre de Jésus avec Jean et André, les deux disciples de Jean Baptiste qui suivent Jésus après que Jean Baptiste l’a indiqué comme l’Agneau de Dieu. Jésus se tourne vers eux et leur dit: «Que voulez-vous?» (
Jn 1, 38), et eux ne répondent pas ou mieux, ils répondent par une question: «Maître, où habites-tu?» (Jn 1, 38). Ce qu’ils cherchaient, ils l’avaient sous les yeux. Ils ne répondent pas par une définition, ils répondent par une question «Maître, où demeures-tu?», ce qui veut dire aussi: «Où, comment pouvons-vous demeurer avec toi?». Ce qu’ils attendaient, ils l’avaient sous les yeux et donc, l’ayant reconnu, ils ont demandé à rester avec Lui. La reconnaissance de la foi est déjà prière, la foi est déjà demande. Comme dit saint Augustin: «… et fides orat / la foi aussi demande».

Le Credo est une prière.
Qu’il est beau de le réciter durant la messe! La foi est une reconnaissance de l’intelligence suscitée par la grâce, suscitée par Son attrait, suscitée par Sa présence, par Lui qui passe tout près, par Son geste. C’est un acte de l’intelligence qui reconnaît et de la liberté qui adhère.
Le Concile oecuménique Vatican I, lorsqu’il déclare que «la foi est une vertu surnaturelle impossible à obtenir sans l’illumination et l’inspiration de l’Esprit Saint», ajoute une très belle expression; «
Qui dat omnibus suavitatem in consentiendo et credendo veritati / L’Esprit Saint donne à tous la douceur dans la reconnaissance et dans l’adhésion à la vérité».
Comme il est beau ce mot suavitas! On ne reconnaît et on n’adhère à une présence que parce qu’il est doux, attirant de la reconnaître et d’y adhérer. La Vérité pour pouvoir être reconnue s’est faite présence humaine, le Verbe s’est fait homme (cf. Jn 1, 14). Ce n’est pas un théorème à démontrer. Ce que je voulais dire, c’est que le cœur de la reconnaissance de la foi est déjà prière.

30 jours.




Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article