Marie Madeleine: la recherche de Dieu.

Publié le 22 Juillet 2009



La Fête de Sainte Marie Magdeleine nous invite à réfléchir à la manière dont nous cherchons Dieu.

Voilà une femme qui cherche son Seigneur. Elle le cherche avec un tel amour qu'elle s'active, se presse et s'affaire au tombeau. Mais il n'est plus là. Le Corps n'est plus là. Il n'y a plus rien. Rien : quelle déception !!!

Si on lit l'Evangile avec les yeux de la foi, de l'espérance et de la charité, on remarque que cette femme cherche, et ne se lasse pas de chercher. Peu importe les railleries grossières de ces apôtres qui se moqueront d'elle lorsqu'elle leur annoncera qu'il est vivant. Marie cherche. Elle cherche et elle va trouver.
Car Jésus se laisser trouver.
Jésus ne la lasse pas d'être cherché.
Au contraire, il vient à sa rencontre pour satisfaire cette recherche, pour étancher la soif de Marie de Magdala.
Alors tout se desille.

Il l'appelle par son nom ; comme le pasteur connaît le nom des brebis, Jésus bon Pasteur appelle par leur nom ceux qui lui sont fidèles.
Dieu connaît le nom de ses Fils. C'est un signe de grand amour que de se faire appeler correctement par son nom. Sans l'écorcher, en le prononçant bien il dit clairement à haute et intelligible voix : « Marie ».

Cet « appel » est fondamental, car il permettra à Marie de Magdala de « reconnaître » Jésus. Une parole, une simple parole, un nom prononcé, et Marie « reconnaît » celui qu'elle aime.

Saint Grégoire le Grand nous dit : « appelée par son nom, Marie Magdeleine reconnaît donc son créateur, et elle l'appelle aussitôt « Rabbouni », c'est-à-dire Maître, parce que celui qu'elle cherchait EXTERIEUREMENT était celui-là même qui lui enseignait INTERIEUREMENT à le chercher.

Nous cherchons tous Dieu, extérieurement, et lui se présente et se laisse trouver cependant intérieurement. A l'intérieur de nous-mêmes, dans notre conscience, dans cette « scintilla animae », Dieu parle, agit, se meut. Dieu se fait connaître, et reconnaître à l'intérieur de notre âme. Pas à l'extérieur, ou bien très très rarement.

Aujourd'hui l'homme cherche Dieu à l'extérieur, dans les choses externes, extrinsèques, en dehors de lui. Néanmoins Dieu est en-dedans, au-dedans. Voilà pourquoi l'Homme intérieur est celui qui trouve Dieu le plus rapidement possible.

L'apparente cécité de la Marie Magdeleine n'est pas seulement « temporaire » ou bien due à l'apparence résurrectionnelle du Divin Maître, cette apparente cécité - elle le prend pour le jardinier - est en réalité « notre » cécité lorsque nous nous refusons à chercher Dieu, là où il est : en nous. C'est au fond de notre âme, en creusant bien profond, que l'on trouve Dieu. Dieu est là, tout au fond, il est là bienheureux, et il nous attend. Comme Jésus nous attend au Saint Tabernacle. Dans le tabernacle de notre âme, Dieu repose. Dieu se plaît chez nous. Il nous cherche. Il est amoureux de nous, tout en nous respectant : sa grande discrétion est le signe de sa délicatesse infinie. Il a le projet de nous transmettre tout ce qu'il est, sa grandeur sans limite, sa bonté, sa force, il nous communique sa force, sa puissance, sa douceur, sa légèreté. Il nous aime personnellement, tels que nous sommes, avec nos faiblesses et même nos péchés, comme une mère aime chacun de ses enfants, sans distinction ni partage aucun.

Voilà pourquoi si le monde actuel nous propose un bien-être éphémère de dieux qui se cherchent « au-dehors », de dieux matériels, incapables de satisfaire l'âme ; Dieu, lui, nous propose une beauté éternelle qui se cherche au « dedans » de l'âme.

Et saint Augustin l'a compris depuis longtemps : « Tard je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle... Tu étais au-dedans de moi et c'est au dehors que je te cherchais. Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi »

Nous nous étonnons de ce que Dieu nous abandonne, mais c'est nous qui l'abandonnons. Lui en revanche il est toujours là. Nous l'abandonnons comme on abandonne un chien sur une aire d'autoroute à l'orée des vacances, car Dieu nous encombre et il nous gêne. Nous abandonnons Dieu comme on abandonne ces vieillards inutiles dans ces nouvelles SPA pour personnes âgées, vaguement respectueuse de la dignité humaine. Car les vieux, c'est gênant ; les vieux ils sont vieux. Et pourtant, grâce à eux, nous sommes là.
Nous abandonnons nos aînés comme on abandonnons Dieu.
On abandonne Dieu, et l'on s'étonne... !

Alors quand on perd Dieu ce n'est pas de sa faute à lui, mais bien de la nôtre.

Si on perd Dieu, on doit le chercher, et lui se laisse rechercher. Lui ne se fatigue jamais de se laisser chercher... ! Et il se cache, mais il se cache en nous, au fond de nous.

Voilà pourquoi il devient impérieux de rechercher sa PRESENCE, en nous, pas au-dehors, pas dans les vains plaisirs passagers et désolants, pas dans les prouesses ou les conquêtes, pas dans les exploits ou les réussites, pas des les sensations extrêmes, ni même dans les « expériences » ou les niais bavardages des vaticineurs charismatiques, mais Dieu se cherche et se trouve là où il est: EN NOUS. Dieu se laisse chercher et Dieu se laisse trouver. DEDANS.


Mgr Jean-François Grégoire Lantheaume

Rédigé par philippe

Publié dans #spiritualité

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