ad Jesum per Mariam

Publié le 2 Mai 2009


La gravité des événements de ces dernières années, depuis la révolution russe, la révolution espagnole et la guerre mondiale, montre que les âmes croyantes doivent de plus en plus recourir à Dieu par les grands médiateurs, qu'il nous a donnés à cause de notre faiblesse.

Ces événements et leur atrocité montrent d'une façon singulièrement frappante ce à quoi aboutissent les hommes lorsqu'ils veulent absolument se passer de Dieu, lorsqu'ils veulent organiser leur vie sans lui, loin de lui, contre lui. Lorsque, au lieu de croire en Dieu, d'espérer en lui, de l'aimer par-dessus tout et d'aimer le prochain en lui, nous voulons croire à l'humanité, espérer en elle, l'aimer d'une façon exclusivement terrestre, elle ne tarde pas à se montrer à nous avec ses tares profondes, avec ses plaies toujours ouvertes : l'orgueil de la vie, la concupis­cence de la chair, celle des yeux, et toutes les brutalités qui s'ensuivent. Lorsque, au lieu de mettre sa fin dernière en Dieu, qui peut être simultanément possédé par tous, comme nous pouvons tous posséder, sans nous nuire, la même vérité et la même vertu, on met sa fin dernière dans les biens terrestres, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'ils nous divisent profondément, car la même maison, le même champ, le même territoire ne peuvent appartenir simultanément et intégralement à plusieurs. Plus la vie se matérialise, Plus les appétits inférieurs sont excités, sans aucune subordination à un amour supérieur, plus les conflits entre les individus, les classes et les peuples s'exaspèrent; finalement, la terre devient un véritable enfer.

Le Seigneur montre ainsi aux hommes ce qu'ils peuvent faire sans lui. C'est un singulier commentaire de ces paroles du Sauveur : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean, XV, 5). « Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi disperse » (Matth., XII, 30). « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Matth., VII, 33). Le Psalmiste disait de même : « Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent. Si Dieu ne garde pas la cité, en vain la sentinelle veille à ses portes. » (Ps. CXXVI, 1).

Les deux grands maux de l'heure actuelle, comme l'a dit Pie XI, sont d'une part le communisme matérialiste et athée, selon le programme des « sans Dieu », et d'au­tre part un nationalisme sans frein qui veut établir la suprématie des peuples forts sur les faibles, sans respect de la loi divine et naturelle. D'où le conflit très aigu, où le monde entier se trouve.

Pour remédier à de tels maux, les meilleurs, les plus zélés parmi les catholiques, dans les peuples actuellement divisés, sentent le besoin d'une prière commune, qui réu­nisse devant Dieu les âmes profondément chrétiennes des divers pays, pour obtenir que le règne de Dieu et du Christ s'établisse de plus en plus à la place du règne de l'orgueil et de la convoitise.
Dans ce but, on offre tous les jours des messes et l'a­doration du Saint-Sacrement; celle-ci s'est établie en divers pays d'une façon si prompte et si étendue qu'on doit y voir le fruit d'une grande grâce de Dieu.

On n'obtiendra la pacification extérieure du monde que par la pacification intérieure des âmes, qu'en les rame­nant à Dieu, qu'en travaillant à établir en elles le règne du Christ, au plus intime, de leur intelligence, de leur cœur, de leur volonté agissante.
Pour ce retour des âmes égarées à Celui seul qui peut les sauver, il importe de recourir à l'intercession de Marie, médiatrice universelle et Mère de tous les hommes. On dit des pécheurs qui semblent à jamais perdus, qu'il faut les confier à Marie, il en est de même des peuples chrétiens qui s'égarent.


R.P. Garrigou Lagrange O.P.
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Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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