un père avait deux fils.

Publié le 16 Février 2009




"Pour nous, quand abondent les consolations temporelles, nous devons être plus reconnaissants et plus humbles: et quand elles nous abandonnent, il faut être plus joyeux et nous tenir pour plus assuré de la rédemption éternelle.

Quand nous jouissons de la santé du corps, de la tranquillité des temps ou de l'abondance de toutes choses, il faut nous en servir et les régler avec tant de sagesse, que ces biens ne soient pas une occasion de péché, mais plutôt un moyen d'avancer dans la vertu, en sorte que nous fassions le bien au moyen de cette abondance, et que la prospérité ne nous rende pas mauvais. Que mon âme refuse de goûter cette consolation qui propage la volupté et élève la vanité, qu'elle choisisse d'être affligée avec Moïse et les enfants d'Israël, plutôt que de savourer les charmes de l'iniquité temporelle (Hebr. XI, 25).
Que nous soyons consolés extérieurement ou éprouvés par la tribulation, que béni soit Dieu, qui a donné à nos coeurs une consolation intérieure et éternelle: c'est-à-dire, le jour de l'espérance, qui nous persuade de nous glorifier même dans nos afflictions, nous promettant que « si nous souffrons avec Jésus-Christ, nous régnerons avec lui (Tim. II, 12). » Quant à la tribulation que nous souffrons intérieurement à cause de notre iniquité, nous la trouvons d'autant plus fatigante, que nous la sentons plus dangereuse : parce que l'expérience que nous faisons dans la vie nous contraint à dire avec vérité : « Si le Seigneur ne m'était venu en aide, d'un peu plus, mon âme eût habité dans l'enfer (Psalm. XCIII, 17). » Grâces vous soient rendues, Seigneur Jésus, parce que si les dangers sont grands, faites tous les remèdes, parce que si je disais : «mon pied a été ébranlé, votre miséricorde, Seigneur, accourait à mon secours (Ibid.). »
Et ce que vous avez accompli une fois corporellement en saint Pierre, chaque jour vous l'accomplissez spirituellement dans les enfants de saint Pierre (Matth XIV, 29). Vous nous avez ordonné de venir à vous en marchant sur les eaux, c'est-à-dire, sur cette mer spacieuse et aux bras étendus voilà que nous marchons par votre puissance, mais notre poids nous entraîne et parfois l'esprit des tempêtes fond sur nous au point que nous commençons à être engloutis, c'est-à-dire que nous donnons presque notre consentement à la tentation.

Mais si nous confessons promptement que notre pied a été ébranlé, c'est-à-dire que notre âme a bronché et si nous implorons fidèlement votre secours, vous nous tendez miséricordieusement la main, vous affermissez et dirigez nos pas. "


sermon de carême Guerric d'Igny

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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