la vie mystique de ste Thérèse de l'Enfant Jésus.(2)

Publié le 9 Mai 2009



I.- Thérèse était toujours portée par l'amour.


« La grande confiance en Dieu de Thérèse, lisons-nous dans l'Esprit de la Sainte (Ed. 1924, p. 143), nais­sait spontanément de son ardent amour. »


Cette parole, il faut la dire de toutes ses vertus, de tous ses actes de vertu, par consé­quent de sa vie ascétique, qui découlait, en effet, de sa véritable union avec Dieu, de sa vie d'amour, commencée dès l'âge de trois ans, par une attention continuelle à la présence divine et une vigilante fidélité à l'Esprit-Saint.
 
Quelques citations montreront, mieux que nous ne saurions le faire, ce qu'était l'amour en Thérèse et ce qu'il y opérait:


« Ma vie est toute d'amour et de confiance en Dieu, écrit-elle ; je ne comprends pas les âmes qui ont peur d'un si tendre ami. » Et elle encourage, elle excite celles qui lui sont confiées à la croire et à l'imiter : « J'ai com­pris jusqu'à quel point votre âme est sœur de la mienne, puisqu'elle est appelée à s'éle­ver à Dieu par l'Ascenseur de l'Amour, et non à gravir le rude escalier de la crainte. Oui, depuis qu'il m'a été donné de comprendre l'amour du Cœur de Jésus, j'avoue qu'il a chassé de mon cœur toute crainte. Le souve­nir de mes fautes m'humilie, me porte à ne jamais m'appuyer sur ma force qui n'est que faiblesse  mais ce souvenir me parle plus encore de miséricorde et d'amour. Comment, lorsqu'on jette ses fautes, avec une confiance toute filiale, dans le brasier dévorant de l'Amour, ne seraient-elles pas consumées sans retour ? »


« Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au cœur, c'est le manque de confiance. »


« Je sens en mon cœur des désirs immen­ses - lisons-nous dans son Acte d'offrande à l'Amour - et c'est avec confiance, ô mon Dieu, que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. » Elle nous expli­que ce qu'elle entend par cette prise de pos­session : « Je demande à Jésus de m'attirer dans les flammes de son amour, de m'unir si étroitement à Lui qu'il vive et agisse en moi. Je sens que, plus le feu de l'amour embrasera mon âme, plus je dirai : Attirez-­moi, plus aussi les âmes qui s'approcheront de la mienne courront avec vitesse à l'odeur des parfums du Bien-Aimé ».

« Ce n'est pas parce que j'ai été préservée du péché mortel que je m'élève à Dieu par la confiance et l'amour. Ah! je le sens, quand même j'aurais sur la conscience tous les crimes qui se peuvent commettre, je ne perdrais rien de ma confiance : j'irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de mon Sauveur. Je sais qu'il chérit l'enfant prodigue, j'ai entendu ses paroles à sainte Madeleine, à la femme adultère, à la Samaritaine. Non, personne ne pourrait m'effrayer ; car je sais à quoi m'en tenir sur son amour et sa miséricorde. Je sais que toute cette multitude d'offenses s'abîmerait, en un clin d'oeil, comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent.

« Il est rapporté dans la Vie des Pères du désert, que l'un d'eux convertit une pécheresse publique dont les désordres scandalisaient une contrée entière. Cette pécheresse, touchée de la grâce, suivait le saint dans le désert pour y accomplir une rigoureuse pénitence, quand, la première nuit du voyage, avant même d'être rendue au lieu de sa retraite, ses liens mortels furent brisés par l'impétuosité de son repentir plein d'amour ; et le solitaire vit au même instant son âme portée par les anges dans le sein de Dieu.

Voilà un exemple bien frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s'exprimer ».

« Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l'abandon et la reconnaissance : « Je n'ai nul besoin, di-il, des boucs de vos troupeaux, parce que toutes les bêtes des forêts m'appartiennent et les milliers d'animaux qui paissent sur les collines ; Je connais tous les oiseaux des montagnes. Si j'avais faim, ce n'est pas à vous que je le dirais ; car la terre et tout ce qu'elle contient, est à moi. Est-ce que je dois manger la chair des taureaux et boire le sang boucs ? IMMOLEZ A DIEU DES SACRIFICES DE LOUANGES ET D'ACTIONS DE GRACES ! »

« Voilà donc tout ce que Jésus réclame de nous. Il n'a pas besoin de nos œuvres mais uniquement de notre amour. Ce même Dieu qui déclare n'avoir nul besoin de nous dire s'il a faim, n'a pas craint de mendier un peu d'eau à la Samaritaine. Il avait soif ! Mais en disant : « Donnez-moi, à boire », c'était l'amour de sa pauvre créature que le Créateur de l'Univers réclamait. Il avait soif d'amour ! »

Thérèse va plus loin, - elle ose inviter tontes 1es âmes, sans exception, à entrer dans la petite voie, pour être sûres d'atteindre, si elles sont fidèles, le sommet de la sainteté.

« Ah ! si les âmes faibles et imparfaites comme la mienne sentaient ce, que je sens, aucune ne désespérerait d'atteindre le sommet de la montagne de l'amour. » - « Oh ! Jésus, laisse-moi te dire que ton amour va jusqu'à la folie. Comment veux-tu, devant cette folie, que mon cœur ne s'élance pas vers toi ? Comment ma confiance aurait-elle des bornes ? O Jésus ! que ne puis-je dire à toutes les petites âmes ta condescendance ineffable ! Je sens que si, par impossible, tu en trouvais une plus faible que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, pourvu qu'elle s'abandonnât avec une entière confiance en ta miséricorde infinie ! » (Vie, chap. X-XI et Lettres).

(à suivre)




Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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