Carloman.

Publié le 15 Mars 2009




L'Ordre de saint Benoît parcourait le second siècle de sa glorieuse carrière, lorsqu'un jour, vers le coucher du soleil, deux pèlerins inconnus gravissaient le flanc rocailleux du Mont-Cassin, puis venaient frapper à la porte du couvent.

- Soyez les bienvenus, mes frères, leur dit le père hôtelier.
- Dieu vous bénisse de votre charité.
- Frères, que demandez-vous? leur dit l'abbé.
- Nous sommes venus, reprennent les étrangers, pour servir Dieu avec vous dans cette sainte maison.

Ils sont admis au nombre des frères; mais, selon les règles de la prudence, ordre est donné de veiller avec soin sur leur conduite et d'éprouver leur vocation. L'abbé lui-même veut se charger de l'un d'eux.

Pour exercer sa patience et son humilité, il l'envoie garder les brebis; l'étranger obéit avec empressement. Chaque matin il conduit sur le plateau de la montagne son petit troupeau qu'il surveille avec zèle et qu'il ramène chaque soir au monastère.
Un jour, des larrons, sortis brusquement de la forêt, voulurent lui enlever une de ses brebis; il court à eux et leur dit:" Faites de moi ce que vous voudrez, mais je ne souffrirai pas que vous preniez rien de ce qui m'est confié." Alors ces méchants lui arrachent ses habits et se retirent; le pauvre berger revient dépouillé au monastère. Pour l'éprouver l'abbé le réprimande; l'inconnu répond humblement:" Je sais que je ne suis qu'un pécheur qui commets beaucoup de fautes."

Quelque temps après, l'abbé le met à une autre épreuve et lui ordonne d'aller aider le frère qui sert à la cuisine. L'étranger s'incline profondément et se rend à son nouvel emploi; mais, dans des fonctions nouvelles pour lui, il accumule les maladresses. Le frère cuisinier, pâtre grossier, s' impatiente si fort qu'il en vient à le frapper. L'inconnu ne répond rien; mais l'autre étranger  ne pouvant contenir son indignation, dit au frère cuisinier:"
- Frère que Dieu et Carloman vous le pardonnent!"
A quelques jours de là, une nouvelle faute provoque la répétition de cette scène, et le compagnon de l'inconnu dit encore :"
- Frère, que Dieu et Carloman vous pardonnent!"
Enfin, une troisième maladresse attire le même traitement au pauvre novice. Alors son compagnon, emporté par la colère, saisit un pilon, en frappe le cuisinier, et lui dit:"
- Méchant serviteur, que Dieu ni Carloman ne te le pardonnent!

L'abbé, ayant appris cette querelle, fit comparaître le coupable devant le chapitre assemblé.
- Pourquoi, lui dit l'abbé, avez-vous frappé le frère cuisinier?
- C'est parce que j'ai vu le plus méchant de tous les serviteurs frapper le meilleur et le plus noble de tous les hommes. C'est notre prince Carloman qui a quitté sa dignité et la gloire du monde pour l'amour de Jésus-Christ.
A ces mots, tous les religieux étoonnés se lèvent de leurs stalles, entourent le prince et lui font mille excuses. mais oubliant ce qu'il avait été dans le siècle:" Mes pères et mes frères, leur dit-il, vous vous trompez, je ne suis pas un prince, je ne suis qu'un pauvre pécheur...

Carloman était le fils de Charles Martel et le frère de Pépin le Bref; il se trouvait par le testament de son père, roi d'Austrasie.

Il mourut lors d'un voyage en Europe. Son corps revint au Mont-Cassin ... dans un cercueil d'or..où il fut trouvé en 1628


Mathilde Bourdon
histoire de l'ordre de st Benoît


Rédigé par philippe

Publié dans #divers

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