IL Papa nel monte Nebo

Publié le 10 Mai 2009






Merci, Deo Gratias,
impressionnant.
l'Evangile, chanté en arabe.



je suis le bon pasteur .


Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Je me réjouis que nous puissions célébrer cette Eucharistie ensemble au début de mon pèlerinage en Terre sainte. Hier, depuis les hauteurs du Mont Nébo où je me tenais, je regardais avec attention cette terre magnifique, la terre de Moïse, d'Élie et de Jean le Baptiste, la terre où les antiques promesses de Dieu ont été accomplies par la venue du Messie, Jésus Notre Seigneur. Cette terre a été le témoin de sa prédication et de ses miracles, de sa mort et de sa résurrection, et de l'effusion de l'Esprit Saint sur l'Église, sacrement d'une humanité réconciliée et renouvelée. Alors que je considérais le mystère de la fidélité de Dieu, je priais pour que l'Église sur ces terres soit confirmée dans l'espérance et fortifiée dans son témoignage au Christ ressuscité, le Sauveur du genre humain. Vraiment, comme saint Pierre nous le dit dans la première lecture de ce jour, « son nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver »

La joyeuse célébration du sacrifice eucharistique de ce jour exprime la riche diversité de l'Église catholique en Terre Sainte.
Je vous salue tous avec affection dans le Seigneur. Je remercie Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, pour ses aimables paroles d'accueil. Avec respect et gratitude, je salue aussi Son Altesse Royale le Prince Ghazi Ben Mohammed, qui représente le Roi de Jordanie, et je La remercie pour sa présence au milieu de nous. Mes salutations s'adressent aussi aux nombreux jeunes des écoles catholiques qui apportent aujourd'hui tout leur enthousiasme à cette célébration eucharistique.

Dans l'Évangile que nous venons d'entendre, Jésus proclame : « Je suis le bon pasteur... qui donne sa vie pour ses brebis ». En tant que Successeur de Pierre, à qui le Seigneur a confié le soin de son troupeau , j'ai longtemps attendu cette opportunité de me tenir devant vous comme un témoin du Sauveur ressuscité, et de vous encourager à persévérer dans la foi, l'espérance et la charité, dans la fidélité aux traditions antiques et à l'histoire édifiante du témoignage chrétien qui remonte au temps apostolique.

 La communauté catholique, ici, est profondément touchée par les difficultés et les incertitudes qui affectent tous les peuples du Moyen-Orient. Puissiez-vous ne jamais oublier la grande dignité qui vient de votre héritage chrétien, ou manquer de sentir la solidarité affectueuse de tous vos frères et sœurs de l'Église à travers le monde entier !

« Je suis le bon pasteur », nous dit le Seigneur, « je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » . Aujourd'hui, j'invite les nombreux jeunes présents ici à considérer comment le Seigneur les appelle à le suivre et à construire son Église. Que ce soit dans le ministère sacerdotal, dans la vie consacrée ou dans le sacrement de mariage, Jésus a besoin de vous pour faire entendre sa voix et travailler à la croissance de son Royaume.

Dans la seconde lecture de ce jour, saint Jean nous invite à « penser à l'amour dont le Père nous a comblés » en faisant de nous ses enfants d'adoption dans le Christ. Entendre ces paroles devrait nous rendre reconnaissants pour l'expérience de l'amour du Père que nous avons faite dans nos familles, à travers l'amour de notre père et de notre mère, de nos grands-parents, de nos frères et sœurs. Pendant la célébration de l'Année de la Famille, l'Église en Terre Sainte a réfléchi sur la famille comme un mystère d'amour qui donne la vie, doué dans le dessein divin d'un appel et d'une mission propre : rayonner l'amour divin qui est la source et l'ultime accomplissement de tous les autres amours de nos vies. Que chaque famille chrétienne grandisse dans la fidélité à sa haute vocation pour être une véritable école de prière, où les enfants apprennent l'amour sincère de Dieu, où ils murissent par la maîtrise de soi et le souci du bien des autres, et où, modelés par la sagesse née de la foi, ils contribuent à construire une société toujours plus juste et fraternelle. Les fortes familles chrétiennes de ces contrées sont un legs précieux laissé par les générations précédentes. Puissent les familles d'aujourd'hui être fidèles à cet impressionnant héritage, et ne jamais manquer de l'assistance matérielle et morale dont elles ont besoin pour remplir leur rôle irremplaçable dans le service de la société !

Un aspect important de votre réflexion durant cette Année de la Famille a été consacré à la dignité particulière, à la vocation et à la mission des femmes dans le dessein de Dieu. Qui peut dire ce que l'Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d'innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières ! Qui peut dire ce que votre société doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois de très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l'amour ! Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, sont destinés à se compléter l'un l'autre en tant qu'intendants des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu'il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. Malheureusement, cette dignité reçue de Dieu et ce rôle des femmes n'ont pas toujours été suffisamment compris et estimés. L'Église, et la société dans son ensemble, a commencé à saisir combien nous avons besoin de façon urgente de ce que le Pape Jean-Paul II appelait le « charisme prophétique » des femmes comme porteuses d'amour, enseignantes de la miséricorde et artisans de paix, apportant chaleur et humanité à un monde qui trop souvent juge la valeur des personnes d'après les froids critères de l'utilité et du profit. Par son témoignage public de respect vis-à-vis de la femme, et sa défense de la dignité innée de toute personne humaine, l'Église en Terre Sainte peut apporter une importante contribution au progrès d'une vraie culture humaniste et à la construction de la civilisation de l'amour.

Chers amis poursuit Benoît XVI, revenons aux mots de Jésus dans l'Évangile d'aujourd'hui. Je crois qu'ils contiennent un message qui vous est particulièrement destiné, vous son fidèle troupeau sur ces terres où il vécut. « Le bon pasteur », nous dit-il, « donne sa vie pour ses brebis ». Au commencement de cette messe, nous avons demandé au Père de « nous donner part à la force du courage du Christ notre berger », qui est demeuré ferme dans la fidélité à son Père.

Puisse le courage du Christ notre berger vous inspirer et vous soutenir chaque jour dans vos efforts pour rendre témoignage de la foi chrétienne et pour maintenir la présence de l'Église dans l'évolution du tissu social de ces terres si anciennes.

La fidélité à vos racines chrétiennes, la fidélité à la mission de l'Église en Terre Sainte réclament à chacun de vous un courage singulier : le courage de la conviction, née d'une foi personnelle, qui ne soit pas seulement une convention sociale ou une tradition familiale ; le courage de dialoguer et de travailler aux côtés des autres chrétiens au service de l'Évangile et de la solidarité avec les pauvres, les personnes déplacées et les victimes des grandes tragédies humaines ; le courage de construire de nouveaux ponts pour rendre possible la rencontre fructueuse des personnes de religions et de cultures différentes, et donc d'enrichir le tissu de la société. Cela signifie également rendre témoignage à l'amour qui nous porte à donner nos vies au service des autres, et ainsi à contrecarrer des manières de penser qui justifient qu'on puisse « prendre » des vies innocentes.

« Je suis le bon berger ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » . Réjouissez-vous que le Seigneur vous ait appelés par votre nom et ait fait de vous les membres de son troupeau.

Suivez-le avec joie et laissez-le vous guider sur tous vos chemins en toute chose ! Jésus sait à quels défis vous faites face, quelles épreuves vous endurez et le bien que vous faites en son nom. Faites-lui confiance, faites confiance à son amour inlassable pour chacun de ses membres de son troupeau, et persévérez dans le témoignage rendu au triomphe de cet amour.

 
Puissent saint Jean-Baptiste, le patron de la Jordanie, et Marie, Vierge et Mère, vous encourager par leur exemple et leur prière, et vous conduire à la plénitude de la joie dans les pâturages éternels où nous ferons pour toujours l'expérience de la présence du Bon Pasteur et où nous connaître pour toujours les profondeurs de son amour. Amen.







En ce saint lieu, consacré à la mémoire de Moïse, je vous salue tous avec affection en Jésus Christ notre Seigneur. Je remercie le Ministre général de l'Ordre des Frères mineurs, le Père José Rodriguez Carballo, pour ses mots chaleureux de bienvenue. Je saisis également cette occasion pour exprimer ma gratitude, et celle de l'Église tout entière, aux Frères de la Custodie pour leur très ancienne présence sur ces terres, pour leur joyeuse fidélité au charisme de saint François, et pour leur généreuse sollicitude dans l'assistance spirituelle et matérielle en faveur des communautés chrétiennes locales et des innombrables pèlerins qui visitent chaque année la Terre Sainte. Je désire rappeler aussi, avec une gratitude particulière, le défunt Père Michele Piccirillo, qui a consacré sa vie à l'étude des Antiquités chrétiennes et qui est enterré dans ce sanctuaire qu'il a tant aimé.

Il est juste que mon pèlerinage puisse commencer sur cette montagne, où Moïse a contemplé de loin la Terre promise. La magnifique perspective qui s'ouvre depuis l'esplanade de ce sanctuaire nous invite à méditer sur cette vision prophétique qui embrassait mystérieusement le grand plan de salut que Dieu avait préparé pour son peuple. C'est en effet dans la vallée du Jourdain qui s'étend sous nos yeux que, à la plénitude des temps, Jean le Baptiste devait venir pour préparer la voie au Seigneur. C'est dans les eaux du Jourdain que Jésus, après son baptême par Jean, a été manifesté comme le Fils bien-aimé du Père et que, consacré par l'Esprit-Saint, il a inauguré son ministère public. Et c'est depuis le Jourdain que l'Évangile progressera, d'abord à travers la prédication et les miracles du Christ et que, plus tard, après sa résurrection et le don de l'Esprit à la Pentecôte, il sera porté par ses disciples jusqu'aux extrémités de la terre.

Ici, sur les hauteurs du Mont Nébo, la mémoire de Moïse nous invite à « lever les yeux » pour embrasser du regard avec gratitude non seulement la puissante œuvre accomplie par Dieu dans le passé, mais aussi pour regarder avec foi et espérance vers l'avenir qu'il nous offre, à nous-mêmes et au monde. Comme Moïse, nous aussi avons été appelés par notre nom, invités à entreprendre un exode quotidien du péché et de la servitude vers la vie et la liberté, et nous avons reçu une promesse irrévocable pour guider notre marche. Dans les eaux du Baptême, nous sommes passés de l'esclavage du péché à une vie nouvelle et à l'espérance. Dans la communion de l'Église, Corps du Christ, nous attendons de voir la cité céleste, la nouvelle Jérusalem, où Dieu sera tout en tous. Depuis cette sainte montagne, Moïse dirige notre regard - comme il le fera encore sur les hauteurs du Mont Tabor (cf. Lc 9, 28-36) - vers l'accomplissement de toutes les promesses de Dieu, dans le Christ.

Moïse a contemplé de loin la Terre promise, au terme de son pèlerinage terrestre. Son exemple nous rappelle que nous avons part nous aussi à l'immémorial pèlerinage du peuple de Dieu à travers l'histoire. Dans les pas des prophètes, des apôtres et des saints, nous sommes appelés à poursuivre la mission du Seigneur, à rendre témoignage à la Bonne Nouvelle de la miséricorde et de l'amour universel de Dieu, et à œuvrer pour l'avènement du Royaume du Christ par notre charité, notre service des pauvres et nos efforts pour être levain de réconciliation, de pardon et de paix autour de nous.

 
Nous savons, comme Moïse, que nous pourrions ne pas voir le plein accomplissement du plan divin durant notre vie terrestre. Cependant, nous croyons qu'en assumant la petite part qui nous est confiée, dans la fidélité à la vocation que chacun de nous a reçue, nous aiderons à rendre droits les chemins du Seigneur et à accueillir l'aurore de son Royaume. Et nous savons que le Dieu qui a révélé son nom à Moïse comme le gage qu'il serait toujours à nos côtés (cf. Ex 3, 14) nous donnera la force de persévérer dans une espérance joyeuse même au milieu des souffrances, des épreuves et des tribulations.

Depuis les origines, les chrétiens sont venus en pèlerinage sur les lieux associés à l'histoire du peuple élu, aux événements de la vie du Christ et de l'Église naissante. Cette grande tradition, que mon présent voyage entend poursuivre et confirmer, est fondée sur le désir de voir, de toucher, de goûter dans la prière et la contemplation, les endroits bénis par la présence physique du Sauveur, de sa sainte Mère, des apôtres et des premiers disciples qui l'ont vu relevé d'entre les morts. Ici, sur les pas des innombrables pèlerins qui nous ont précédés au cours des siècles, nous sommes provoqués à m esurer plus pleinement le don de notre foi et à grandir dans cette communion qui transcende toute frontière de langue, de race et de culture.

L'antique tradition du pèlerinage sur les lieux saints nous rappelle aussi le lien inséparable qui unit l'Église et le peuple juif. Depuis le commencement, l'Église sur cette terre a commémoré dans sa liturgie les grandes figures de l'Ancien Testament, comme un signe de sa conscience profonde de l'unité des deux Testaments. Puisse, aujourd'hui, notre rencontre nous inspirer un amour renouvelé pour les écrits de l'Ancien Testament et le désir de dépasser tous les obstacles à la réconciliation des Chrétiens et des Juifs dans le respect mutuel et la coopération au service de cette paix à laquelle la Parole de Dieu nous appelle !

Chers amis, rassemblés en ce lieu saint, que nos yeux et nos cœurs se tournent maintenant vers le Père. Alors que nous nous préparons à redire la prière que Jésus nous a enseignée, demandons-lui de hâter la venue de son royaume afin que nous puissions voir l'accomplissement de son plan de salut, et faire l'expérience, avec saint François et tous les pèlerins qui nous ont précédés marqués du signe de la foi, du don de l'indicible paix - pax et bonum - qui nous attend dans la Jérusalem céleste.

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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